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16:25 22 février 2021 | mise à jour le: 22 février 2021 à 16:26 temps de lecture: 4 minutes

La maire Labeaume croyait avoir une entente

La maire Labeaume croyait avoir une entente
Avant les Fêtes, le maire de Québec était persuadé avoir obtenu une entente de principe pour déployer le RSTC. /Illustration gracieuseté

TRANSPORT. Étonné des critiques sur le manque d’ouverture de la Ville de Québec dans l’élaboration du tramway, le maire s’en remet aux négociations récentes avec le provincial. Régis Labeaume dit lui-même ne pas comprendre les reproches à l’endroit de son administration, lui qui croyait avoir obtenu une entente de principe fin 2020 pour déployer le projet.

À la demande du ministre des Transports, le maire a rencontré cinq fois François Bonnardel entre octobre et février. «En cours de route, relate-t-il, il y a eu deux nouvelles propositions avancées. De notre côté, on suggérait d’ajouter une ligne de tramway de Saint-Roch vers D’Estimauville. Avec un décret, il était possible de procéder aux appels d’offres en incluant ce nouveau tracé envisagé via Canardière. Cela impliquait un ajout de 450M$ au budget global de 3,3G$.»

Selon lui, il y avait moyen d’éponger le surcoût de 220M$ en écourtant le tracé vers Charlesbourg à la hauteur de la 41e Rue. Finalement, cette proposition a été analysée et vite rejetée. C’est alors que le gouvernement du Québec y est allé de sa proposition d’écourter le tracé vers Charlesbourg, sans aller vers D’Estimauville.

«Nous avons accepté pour pouvoir lancer les appels d’offres et entamer le projet. À ce moment-là, nous étions persuadés d’avoir une entente pour aller de l’avant. Puis, lors d’une rencontre du 11 février, on apprenait que l’entente ne tenait plus. Le ministre Bonnardel a alors évoqué quatre ajustements, dont l’abandon des portions vers Legendre, Charlesbourg et Limoilou, ainsi que l’ajout de la desserte vers D’Estimauville», déplore M. Labeaume.

Délais inacceptables

Sans proposition concrète sur la table, le maire estime qu’il devenait impossible d’accepter. À ses yeux, «charcuter le tracé du tramway à moitié occasionne un retard potentiel de deux ans dans l’échéancier du projet ainsi qu’une perte des consortiums intéressés. Dès le lendemain, le premier ministre déclarait que la Ville avait une posture de fermeture. Pourtant, nous sommes prêts et tout retard implique des hausses de coûts».

Autre aspect important à considérer, le centre d’entretien du tramway requiert des terrains équivalents à six terrains de football. «En coupant Legendre et en se restreignant à un tracé écourté, on ne retrouve pas un terrain de cette ampleur entre les pôles d’échange de Sainte-Foy et de Saint-Roch. C’est carrément un nouveau projet et qui introduit d’immenses défis techniques, ainsi que des délais et des coûts majorés», renchérit Daniel Genest, directeur du bureau de projet du réseau structurant de transport en commun (RSTC).

Deux poids, deux mesures

Le maire Régis Labeaume dénonce du même souffle l’attitude de deux poids deux mesures du gouvernement dans ce dossier. «Pendant que le REM à Montréal a vu son budget grimper de 36%, passant de 5,5G$ à 7,5G$, celui du RSTC a même été réduit de 700M$ depuis l’ébauche initiale. Québec est encore traitée comme une bourgade. Cette iniquité est inacceptable pour la Capitale. Nous demandons au gouvernement de revoir les propositions sur la table, afin de ne pas retarder le projet. Nous avions un accord et je ne comprends pas pourquoi la position du gouvernement a changé.»

Concernant les critiques de fermeture de sa part, il les réfute. «Nous ne refusons pas de dialoguer sur l’interconnexion avec le futur 3e lien. Nous n’avons simplement aucune idée de son tracé et n’en sommes pas informés», conclut-il.

Québec Hebdo

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