Économie
07:49 25 janvier 2020

Retour du balancier dans le résidentiel neuf à Québec en 2020

Retour du balancier dans le résidentiel neuf à Québec en 2020
Le phénomène de densification dans les centres urbains favorise la construction d’immeubles à logements multiples autant locatifs qu’en copropriétés. (Photo Métro Média – Archives)

PRÉVISIONS. Après une année plus performante que prévu, la région de Québec doit s’attendre à léger repli des mises en chantier résidentielles pour l’année 2020.

Selon une récente étude sur les perspectives économiques, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) anticipe 4485 mises en chantier dans la capitale au cours des 12 prochains mois. Il s’agit d’un recul de 5% par rapport à 2019.

La baisse d’activité devrait se manifester dans tous les segments de marché. En effet, on prévoit l’ajout de 665 résidences unifamiliales détachées (-5%), de 420 maisons jumelées ou en rangée (-13%) et de 3400 logements locatifs ou en copropriété (-4%).

D’après les projections statistiques de l’APCHQ, seulement quatre régions du Québec devraient connaître une croissance de la construction résidentielle l’an prochain. Celle de l’Abitibi-Témiscamingue arrive en tête, avec une hausse des mises en chantier anticipée de 13%. Lanaudière (+5%), Laval (+4%) et la Mauricie (+2%) sont les autres où on observera une augmentation de l’activité de construction.

«Avec des investissements annuels de 29G$, représentant 7% du PIB du Québec, le secteur de la construction et de la rénovation résidentielles reste un catalyseur économique pour toutes nos régions. Il crée 172 000 emplois directs de qualité et génère des retombées économiques pour les industries connexes», commente Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’APCHQ.

Bilan provincial

Les taux d’intérêt avantageux, la forte création d’emploi, l’amélioration du solde migratoire, le niveau de confiance élevé des consommateurs et le nouvel Incitatif à l’achat d’une première propriété se sont conjugués pour créer un contexte favorable à l’activité dans le secteur de la construction et de la rénovation résidentielles. Ainsi, pour 2019, l’APCHQ estime la compilation provinciale à plus de 50 000 mises en chantier, soit une hausse de 7% sur 2018. Pour 2020, elle anticipe 48 500 mises en chantier, soit une légère baisse de 3% sur 2019.

Parmi les faits notoires, on remarque que la construction de logements destinés au marché locatif est actuellement en pleine ébullition. Ainsi, pour les neuf premiers mois de 2019, la production locative a progressé de 33%. Par ailleurs, les mises en chantier de copropriétés connaissent un regain dans la province où elles représentent le quart de l’ensemble des mises en chantier. Celles-ci devraient grimper de 23% pour atteindre 12 319 nouvelles unités en 2020.

«La réduction de la taille des ménages, l’abordabilité et le changement des préférences sont les principaux facteurs qui expliquent la hausse importante de popularité de la copropriété chez les acheteurs depuis deux décennies. Du côté de l’offre, la plupart des villes privilégient une augmentation de la densité, ce qui favorise également la construction d’habitations en copropriété. Ces facteurs constituent une tendance de fond qui n’est pas près de s’estomper», observe M. Cardinal.

Croissance en rénovation

Au cours des dernières années, les investissements en rénovation résidentielle ont connu une progression continue, notamment grâce à certains programmes destinés à soutenir la rénovation résidentielle. En 2019, l’APCHQ prévoit une hausse de 4% des investissements en rénovation au Québec, qui atteindront alors 14,7G$. En 2020, l’augmentation sera de 2%, ce qui permettra d’atteindre pour la première fois le seuil des 15G$ d’investissements en rénovation résidentielle.

«Depuis une quinzaine d’années maintenant, il se dépense plus d’argent en rénovation résidentielle qu’en construction neuve au Québec. Par exemple, en 2018, l’investissement en rénovation a totalisé 14,4G$ comparativement à des investissements de 10,2G$ pour la nouvelle construction. L’écart ne peut que se creuser avec le temps, au fur et à mesure que le parc d’immeubles résidentiels québécois grandit et vieillit», conclut M. Cardinal.

Québec Hebdo

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