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09:08 22 février 2020 | mise à jour le: 22 février 2020 à 09:08 Temps de lecture: 3 minutes

La pénurie de main-d’œuvre frappe la construction

La pénurie de main-d’œuvre frappe la construction
Certains corps de métier se trouvent déjà en situation de pénurie de main-d’œuvre sur les chantiers de construction. (Photo Métro Média – Archives)

EMPLOI. Le manque de ressources ne se dément pas dans plusieurs secteurs de l’économie. Cette réalité prend de l’ampleur avec le vieillissement de la population et l’industrie de la construction n’y échappe pas.

Un phénomène que dénoncent les regroupements patronaux depuis plusieurs années déjà. Or, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) revient à la charge. Un nouveau sondage mené auprès des entrepreneurs dresse un portrait encore plus sombre des impacts de la pénurie de main-d’œuvre dans leurs opérations. Un peu plus de la moitié d’entre eux (53%) jugent même que la situation s’est détériorée. Si bien que l’intervention du ministre du Travail est réclamée.

«À l’heure actuelle, il nous est impossible d’envisager de vivre une autre saison de construction sous l’égide de la pénurie de main-d’œuvre. Le secteur de l’habitation représente 7% du PIB du Québec. Et il est régi, en partie, par un cadre légal distinct et complexe. Voilà pourquoi on interpelle le gouvernement afin qu’il envisage des changements réglementaires», commente François Bernier, vice-président aux affaires publiques à l’APCHQ.

Manque chiffré

Pour sa part, l’Association de la construction du Québec (ACQ) arrive à chiffrer le besoin de travailleurs. Une étude commandée à la firme Raymond Chabot Grant Thornton illustre l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre. Il en ressort un manque moyen de près de 20 000 ouvriers par an au cours des 10 prochaines années, pour combler les besoins dans l’ensemble du Québec.

«En effectuant une moyenne sur 10 ans, ce sont plus de 1500 travailleurs de plus dont l’industrie a besoin dans la région de Québec. Déjà, plusieurs métiers de la construction sont en situation de pénurie de main-d’oeuvre», constate l’économiste de l’ACQ, Jean-Philippe Cliche. C’est le cas notamment des briqueteurs-maçons, carreleurs, mécaniciens d’ascenseur, opérateurs d’équipement lourd, peintres, poseurs de revêtements souples et soudeurs.

Pessimisme ambiant

Les entrepreneurs se montrent pessimistes quant à l’évolution de la situation à court terme. Selon eux, «le manque de travailleurs risque de demeurer un frein pour la croissance économique de l’industrie de la construction. Il en va de même pour la productivité des entreprises», souligne M. Bernier.

Du côté de l’ACQ, on craint que la pénurie de main-d’œuvre puisse perdurer pendant une décennie entière. Rien de très réjouissant tant pour les entreprises que pour les clients.

Pistes de solutions

Selon l’ACQ, un virage technologique de grande envergure est une solution incontournable à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction. En ce sens, elle fonde beaucoup d’espoir sur l’utilisation de nouvelles techniques de production. Cela doit permettre d’améliorer la productivité en chantier, mais aussi d’atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre.

Tableau 1 – Analyse des écarts entre la demande et l’offre de main-d’œuvre – Région de Québec

