Économie
07:47 30 juin 2020 | mise à jour le: 29 juin 2020 à 18:53 temps de lecture: 3 minutes

Resserrement des critères d’assurance hypothécaire dénoncé

Resserrement des critères d’assurance hypothécaire dénoncé
L'industrie de la construction et du courtage immobilier craint l'impact néfaste du resserrement des critères d'assurance prêt hypothécaire. (Photo Métro Media – Archives)

HABITATION. À quelques heures de leur entrée en vigueur, certaines nouvelles règles d’assurance prêt hypothécaire soulèvent des inquiétudes dans l’industrie de la construction et de la revente résidentielles. Entrepreneurs et courtiers immobiliers craignent les répercussions de la récente décision de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) de resserrer ses critères de souscription.

À compter du 1er juillet, la SCHL appliquera une série de changements à toutes les nouvelles demandes d’assurance prêt hypothécaire à l’unité et d’assurance de portefeuille pour propriétaires-occupants. Pour les associations de professionnels de la construction et de l’habitation, il deviendra de plus en plus difficile pour les acheteurs de devenir propriétaires.

Celles-ci sont d’avis qu’il n’est pas approprié d’imposer les mêmes restrictions à tout le pays. La possibilité de moduler certaines règles de souscription selon la province serait une avenue souhaitable. Il s’agit d’une façon de mieux s’adapter aux différences et spécificités des marchés immobiliers locaux et régionaux.

«En pleine crise sanitaire et considérant que les différents paliers de gouvernement s’affairent à relancer et stimuler l’économie, il est manifeste que les modifications aux critères de souscription annoncées par la SCHL arrivent à un moment tout à fait inopportun pour les ménages québécois. Nous avons besoin de la SCHL pour soutenir la relance, pas pour ralentir le marché de l’habitation», indique Carl Cloutier, p.-d.g. par intérim à l’Institut de développement urbain (IDU) du Québec.

Rattrapage à faire

Par ailleurs, les regroupements professionnels soulignent que le Québec n’affiche aucune vulnérabilité à une potentielle surchauffe du marché immobilier. De plus, il est en mode rattrapage. En effet, la province affiche un retard par rapport au reste du Canada au chapitre du taux de propriété. Le dernier recensement de Statistique Canada révélait un taux de propriété au Québec de 61,3% en 2016, contre 67,8% à l’échelle nationale. Le Québec affiche en fait le taux de propriété le plus faible de toutes les provinces.

«L’accès à la propriété répond à un besoin primaire qui est de se loger. De plus, pour de nombreux Canadiens et particulièrement pour les Québécois, l’accès à la propriété privée est un objectif à atteindre. Cela constitue une grande partie de leur patrimoine familial», plaide Jean-François Arbour, président de l’Association de la construction du Québec (ACQ).

Statu quo préférable

Si la SCHL persiste avec ses politiques de resserrement, les industries de la construction et du courtage immobilier suggèrent de permettre des conditions différentes selon les marchés. Il serait ainsi possible de conserver le statu quo au Québec, puisque ce marché ne présente pas, à leur avis, de risque particulier.

@D:La prise de position commune est endossée par lAssociation de la construction du Québec (ACQ), l’Association des professionnels de la construction et l’habitation du Québec (APCHQ), l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) et l’Institut de développement urbain du Québec (IDU).

Québec Hebdo

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