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13:00 21 mars 2018 | mise à jour le: 21 mars 2018 à 13:00 temps de lecture: 4 minutes

Patrimoine religieux à Québec: des églises ciblées prioritaires

La diminution généralisée de la fréquentation dans les églises a forcé le Diocèse de Québec à revoir sa politique d’immobilisation et, dans certains cas, à se départir d’édifices religieux.

L’effondrement d’une petite partie du mur de l’église du Très-Saint-Sacrement de Québec, en mai 2017, a créé tout un émoi.

Photo TC Media – Archives

Selon Mgr Louis Corriveau, évêque au Diocèse de Québec, l’Église se prépare depuis des années à la baisse de la fréquentation dans ses établissements. «C’est certain que des édifices ont été ciblés et une cote a été donnée à chacun d’eux.» Il affirme que les églises font office de châteaux dans certains pays. De plus, elles sont le fondement d’une partie de l’histoire du Québec. «Certaines vont demeurer, car elles ont une valeur patrimoniale.» Dans la ville de Québec, on dénombre 23 églises, deux chapelles et six institutions.

Invité à commenter le récent débat sur l’avenir de l’église du Très-Saint-Sacrement de Québec, l’évêque avoue qu’il faut miser sur la valeur patrimoniale, «cela ne veut pas dire que les autres vont disparaître, mais le culte ne sera plus célébré dans leurs murs. Il s’agit d’avoir des gens qui ont cette imagination-là pour conserver l’architecture de l’édifice. On n’a plus les moyens de toutes les utiliser, car certaines demandent des investissements de 1M$ en réparations.»

Rencontré récemment, lors d’une visite à l’école secondaire Vanier, Philippe Couillard a rappelé que le Québec disposait d’un fonds pour la protection du patrimoine religieux. «C’est autour de 12 M$ par année et nous aidons beaucoup d’églises à réaliser des travaux, mais il faut que cet aspect soit reconnu.»

Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre responsable de la région de la Capitale, présent lors de la visite, a insisté sur le caractère patrimonial de cet établissement. «Je sais qu’il y a une mobilisation et j’en ai parlé dernièrement avec M. Duclos [ndlr : Jean-Yves Duclos, ministre fédéral] qui lui aussi est intéressé de discuter de patrimoine religieux. 

Vision d’avenir

Concient qu’une bonne partie du problème provient d’un certain désintéressement des paroissiens envers l’Église, Mgr. Corriveau observe un changement positif. «Il y a quelques expériences qui ont été menées et qui ont du succès.»

La clé, selon M. Corriveau, est de soigner énormément l’accueil ce qui fait la différence. Un peu à l’image de ce qui se fait dans d’autres églises, recevoir les paroissiens, au moment où ils entrent dans ce lieu de culte est important. «Il faut retrouver cette dimension communautaire.»

Regroupement des paroisses: «Un processus qui était inévitable» – Mgr. Louis Corriveau

Les réaménagements pastoraux du 1er janvier ont fait passer de 130 à 64 le nombre de paroisses au sein de l’Archidiocèse de Québec. L’objectif est de ramener ce nombre à 37 d’ici 2020.

Selon Mgr. Louis Corriveau, évêque du Diocèse de Québec, cette démarche de simplification était essentielle. «On ne pouvait pas indéfiniment confier 10 ou 15 prêtres à chaque Fabrique et même au niveau du personnel.» Il avoue que cette procédure a permis de réduire les tâches administratives qui prennent beaucoup de place, «il faut que le prêtre ait du temps afin qu’il puisse bien faire son travail pastoral.»

L’évêque constate que plusieurs paroissiens ont développé une certaine inquiétude, car ils ont peur de perdre leur sentiment d’appartenance envers leur église. «Pour pallier à cela, même s’il a une paroisse pour 10 clochers, ces anciennes paroisses créent de petits groupes de personnes qui veillent à son bon fonctionnement et à l’administration afin de conserver justement ce sentiment d’appartenance.»

Plus tôt cette année, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, tenait à remercier toutes les équipes pastorales et autres personnes qui ont travaillé au succès de ces regroupements.

Regroupement

Tout un processus de mise en situation a été mis en place plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant d’aller de l’avant de cette vision de regroupement. La nouvelle paroisse Notre-Dame-de-l’Annonciation, du secteur Loretteville centre, regroupe maintenant les communautés chrétiennes de Sainte-Monique (Les Saules), de Saint-François-Xavier(Duberger) et de Notre-Dame-de-l’Annonciation (L’Ancienne-Lorette et une partie de Québec). Deux marguilliers par communauté chrétienne locale ont été proposés.

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