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22:35 8 septembre 2016 | mise à jour le: 8 septembre 2016 à 22:35 Temps de lecture: 5 minutes

Bras de fer entre l’Aéroport de Québec et les transporteurs

TRANSPORT. La nécessité de l’ambitieux projet d’agrandissement de l’Aéroport de Québec ne semble pas partagée par les transporteurs aériens, qui pourtant devraient en profiter. C’est qu’ils craignent d’en faire le frais, alors que l’administration de l’aérogare y voit les bases de son développement futur.

En rencontre avec les médias, pour brosser le portrait historique de l’infrastructure de transport qui célèbre cette année son 75e anniversaire, le président et chef de la direction de l’Aéroport de Québec inc (AQi), Gaétan Gagné, a tenu à rectifier certains faits. Il réfute la prétention du Comité consultatif de l’aéroport (CCA), composé des transporteurs qui y sont actifs, voulant que l’investissement de 277M$ pour doubler la superficie des installations soit démesuré.

Devant être consultés pour tout projet d’infrastructures, ceux-ci ont d’ailleurs rejeté la proposition de hausse des frais d’améliorations aéroportuaires ajoutés sur chaque billet vendu au départ de Québec. Ils déplorent les impacts sur leur tarification et leur budget de fonctionnement. D’autant plus que ces frais établis à 33$ et devant grimper à 35$ en 2017 sont déjà parmi les plus élevés en Amérique du Nord.

«Ces frais additionnels sont nécessaires pour financer notre agrandissement et notre développement. Toutefois, ils fluctuent en fonction du nombre de passagers. Or, comme nous anticipons grimper jusqu’à 2 et même 2,4 millions de voyageurs dans un proche avenir, les frais pourraient baissés jusqu’à 30$», précise M. Gagné.

Le président de l’organisme à but non lucratif qui gère l’aéroport se veut également rassurant quant à la capacité d’opérer et entretenir les nouvelles et grandioses installations, sans que la facture soit refilée aux transporteurs aériens. Il rappelle que ces frais d’améliorations sont payés par leurs clients et que ceux-ci ne s’en plaignent pas, car AQi a mené des études pour répondre à leurs besoins.

«Notre orientation est avant tout axée sur le client, insiste M. Gagné. C’est pour lui que nous avons installé des ponts d’accès aux avions pour éviter de sortir dehors l’hiver et que nous avons érigé un vaste stationnement couvert adjacent. Bizarrement, les compagnies aériennes déplorent une hausse de 2$ des frais d’amélioration chargés aux clients, mais elles taisent leur hausse de 25$ pour les frais de bagages, en plus de ne pas avoir retiré la surcharge pour frais de carburant même si la crise énergétique est passée.»

Il ajoute avoir du mal à saisir comment un transporteur peut offrir un forfait voyage-hôtel-tout inclus dans le Sud pour 1200$, alors qu’un autre réclame 1100$ pour faire l’aller-retour Québec Montréal. À son avis, cela illustre de la fermeture d’esprit dont témoignent certains partenaires, qui préfèrent protéger leurs routes payantes à la grandeur du pays, en limitant les risques d’accroître la concurrence.

Aéroport de catégorie 1

Pour Gaétan Gagné, il est clair que le désir d’AQi de se hisser au rang de 9e aéroport de catégorie 1 au pays peut indisposer. Pourtant, à ses yeux, Québec a le potentiel de rejoindre les aéroports d’Halifax, Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver, reconnus comme les points centraux du modèle de transport aérien du Canada depuis 40 ans.

«Québec a longtemps traîné la mauvaise réputation d’avoir un aéroport de brousse. Maintenant qu’on veut se donner le moyen de nos ambitions, on évoque le spectre de la construction d’un éléphant blanc. Québec n’a plus rien de la petite ville de banlieue. Elle compte plus de 800 000 de population et nos études de marché démontrent qu’on peut facilement rapatrier 1,3 million de voyageurs qui se rendent à Montréal pour prendre un vol direct vers leur destination. Ce sont eux qui nous voulons récupérés et satisfaire avec nos installations accrues et améliorées», indiquent M. Gagné.

C’est dans cette optique qu’un centre de prédédouanement étasunien sera intégré à l’Aéroport de Québec d’ici 2018. La mise en place a été confirmée en mars dernier par le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président des États-Unis, Barack Obama. Cet ajout stratégique de 30M$ espéré depuis 15 ans permettra à AQi de stimuler sa croissance, en offrant davantage de vols directs au départ de Québec vers l’Amérique du Nord aussi bien qu’à l’arrivée de l’Europe.

Interrogé sur la réduction du nombre de vols de certains transporteurs aériens, phénomène qui semble freiner les ambitions de croissance, M. Gagné y voit trois raisons. Il s’agit de la baisse du dollar canadien par rapport au dollar US; la prolongation de la formation des pilotes aux États-Unis, ce qui occasionne un manque d’effectifs pour les plus petits avions qui desservent des destinations comme Québec; et la reprise économique plus faible qu’espérée à la grandeur de la planète.

Investissements à AQi de 2000 à 2015

-Agrandissements et améliorations = 550M$

-Accroissement des passagers = de 670 000 à 1,6 million

-Évolution du prix Québec-Toronto = 1200$ à 350$

Québec Hebdo

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