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21:23 25 novembre 2016

Bombarde Bordée 16: La vérité derrière les coups de canon

EXERCICE MILITAIRE.  Si les citoyens qui habitent près de la base militaire de Valcartier se plaignent du bruit des détonations, ils sont loin de se douter que c’est un monde fascinant qui se cache derrière les échos de ces coups de canon. Depuis lundi, ce sont 230 militaires qui s’entraînent jour et nuit pour Bombarde Bordée, un exercice militaire important du régiment d’artillerie qui prendra fin dimanche.

Ces hommes et ces quelques femmes pour qui un millimètre peut faire la différence entre atteindre l’ennemi et un village de civils ont un rôle très important en zone de guerre. Ils n’ont pas le droit à l’erreur.  Cible de choix pour l’ennemi, ils sont ce qu’il y a de plus puissant sur un champ de bataille.

Autour des canons, tout le monde est alerte. Les militaires du 5e régiment d’artillerie légère du Canada s’affairent au chargement des obus et attendent les ordres du poste de commandement pour tirer. De 60 à 80 obus de 100 livres sont tirés chaque jour pendant l’exercice.

Les postes de commandement sont le cerveau du régiment d’artillerie. Chaque batterie de canons possède son poste de commandement qui fait tous les calculs nécessaires pour que l’obus atteigne sa cible. Le poste de commandement du régiment veille à la communication entre les équipes et s’assure de la discipline du réseau. C’est également le poste de commandement du régiment qui coordonne les tirs des différentes batteries de canons.

Les canons, qui peuvent tirer jusqu’à 30 kilomètres de distance doivent être réglés au millimètre près pour atteindre leur cible. Des éléments comme la pression atmosphérique peuvent influencer la trajectoire des obus.

Si les citoyens se demandent pourquoi des bombardements ont lieu même la nuit, la réponse est simple: les artilleurs doivent réussir même dans les pires conditions. Ils doivent être prêts à combattre en pleine nuit, extrêmement fatigués et dans le noir. Comme le tir est une partie essentielle de l’entraînement des artilleurs, des coups réels doivent être tirés.

Si une mission précise est prévue, les artilleurs sont immergés dans la situation de leur déploiement prochain. Pour cet entraînement, les artilleurs font face à un scénario plus conventionnel, puisqu’aucun déploiement n’est prévu prochainement.

La fausse guerre et la vraie guerre

Dans le cadre de cet exercice, deux canons sont utilisés. En temps normal, sur un champ de bataille réel, six canons sont sur la même position. Une batterie de canons nécessite environ 150 militaires.

Évidemment, les exercices militaires et la réalité du champ de bataille sont bien différents. Le stress est très différent quand un véritable ennemi se trouve au bout des canons.

«On ne peut pas reproduire la réalité comme on a la vit en opération, ça, c’est  certain. On met l’emphase sur des scénarios qui sont plus difficiles que la réalité dans certains cas, pour nous préparer au pire», explique le major Vincent Lizotte. Par contre, «en Afghanistan, il y a toujours quelqu’un qui cherche à nous avoir. On fait tout ce qu’on peut pour nos chums qui sont sur la ligne de front. On fait tout ce qu’on peut pour les supporter», ajoute-t-il.

Les exercices sont parfois plus intenses sur le plan physique et psychologique que les déploiements, parce que les exercices sont très condensés dans le temps.  «On ne pourrait pas tenir pendant six mois à ce rythme-là», rapporte le sergent Marc-Olivier Laporte. Ils ne dorment que quelques heures par nuit dans des campements rudimentaires et n’ont pas pris de douche depuis cinq jours.

Marie-Pascale Fortier


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