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20:07 5 mai 2017 | mise à jour le: 5 mai 2017 à 20:07 temps de lecture: 3 minutes

Les médias sociaux: une entrave au travail des policiers?

VIRAL. De plus en plus, les policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) doivent s’adapter et changer leurs méthodes de travail. La cause? Des victimes ou présumées victimes qui demandent l’aide du public sans réaliser que cette initiative peut nuire au travail des policiers.

La police décide elle-même quand diffuser des images de suspects.

(Photo TC Media – Charles Lalande)

Le dernier exemple en date? Un café qui a partagé de sa propre initiative, sur Facebook, des images des caméras de vidéosurveillance d’un individu qui les aurait fraudés.

Habituellement, la police diffuse elle-même les images d’un suspect recherché lorsqu’elle juge le moment opportun, par rapport à l’avancement de l’enquête.

Dans le cas de la publication Facebook du commerce, le café mentionne à plusieurs reprises qu’il veut aider la police. Si l’intention est souvent noble, les résultats pourraient s’avérer désastreux pour une enquête.

Les risques à se faire justice soi-même

Lorsque quelqu’un ou un quelconque commerce a été victime d’un acte criminel et qu’il le dit publiquement, le volet émotif embarque souvent. C’est une des raisons pour lesquelles des publications Facebook d’avis de recherche ou de dénonciation sont souvent virales.

«On conseille bien évidemment aux personnes de porter plainte, car parfois ce n’est même pas fait, ensuite, si le commerce a des images de caméras de surveillance, bien évidemment, nous les communiquer. Enfin, il est recommandé d’attendre et d’écouter les directives des enquêteurs afin de ne pas sauter d’étapes», explique Étienne Doyon, porte-parole pour le SPVQ.

M. Doyon tient à rappeler que la procédure officielle après une plainte déposée à la police est que celle-ci demande elle-même l’aide du public si elle en a besoin. Il est plutôt inusité qu’un enquêteur demande à la victime de tenter de retrouver elle-même le présumé coupable.

Se faire justice soi-même, tenter de le faire, ou tenter d’aider les policiers, même si l’intention est bonne, pourrait avantager un suspect. Étienne Doyon mentionne que donner des conseils de prévention à quelqu’un qui porte plainte pourrait éventuellement devenir une nécessité avec la répétition d’initiatives personnelles contraignantes pour le travail des policiers.

Étienne Doyon explique qu’un suspect pourrait faire disparaître des éléments de preuve, de ce qu’il aurait volé ou encore fuir ou changer d’apparence, le faisant prendre de l’avance sur une enquête en cours, s’il sait qu’il est recherché.

«Le but des enquêteurs et toujours de recueillir la preuve pour aller devant les tribunaux», souligne M. Doyon. Si la personne se débarrasse d’une preuve, cela entrave le travail de la police.

Selon le porte-parole, la dénonciation peut aider au travail des policiers, en revanche, pas la diffusion d’images qui n’est pas de leur initiative. De plus, les personnes qui ont diffusé des images pourraient s’exposer à des représailles de la part d’un présumé coupable.

Lorsque quelqu’un est victime d’un acte criminel, il est conseillé de toujours porter plainte et de laisser les enquêteurs faire leur travail en suivant la procédure officielle. La police fera appel au public si elle en a besoin.

Pour la présumée fraude au café, la police n’a d’ailleurs pas pu confirmer ou infirmer que le commerce a porté plainte. Une plainte est toujours du domaine privé et la police a le devoir d’en garder la confidentialité.

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