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22:14 15 mars 2017 | mise à jour le: 15 mars 2017 à 22:14 temps de lecture: 4 minutes

Réflexion lancée sur la nécessité d’une politique de l’architecture

BÂTIMENT. À l’instar de ce qui existe dans certains pays et grandes villes d’Europe, les professionnels de l’architecture québécois souhaitent doter la province d’une politique nationale de l’architecture. Une vaste consultation publique vient de débuter afin de prendre le pouls de la population sur les aspects que devrait contenir un tel outil de gestion et de planification du développement urbain.

La présidente de l’OAQ, Nathalie Dion, veut connaître l’intérêt du public pour l’architecture.

(Photo gracieuseté – LOUISELEBLANC.CA)

C’est dans cette optique que l’Ordre des architectes du Québec (AOQ) a entrepris d’aller à la rencontre de citoyens, d’élus et d’organismes dans 13 villes québécoises. Appelée «conversation publique sur une politique nationale de l’architecture pour le Québec», cette démarche orchestrée en collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde s’est arrêtée dans la capitale mardi. Elle culminera le 1er juin à Montréal.

Malgré la tempête hivernale qui sévissait à l’extérieur, les deux tiers des participants attendus se sont présentés au Monastère des Augustines. «Provenant de différents horizons, les architectes, urbanistes, étudiants et citoyens ayant bravé la neige ont tôt fait de réchauffer l’atmosphère. Les discussions animées et riches en propositions se sont succédé à bon rythme, au fil des tables rondes qui ont précédé la plénière», a précisé la présidente de l’OAQ, Nathalie Dion.

Celle qui dirigeait l’échange a salué le dynamisme et l’optimisme qui ont prévalu tout au long de la soirée. Elle avait même du mal à contenir l’enthousiasme général lors des pauses. Appelés à se mettre dans la peau d’un ministre responsable de l’architecture, les participants ont soulevé des inquiétudes à l’égard de la précipitation de certains projets immobiliers aussi bien que de la lenteur de certaines autres interventions.

La présidente de l’OAQ a notamment aimé entendre des suggestions visant à éviter le travail en silo et privilégiant la mise en commun des expertises de l’ensemble des intervenants concernés par un projet d’envergure, y compris les citoyens. «Il va nous rester à compiler les nombreux éléments qui ont été proposés, sans oublier que les débats se poursuivent en ligne sur notre plateforme Internet», mentionne Mme Dion ajoutant apprécier ce trop rare échange de points de vue externes.

Les discussions animées démontrent que l’architecture ne laisse personne indifférent.

(Photo gracieuseté – LOUISELEBLANC.CA)

Vision commune

Pourtant, la démarche initiée par l’Ordre n’a rien d’improvisée. Depuis trois ans, celle-ci soutient activement l’adoption d’une politique nationale de l’architecture pour le Québec. «L’objectif consiste à établir une vision commune afin d’harmoniser les lois et règlements qui régissent la construction de bâtiments. De cette façon, on pourra mieux s’assurer que les édifices qui nous entourent répondent durablement aux défis de l’heure, comme les changements climatiques, le vieillissement de la population, la cohésion sociale ou la préservation du patrimoine», expose Mme Dion.

Élue à la tête d’un regroupement qui compte plus de 3800 architectes, la présidente de l’OAQ constate que l’architecture retient davantage l’attention dans l’espace public. Elle observe un désir réel chez les gens d’être consultés et considérés avant l’implantation de complexes qui transformeront le paysage urbain définitivement. À son avis, c’est normal et c’est ce qui motive la démarche initiée à Québec. Car, l’architecture fait partie du quotidien de tous, que ce soit au plan de l’habitation, du milieu de travail, des loisirs ou des infrastructures qui permettent de s’y rendre.

Au terme de ses «conversations publiques», l’OAQ intégrera les idées recueillies à un mémoire qu’elle présentera au gouvernement du Québec, l’an prochain, dans la perspective d’instaurer une politique nationale de l’architecture. Sans être une panacée, un tel outil permettrait une meilleure planification du développement, à partir de règles claires. Dans une cité du patrimoine mondial comme Québec, aussi bien que dans une petite communauté, cela favoriserait l’intégration au cadre bâti de projets immobiliers esthétiques, fonctionnels et durables.

Pour plus d’information sur la démarche de l’OAQ ou participer à la discussion en ligne : www.architecture.quebec

TC Media

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