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22:16 22 avril 2017 | mise à jour le: 22 avril 2017 à 22:16 temps de lecture: 6 minutes

De nombreux Français votent pour le premier tour de la présidentielle

POLITIQUE. L’incertitude particulière entourant le premier tour de l’élection française semble avoir motivé de nombreux Français au Québec à se déplacer pour aller voter, samedi.

Les Français désirant voter pour le premier tour de l’élection présidentielle française étaient encore nombreux à attendre samedi en début de soirée.

(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Décalage horaire oblige, dès 8h samedi matin, le bureau de vote de Québec a ouvert ses portes pour accueillir les Français résidant dans la région. Plus de 10 000 électeurs étaient inscrits à ce bureau de vote dans la région de Québec, allant jusqu’à Trois-Rivières et Saguenay. Le bureau de vote fermait ses portes à 20h.

Vague de vote à Montréal

En matinée, les électeurs français étaient plus d’une centaine à faire la file dans le quartier Outremont, où le seul et unique bureau de scrutin était situé. Plusieurs d’entre eux ont dit qu’ils avaient attendu plus d’une heure pour pouvoir se rendre aux bureaux ouverts jusqu’à 20 h.

Selon les derniers chiffres de l’ambassade de France au Canada, plus de 57 000 Français se sont inscrits pour voter dans la métropole, une augmentation par rapport à la dernière élection.

Cette fois-ci, pour une rare fois dans l’histoire, quatre candidats peuvent prétendre passer au deuxième tour.

Les Français du Canada interrogés samedi matin semblaient inquiets face à la possibilité de l’élection de la chef d’extrême-droite, Marine Le Pen, qui est presque assurée de passer au second tour selon les sondages.

«Cette élection, elle est quand même très importante parce qu’on a vu aux États-Unis la montée de l’extrême-droite. On voit aussi quand même ça en France avec la montée très forte de Marine Le Pen. On ne veut pas la voir passer, et c’est pour ça que c’est davantage important de voter», a expliqué Anna Bieber, une jeune électrice à l’aube de la vingtaine.

Plusieurs ont confié que leur principale motivation d’aller voter était de bloquer la voie aux candidats «extrémistes» — en l’occurrence Mme Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, du côté de la gauche.

«C’était d’abord la première motivation d’aller voter, c’était d’éviter les extrêmes», a expliqué Véronique L’Helgoualch.

«On a deux personnes, qui à mon goût, vont diviser les Français (…) Pour moi, c’est impensable d’avoir Mme Le Pen ou M. Mélenchon au pouvoir», a renchéri Florian Castarede. «C’est simple, si Marine Le Pen est élue, je demande ma résidence permanente», a-t-il ajouté en souriant.

Plusieurs jeunes et moins jeunes appuyaient le candidat centriste Emmanuel Macron, qui selon eux a le mérite de vouloir de rassembler les Français.

«Emmanuel Macron a le programme le plus européen et le plus tourné vers l’avenir, ce qui n’est pas le cas des autres candidats», a souligné Frédéric Guarino, un père de famille dans la quarantaine.

D’autres ont plutôt opté pour des candidats plus marginaux, comme Maxime Martel, qui a choisi le Philippe Poutou, du Nouveau parti anticapitaliste. Il dit n’avoir pas été impressionné «du tout» par les autres candidats.

«Emmanuel Macron, je suis toujours à la recherche de son programme, François Fillon, je n’ai pas forcément apprécié ce qu’il a fait, Marine Le Pen sûrement pas et Benoît Hamon (du Parti socialiste), je le trouve un peu transparent, vide. J’ai hésité avec Mélenchon, mais voilà», a-t-il conclu.

Comment les Français votent-ils?

Les Français ne votent pas de la même manière que les Québécois; ils ne cochent pas la case d’un candidat sur un bulletin. Une représentante de l’ambassade française a expliqué la procédure à La Presse canadienne.

Chaque candidat a son nom d’écrit sur un papier — il y a une pile de papiers avec le nom de Marine Le Pen, une avec le nom d’Emmanuel Macron, une avec celui de François Fillon, et ainsi de suite.

Ces piles de papiers sont placées sur un bureau et les employés s’assurent que les colonnes sont d’égales hauteurs pour ne pas influencer les électeurs qui verraient, par exemple, qu’un candidat semble plus populaire qu’un autre.

L’électeur prendra généralement quelques papiers avant d’aller dans l’isoloir pour ne pas dévoiler son choix. En privé, il choisira ensuite le papier de son candidat favori qu’il placera dans l’enveloppe. L’électeur remettra ensuite l’enveloppe aux employés.

Dès que le bureau fermera à 20 h, les employés commenceront à compter les votes. Le résultat sera transmis au ministère français des Affaires étrangères, mais il sera impossible de le connaître avant le dévoilement des chiffres pour tout pays.

Ambiance en France

Les Français, eux, voteront dimanche toute la journée dans une ambiance bien différente alors que Paris a été le théâtre d’un autre attentat dans les derniers jours.

La déléguée générale du Québec à Paris, Line Beauchamp, a toutefois témoigné de la «résilience» des Français à quelques heures du scrutin.

«La vie, elle continue. Comme si les gens se disaient qu’on ne veut pas que ce type d’attentat ou ce type d’événement vienne changer leur mode de vie», a-t-elle confié en entrevue téléphonique.

L’ex-ministre québécoise a rappelé que le résultat de l’élection présidentielle serait très suivi au Québec, qui a des «ambitions communes» avec la France.

«La France est le premier partenaire économique du Québec en Europe. De tout le portefeuille d’investissements étrangers d’Investissement Québec, la France compose 50 pour cent du portefeuille», a-t-elle soutenu.

Elle a toutefois avancé que les relations entre les deux États devraient rester les mêmes peu importe le vainqueur dimanche soir. «J’ai le goût de vous dire que le passé est garant de l’avenir et que, à l’évidence, le Québec et la France on a beaucoup d’ambitions communes. On saura composer avec le gouvernement français qui sera choisi par les Français», a-t-elle précisé.

Avec la collaboration de Prisca Benoit

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