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11:00 22 octobre 2020 | mise à jour le: 22 octobre 2020 à 11:54 temps de lecture: 5 minutes

Ados en péril

Ados en péril
Il y a une augmentation de 30% du volume d'appels chez Tel-jeunes. Photo 123 RF

Covid-19. Les conséquences de la pandémie se font sentir de façon importante pour les organismes d’aide aux adolescents. Cette deuxième vague au Québec a assurément contribué à augmenter le niveau d’anxiété des adolescents alors que le nombre d’appels aux organismes qui offrent du soutien psychologique aux adolescents est en augmentation.    

La situation décrite par Myriam Day Asselin, coordonnatrice à l’expertise et l’innovation chez Tel-jeunes, est très loin d’être rose. Il devient évident en parlant avec Mme Asselin que le climat relié à la pandémie est nocif pour les jeunes alors que les statistiques ne mentent pas.

«Depuis le début de la pandémie (première vague), il y a une augmentation de 30% du volume d’appels. Un pourcentage important concerne l’augmentation de l’anxiété chez nos adolescents. Lors de la première vague, il y avait eu une augmentation de 40% de ce type d’appels alors que depuis le début de la rentrée scolaire, cela se chiffre à 52%.»

La situation est plus que problématique selon la coordonnatrice. «La situation est alarmante. En comparaison avec la première vague, il y a une plus grande démotivation. Il y a un grand découragement présentement chez les adolescents et pour ceux qui avaient un peu de difficulté avec la situation de la première vague, la situation est bien pire. Il ne faut pas passer sous silence le fait que les activités parascolaires sont sur la glace présentement au Québec, les jeunes n’ont pas d’échappatoire et ils se sentent comme des prisonniers. Le pourcentage d’appels de jeunes qui ont des idées suicidaires est passé de 6% à 11%. Pour notre organisme, c’est absolument énorme comme augmentation!»

Myriam Day Asselin mentionnait que le gouvernement doit continuer à garder les écoles ouvertes pour l’équilibre mental des adolescents. Photo 123 RF

La grande désillusion

Pour Sylvain Croteau, le directeur général de Sport’Aide, la situation en est une d’exceptionnelle à gérer pour les jeunes étudiants-athlètes.

«C’est certain que nous avons enregistré une augmentation de la demande de nos services. Spécialement au début de la pandémie dans le mois d’avril alors qu’il y a eu 300 000 consultations de notre site web et de nos réseaux sociaux. Depuis que les régions sont en zone rouge, il y a une nouvelle augmentation.»

L’organisme Sport’Aide offre de nombreux services aux étudiants-athlètes et aux différents acteurs du milieu sportif québécois, mais le directeur général constate que l’aide psychologique aux athlètes est un des services qui a vu sa demande augmenter. «Avec le retour en zone rouge, plusieurs sportifs ont vu leur espoir de jouer une saison s’évanouir. Il y a un deuil à faire avec cela alors que tous les espoirs et les sacrifices qui ont été faits s’envolent en fumée. C’est une situation triste et il y a une désillusion qui accompagne les étudiants-athlètes. Nous avons eu plusieurs témoignages en ce sens et une certaine démotivation accompagne les étudiants-athlètes du secondaire.»

Cependant, le directeur général tient à rester positif face à la COVID-19 et aux conséquences sur les étudiants-athlètes. «Il ne faut pas rester en boule et ne rien faire. C’est l’occasion de se redéfinir comme personne en ayant autre chose que le sport en tête. C’est le moment idéal pour essayer de se trouver d’autres intérêts et c’est important pour les jeunes de garder le contact avec leurs amis et de ne pas s’isoler. Il faut prendre une journée à la fois, c’est le moment de démontrer de la résilience.»

Même chose au privé

Pour Christine Sirois, propriétaire de la clinique Mana, le phénomène est similaire avec d’autres organismes avec une légère exception.

«Je trouve que la situation est alarmante pour les adolescents. Ce n’est vraiment pas une situation évidente avec l’école présentement. Je pense que la société en demande beaucoup aux jeunes. Comme ailleurs, nous avons également une légère augmentation de nos services pour les adolescents.

Cette augmentation vient beaucoup des parents qui s’inquiètent pour la santé mentale de leurs jeunes adolescents. «Malheureusement, il y a beaucoup de cas où l’anxiété joue un rôle important avec des jeunes dépressifs. Cependant, il y a une différence majeure alors que les adolescents qui veulent entreprendre une démarche avec un professionnel souhaitent absolument le faire de façon directe en personne. Je pense qu’ils cherchent le contact humain et c’est difficile parce que nos services offerts sont à distance.»

À lire également: https://www.quebechebdo.com/local/quebec-hebdo-local/actualites-quebec-hebdo-local/233133/ados-en-peril-drapeau-rouge-dun-directeur-decole/

https://www.quebechebdo.com/local/quebec-hebdo-local/actualites-quebec-hebdo-local/233143/ados-en-peril-des-ados-temoignent/

Voici des liens à consulter pour des adolescents qui ressentent de la détresse psychologique: https://www.teljeunes.com/Accueil

https://sportaide.ca/

https://cliniquemana.com/

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Commentaires 1

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  • M. Lessard

    Article fort intéressant qui nous fait voir une réalité trop souvent ignorée, voire négligée.