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10:00 3 avril 2020 | mise à jour le: 3 avril 2020 à 10:52 temps de lecture: 6 minutes

Garder le moral en temps de bouleversement

Garder le moral en temps de bouleversement
Photo: (Photo Métro Média- Archives)

CERVEAU. Même pour les personnes qui possèdent un moral d’acier et un équilibre mental à envier, les effets d’une quarantaine et la situation subie peuvent générer un mal-être qu’il faut prendre au sérieux. Voici quelques éléments à prendre en considération pour traverser du mieux possible cette période de crise de la Covid-19.

Le stress est une réponse normale du corps humain à une menace. Le stress n’est pas négatif en soi, au contraire. Par contre, s’il débouche sur de l’anxiété ou des idées noires, cela devient problématique. «Il y a actuellement une menace objective: on ne sait jamais quand le virus va nous atteindre, explique le psychologue Gilles Levesque. Il est normal de se sentir plus irritable ou de s’ennuyer, de se sentir impuissant». L’autre menace bien réelle s’avère le stress financier, que de nombreuses personnes peuvent ressentir en ce moment, malgré les mesures mises en place par les gouvernements.
Pour garder le contrôle
Que peut-on mettre en place pour conserver un certain contrôle sur une situation incertaine? M. Levesque évoque le maintien d’une routine de travail en télétravail ou d’une routine de journée avec les enfants. La clé se situe dans la bonne communication avec ses enfants et son employeur, car on ne peut à la fois travailler et s’occuper de sa progéniture. Une gestion du temps par cycle (30 minutes de travail, 20 minutes avec les enfants) peut être effectuée par le parent en étant très clair sur sa disponibilité. Le psychologue ajoute que se tenir informé par des nouvelles fiables, mais en évitant les nouvelles négatives en boucle est un autre moyen de contrôle puisqu’on sait alors précisément ce qu’il en est. On peut aussi avoir la mainmise sur sa propre santé, en gardant des heures de repas fixes ou en prenant des marches. La bienveillance et prendre soin de soi doivent être mises en œuvre. «Plus les choses sont organisées et connues d’avance, plus c’est prévisible et plus on est capable de gérer le stress», rappelle-t-il.
Se faire du bien
«Comme canalisateurs, le rire et avoir du plaisir viennent contrecarrer l’hormone du stress. Il y a aussi le chant: on peut difficilement être stressé quand on chante», fait valoir M. Levesque.
Lorsque la déprime et l’ennui s’installent, c’est une bonne idée de communiquer avec d’autres personnes, par la voix ou le virtuel.
«Lorsque le stress augmente, quand on sent que ça bout, que la tension monte, c’est important de prendre du recul. On peut par exemple regarder un film divertissant, aller prendre l’air». On peut aussi effectuer deux types de compartimentation, soit pour avoir du temps personnel pour chacun, soit des espaces personnels pour chacun, dans le but d’avoir son espace, de ne pas se sentir étouffé par la cohabitation permanente.
«En famille, on peut regarder un film qui va amuser tout le monde. Le verre de vin peut détendre, certes, mais attention à l’abus de substances, qui entraîne un manque de contrôle sur ses émotions. Si ça nous fait du bien, mieux vaut en prendre tous les soirs, mais passer un contrat avec soi-même : je ne prends qu’une coupe ou deux et après j’arrête».
Ne pas nier les émotions négatives
«Il faut avoir conscience que les enfants peuvent s’ennuyer de leurs amis et ne pas leur dire: arrête de te plaindre. On devrait plutôt se demander : qu’est-ce que je pourrai leur proposer pour qu’ils s’occupent?», indique le psychologue. Les ados peuvent faire des partys pyjamas virtuels entre eux ou encore jouer à des jeux vidéos ensemble. «Il faut combler le besoin d’être en relation. […] Quand l’enfant manifeste un désarroi ou un ennui, il ne faut pas nier son ressenti».
Les éléments qui devraient mettre la puce à l’oreille
«Si notre niveau d’intolérance devient tellement élevé qu’on n’est plus capable de tolérer la personne avec qui on vit ou qu’on n’est plus capable de faire du télétravail; si notre niveau de colère augmente, qu’on se sent plus colérique ou au contraire qu’on s’isole davantage, alors cela signifie qu’on a besoin de parler à quelqu’un pour mieux gérer ce stress-là. C’est mieux d’aller chercher de l’aide dans cette situation exceptionnelle pour ne pas devenir toxique».

Un nouvel Indice de santé mentale inquiétant
Les récents résultats du nouvel Indice de santé mentale, dévoilés par Morneau Sheppell, qui comprend une mesure des répercussions de la pandémie sur la santé mentale des travailleurs canadiens, permet de constater une détérioration statistiquement significative de la santé mentale par rapport aux données de référence antérieures à la COVID-19. Ce changement représente un score actuel de 63 par rapport au score de référence de 75. L’ampleur de ce changement est sans précédent sur la période de trois ans pendant laquelle les données de référence ont été recueillies. Le fournisseur de services de mieux-être et de de santé globale qualifie le score actuel de très inquiétant. «Habituellement, on voit un tel résultat uniquement dans un sous-ensemble d’employés qui traversent une perturbation majeure dans leur vie et ont un risque élevé de maladie mentale. Le plus important changement négatif a été observé dans la mesure de l’anxiété, suivi de l’impuissance, de l’optimisme et de l’isolement».
Outre l’évaluation globale de la santé mentale, l’enquête a porté sur les répercussions de la pandémie de COVID-19. La majorité des répondants (81 pour cent) affirment que la pandémie de COVID-19 affecte leur santé mentale; certains sont inquiets, mais composent avec la situation (49 pour cent), d’autres sentent que la crise à des répercussions négatives, très négatives ou largement négatives sur leur santé mentale (32 pour cent).
Cet indice sera publié mensuellement.

 

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