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22:00 3 novembre 2016 | mise à jour le: 3 novembre 2016 à 22:00 Temps de lecture: 3 minutes

Les technologistes médicales dans la rue

SANTÉ. Les technologistes médicales représentées par l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont tenu à montrer leur désaccord envers le projet OPTILAB mis en place par le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Plusieurs manifestations se sont tenues devant l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) et les cinq établissements du CHU de Québec pour faire entendre le mécontentement des technologistes médicaux devant l’absence de consultation au sujet du projet OPTILAB.

De Portneuf à Baie-Saint-Paul en passant par la grande région de Québec, ils sont 600 technologistes à être touchés de près ou de loin par les nouvelles réformes imposées par le projet OPTILAB du ministre de la Santé. Le projet vise à réorganiser et centraliser les services de laboratoires médicaux dans une dizaine de grands laboratoires centraux. Pour la région, c’est 70% des analyses en laboratoire qui transigeront vers le futur CHU de Québec.

La réorganisation est essentiellement administrative pour l’instant, mais risque d’avoir des impacts concrets sur les emplois de la région. «On a eu l’annonce il y a deux semaines environ que les 110 technologistes médicaux qui sont présents ici sur le site de l’IUCPQ sont dorénavant des employés du CHU de Québec, explique la répondante politique de l’APTS de Québec, Mélanie Bernier. Les analyses qui sont fait ici par nos technologistes seront aussi analysé dans le CHU de Québec.» Selon l’APTS, c’est 20% des heures travaillées en laboratoire qui seront perdues dans la Capitale-Nationale.

Les patients affectés

Les technologistes craignent des délais de plus en plus longs avec la centralisation des analyses en laboratoire. «On s’est toujours fait un peu presser pour sortir les résultats le plus rapidement possible pour que le patient puisse sortir le plus vite possible de l’hôpital, estime la coordonnatrice de laboratoire en biochimie à l’IUCPQ, Mireille Genest. Maintenant, c’est comme si on disait non à ça. Tout ça fait en sorte que les résultats vont sortir beaucoup plus tard.» La perte ou l’endommagement des échantillons sont également inquiétants, selon elle.

«Ce que le gouvernement va nous demander, c’est de faire des envois et des colis plutôt que le travail pour lequel on a étudié, déplore la coordonnatrice. On va se ramasser à faire plus de boîtes que des analyses de laboratoire.» La crainte d’une perte d’emploi plane aussi sur leur tête, alors que les technologistes ont appris que 148 postes ne seront pas remplacés lors de départs à la retraite.

La mobilisation de jeudi n’était pas exclusive à la région de la Capitale-Nationale. Les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie, de l’Estrie, de Montréal, de Laval et des Laurentides ont aussi connu leur lot de manifestants dénonçant le projet OPTILAB. Dans certaines régions, les échantillons voyageront des heures avant d’être analysés. «À Québec, [les technologistes] des Îles-de-la-Madeleine vont relever du CHU de Québec, donne comme exemple Mme Bernier. À cause des avions et tout ça, tous les échantillons des Îles vont être analysés ici.»

Québec Hebdo

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