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22:09 1 mars 2017 | mise à jour le: 1 mars 2017 à 22:09 temps de lecture: 4 minutes

Des citoyens dénoncent la psychose envers Anacolor

ENVIRONNEMENT. Déplorant la montée en épingle d’une seule version dans les médias concernant la gestion des émanations de l’usine de peinture Anacolor, un groupe de citoyens du Vieux-Cap-Rouge tiennent à se faire entendre. Pour eux, ce n’est pas tout le monde qui perçoit et encore moins se plaint de mauvaises odeurs et celles-ci sont loin d’être aussi dérangeantes que la mauvaise impression qui plane sur leur quartier.

Citoyenne engagée, Linda Even déplore la tournure que prend le débat autour d’Anacolor.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Représentés par Linda Even, résidente de la côte du Cap-Rouge depuis 1984, des citoyens sentent le besoin de s’exprimer publiquement pour faire entendre leur version des faits. Ils s’empressent de préciser qu’il est faux de prétendre que les odeurs sont généralisées et persistantes. Après avoir frappé à plusieurs portes sur les rues Provancher et Saint-Félix, ils assurent que la plupart des résidents et commerçants voisins d’Anacolor ne sont aucunement importunés par les activités industrielles de l’entreprise.

Le groupe veut éviter les généralisations et invite à s’en tenir aux faits plutôt qu’à laisser les émotions prendre le dessus. De l’avis de la demi-douzaine de citoyens rencontrés, si la situation a déjà été problématique en 2013, elle s’est grandement améliorée depuis. D’autres améliorations sont attendues avec l’installation d’un nouvel épurateur.

«Actuellement, on rapporte des énormités et le débat sur Anacolor divise. Nous trouvons triste d’entendre seulement des choses négatives sur un quartier si beau et si chargé d’histoire. Aller jusqu’à instrumentaliser des enfants de l’école du quartier dans ce débat émotif s’avère préoccupant. Pour certains, la seule solution se trouve dans le déménagement d’Anacolor, mais on peut se demander s’il n’y a pas une autre motivation que sanitaire», exprime Mme Even.

Cesser la panique

La femme engagée, ex-commerçante du secteur et fondatrice du conseil de quartier de Cap-Rouge, ne comprend pas l’acharnement de certains dans ce dossier. Celle que certains appellent la «mairesse du Vieux-Cap-Rouge» souhaite que la psychose partisane et le climat de panique cessent. Elle suggère de voir évoluer la situation avec un esprit rationnel et, surtout, laisser les autorités expertes faire leur travail.

«De l’extérieur, certains pourraient penser que notre situation est pire que la saga des poussières rouges à Limoilou ou qu’une autre histoire d’odeurs entourant l’usine d’équarrissage de Charny. Alors que ça n’a aucune commune mesure. Il faut se calmer un peu. J’ai même vu dans des rapports publics des plaintes datées du samedi, tandis que l’usine est fermée», dénonce celle qui siège au comité de liaison sur le cas Anacolor, en compagnie de représentants du ministère de l’Environnement, de la Santé publique, de l’entreprise et du comité de citoyens pour la qualité de l’air.

Elle se dissocie d’ailleurs du discours prôné par ce dernier. «Ces gens ne représentent pas tous les citoyens du Vieux-Cap-Rouge. D’ailleurs, j’ai participé à plusieurs réunions, dont celle publique de juillet dernier, et j’ai trouvé bizarre de ne pas reconnaître beaucoup de gens que je connais», termine la résidente du secteur depuis 33 ans, qui dit prendre une initiative personnelle pour parler au nom d’une majorité silencieuse.

Odeurs à l’école

La direction de l’école primaire Marguerite-D’Youville, située dans le quartier, n’a pas voulu accorder d’entrevue aux médias. Toutefois, un de ses membres a confirmé que les odeurs ne sont pas persistantes, mais parfois incommodantes. À tel point qu’au cours du mois de février, la récréation des élèves a dû être interrompue à cinq reprises en raison des émanations de peinture. C’est ce qui a amené le conseil d’établissement dirigé par des parents à décréter que les récréations se tiendraient à l’intérieur de l’établissement jusqu’à nouvel ordre.

TC Media

À l’école primiaire Marguerite-D’Youville, les récréations se tiennent à l’intérieur.

(Photo TC Media – François Cattapan)

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