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09:40 22 décembre 2019 | mise à jour le: 20 décembre 2019 à 14:18 temps de lecture: 5 minutes

Coups de hache à venir dans le patrimoine religieux de Québec

Coups de hache à venir dans le patrimoine religieux de Québec
Photo: (Photo Métro Média - Perrine Gruson)

PAROISSES. En ce temps de Noël, fête d’origine chrétienne, Métro Média a recensé l’actualité de trois églises bien connues du paysage de la Capitale, qu’on ne pourra bientôt plus qu’imaginer en contemplant le quartier. Une dernière église, celle de Saint-Jean-Baptiste, devrait quant à elle bénéficier d’un destin plus clément puisqu’un projet de conversion en locaux pour l’école adjacente devrait voir le jour prochainement.

L’église du Très-Saint-Sacrement sur la sellette

L’église a été mise en vente il y a plus d’un an. «Il y a eu deux appels d’offres [pour la vente]. Des groupes ont été rencontrés. On a pu émettre des souhaits par rapport au projet qui va s’y implanter. La laisser dans cet état, peu importe qui l’achète, même si c’est la paroisse qui la garde encore pendant des mois ou des années, il faut avoir les reins solides. C’est beaucoup de sous, l’église a un niveau de détérioration très avancée et il faut l’entretenir et la chauffer», explique Georges Michel Parent, directeur administratif de l’église du Très-Saint-Sacrement.

Le projet qui devrait voir le jour ne conservera pas le bâtiment actuel. «Par contre, le projet s’intègrera dans son environnement. On veille à ce que le projet de remplacement soit harmonieux pour le quartier et qu’il respecte le gabarit. Ce ne sera pas une verrue», fait valoir le directeur.

La Ville sera nécessairement impliquée puisque l’édifice est sous la juridiction de la Commission d’urbanisme municipale.  «Une réflexion est toujours en cours concernant son avenir. Aucun permis de démolition n’a été délivré par la Ville de Québec», a fait savoir le porte-parole de la Ville de Québec, David O’ Brien. En mars 2018, le maire de Québec Régis Labeaume avait indiqué qu’il ne comptait pas sauver l’église.

Un regroupement de citoyens s’est récemment organisé pour sauvegarder l’église. Intitulé SOS St-Sacrement, le groupe compte comme appui le conseiller municipal indépendant Yvon Bussières, qui a demandé plusieurs fois à la Ville d’agir pour l’église. Il a fait d’ailleurs partie de la manifestation pour la sauvegarde du bâtiment religieux le 8 décembre dernier.

En revanche, la paroisse a dû demander récemment un permis à la Ville de Québec pour sécuriser encore davantage le périmètre. «Il va y avoir de l’activité autour de l’église, probablement dès la deuxième semaine de janvier. La cheminée à l’arrière devra être sécurisée, les contreforts arrière également, afin qu’ils restent stables. Le bois qui entoure une rosace, du côté de la côte Saint-Sacrement, devra également être renforcé et le clocher est, on va devoir s’en occuper», a résumé M. Parent.

L’église du Très-Saint-Sacrement a été fermée fin juillet 2019 pour des raisons de sécurité. Une dernière messe y a été célébrée le 1er septembre dernier. L’église a été construite en 1920 et ouverte en 1924 et elle ne fait pas partie des églises qui bénéficient de l’enveloppe d’aide financière accordée par la Ville de Québec pour huit églises de son territoire, qui lui reconnaît cependant une valeur patrimoniale «supérieure».

L’église Saint-François d’Assise démolie

L’église Saint-François d’Assise fera bientôt place à un projet de condominiums. Le promoteur du groupe Acero, propriétaire de l’édifice religieux de Limoilou a obtenu un permis de démolition. Celle-ci a donc commencé le 18 décembre dernier. Le projet Hedley sera résidentiel mixte, que le promoteur vante ainsi sur son site internet «avec station de Tramway».

L’église limouloise, fermée depuis 2012, est inventoriée au patrimoine gouvernemental.

Église Saint-Sauveur : clocher toujours à terre

Le clocher, symbole du quartier Saint-Sauveur et de la rue Marie-de-l’Incarnation, se trouve toujours sur le parvis de l’église, où il va passer son troisième hiver. «Il n’y a toujours pas de plan pour le clocher», exprime Valérie Roberge-Dion, directrice des communications pour l’Église catholique de Québec, même si elle précise que ses nouvelles datent d’il y a un mois.  Au moment d’écrire ces lignes, le curé de la paroisse n’avait pas retourné nos appels.

La Société d’histoire de Québec (SHQ) a récemment dénoncé l’inaction des parties dans ce dossier. «La SHQ demande que des moyens soient mis en oeuvre pour protéger l’ancien clocher et qu’une solution soit finalement adoptée pour redonner à l’église au moins une partie du lustre qu’elle a perdu en 2017», a fait savoir l’organisme par voie de communiqué.

Le clocher avait été érigé en 1892. Il a été démonté à l’automne 2017. Ces travaux de démantèlement avaient coûté autour de 825 000 $.

L’église Saint-Jean-Baptiste : une conversion au profit de la communauté

L’église Saint-Jean-Baptiste devrait éventuellement faire profiter l’école primaire adjacente, si le gouvernement fédéral allonge une somme pour concrétiser le projet. Une conversion des espaces au profit des activités de l’école a été demandée et appuyée par la Ville de Québec.

Plusieurs idées d’un élève de 6e année de l’école primaire Saint-Jean-Baptiste ont été retenues. Lionel Bernatchez avait gagné un concours oratoire en 2018 dans lequel l’église et son parvis devenaient des espaces de récréation, une scène ou encore une cafétéria.

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