Métier 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Briqueteur-maçon 140 108 99 103 142 156 172 189 207 226
Carreleur 112 98 98 107 139 152 165 178 191 204
Ferblantier 44 17 10 13 46 57 68 79 90 102
Mécanicien d’ascenseur 17 11 10 12 22 26 30 34 39 43
Mécanicien de chantier 35 34 36 40 48 52 56 60 64 67
Mécanicien de machinerie lourde 17 16 18 21 29 32 36 39 43 46
Monteur-assembleur 23 17 24 32 40 49 58
Opérateur de pelle 24 1 32 128 172 218 263 308 354
Opérateur d’équipement lourd 194 147 138 150 221 247 274 303 332 362
Peintre 118 82 77 87 145 167 188 210 233 255
Plâtrier 90 48 28 20 46 47 49 53 57 63
Poseur de revêtements souples 37 27 25 28 41 46 51 56 62 68
Poseur de systèmes intérieurs 46 22 11 7 22 24 27 31 36 42
Boutefeu et foreur 17 13 13 16 24 28 32 36 39 43
Manoeuvre 169 26 76 97 122 148 177 208
Main-d’œuvre de lignes 5 4 34 44 54 62 70 77
Soudeur 10 9 10 12 18 21 24 27 30 33
Autres occupations 60 34 23 21 43 47 51 56 62 67

(Source : ACQ)

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Commentaires 8

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  • Gagnon Michel

    Comme menuisier 1 apprentie pour un menuisier çà pas de sence dans le passé c etais 2 apprentie pour un compagnon comment ont va arrivé d avoir des menuisiers pour couvrir tous ceux qui vont prendre leurs retraites comme moi sa pu de bons sens et la ccq donné des amendes aux entrepreneurs qui ont pas assez de menuisier pour le nombre d apprentie sont pénalisé a cause de la pénurie j ai payé 1500.00 a cause j avais un aprentie en trop
    La criss de CCQ

  • Frank

    Le gros problème c’est la CCQ. Beaucoup de travailleurs et employeurs en ont marre de la CCQ . Après la commission Charbonneau ils ont tués les syndicats qui s’occupait du placement des travailleurs. Ils sont trop stricts et quand un organisme est trop stricts, c’est ce qui en découlent. La CCQ se bat contre les travailleurs..alors que les syndicats se bat pour les travailleurs.. Assez simple de comprendre les résultats.

  • Natacha Milord

    Bonjour, pour combler la pénurie de la main d’oeuvre dans la construction c’est d’ouvrir l’immigration allez chercher main d’oeuvre a l’etranger. Merci

    • Marc-antoine Charest

      Ils faut augmenter les salaires !!! Pour attirer la relève !!! Travailler à 35 l’été et -30 l’hiver!!! Ça ce paye!!! 4l de lait et un pain coute 12$!!!!

  • patrick vandal

    L’industrie de la construction avec toutes ces associations et ces organismes lourds est devenue tellement contraignante qu’elle se ferme des portes à elle-même. Dur pour un entrepreneur au Québec de monter une entreprise avec toutes ces législations et règlements. Finalement, sur le terrain, il n’en demeure pas moins qu’il y a beaucoup de contraintes face à l’emploi pour un simple ouvrier, est-ce que le jeu en vaut la chandelle?
    Ce n’est pas richement payé non plus contenu des efforts démesuré qu’il faut fournir dans ce genre d’emploi. Cette industrie est devenu tellement institutionnalisée lourde et puissante qu’elle est devenu une menace pour elle-même, étant dissuasive et contraignante pour les nouveaux venus. Je comprends qu’aux yeux des ces jeunes entrepreneurs et travailleurs, que ce milieu de travail est tout simplement devenu inintéressant, compliqué et peu payant. Alors s’imaginer que de mettre en place de nouvelles technique de production sur les chantiers, ressemble à de la pensée magique.
    Sans blague, quel entrepreneur sera rassuré devant une telle proposition?

  • Faliou ndiaye

    Bonjour je m’appelle faliou ndiaye je sénégalais je suis mécanicien monteur

  • mario arial

    pourquoi on ne pas recours aux travailleurs exterieur d experience au lieu de donner des cartes de competence a n importe qui veut un salaire de 30 dollar de l heure presentement ses ca votre competences que vous nous suggerer c est la qualite et le rendement qui en souffre presentement

  • Thiombane

    Merci de vous tourner vers nous, africains. La demande chez nous est supérieure à l’offre et nous ne travaillons pas. Aidez-nous