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19:44 30 janvier 2017 | mise à jour le: 30 janvier 2017 à 19:44 Temps de lecture: 3 minutes

La communauté musulmane de Lévis assommée

RÉACTIONS. Rien n’aurait pu laisser présager pareil drame. Au lendemain de l’attentat terroriste qui a fait six victimes au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) dimanche dernier, la communauté musulmane de Lévis peine encore à croire qu’un tel événement a pu se produire.

Une prière lors de l’ouverture de la Salle de prière de Lévis, le 6 mai dernier.

TC Media – Archives

«Jamais je n’aurais cru que ça arriverait ici… Que des vies humaines aient étés perdues comme ça… écoutez, ça me dépasse», déplore Khalid Baoui, encore abasourdi par les événements.

Le coordonnateur de la salle de prière musulmane de Lévis a appris la nouvelle dimanche soir. «On est une petite communauté tissée serrée, on connaît beaucoup de gens qui fréquentent le CCIQ, on est sous le choc», indique-t-il en entrevue avec TC Media Nouvelles. Mr Baoui connaissait personnellement une des victimes des attentats du 29 janvier. Environ une cinquantaine de croyants fréquentent le local de la rue Bégin.

Pied d’alerte

Avant de pouvoir se recueillir, les responsables de la salle de prière de Lévis doivent désormais s’assurer que leur communauté est à l’abri d’autres attaques potentielles. C’est donc pourquoi il n’y aura pas de rassemblement prévu au lieu de culte lors des prochains jours. «On a rencontré le SPVL (Service de police de la Ville de Lévis) et la Sûreté du Québec, d’un commun accord on a décidé qu’il serait mieux de ne pas aller à la salle durant quelque temps, question de sécurité», indique Khalid Baoui.

Ce dernier salue le travail et le respect dont ont fait preuve les agents des deux corps policiers dans cette affaire. «Ils nous ont offert leurs sympathies et leur pleine collaboration. Ils se sont montrés très respectueux», souligne-t-il.

Plusieurs membres de la communauté ont déjà signalé leurs intentions de participer aux différentes vigiles de solidarité organisées sur le territoire, dont celle organisée par le CCIQ, qui se déroulera le samedi 4 février en début d’après-midi sur le chemin Sainte-Foy à Québec

Les cibles habituelles

Avant l’attentat du 29 janvier, plusieurs salles de prières musulmanes de la province ont également été la cible de gestes islamophobes ou haineux.

En juin, des centaines de tracts distribués sur la Rive-Sud accusaient la salle de prière de Lévis d’être liée aux Frères Musulmans, une société Islamique fondée en Égypte au début du 20e siècle. D’autres lieux de culte, notamment ceux de Sherbrooke et de Québec, ont également été les cibles d’allégations similaires. Tous ont démenti ces accusations.

Une tête de porc décapitée a été déposée cet été devant les portes du CCIQ avec la mention «bonne appétit (sic)».

L’unique mosquée de la communauté musulmane de Sept-Îles a quant à elle été saccagée a plusieurs reprises pour divers motifs depuis 2014.

Au moment de mettre sous presse, le bilan des victimes de l’attentat du 29 janvier se chiffrait à six morts et cinq blessés graves.

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