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13:36 12 décembre 2019 | mise à jour le: 12 décembre 2019 à 13:36 temps de lecture: 4 minutes

Incinérateur: la fin de la station de traitement des boues

Incinérateur: la fin de la station de traitement des boues
Photo: (Photo Métro Média - Jean Carrier)

ENVIRONNEMENT. Si une visite de l’incinérateur à déchets de la Ville de Québec est impressionnante, la station de traitement des boues qui est dans la même bâtisse l’est également, mais pour des raisons différentes. La puanteur qui règne dans la section de l’édifice qui s’occupe de traiter entre autres les excréments de la population est difficile à décrire. Le terme nauséabond n’est pas assez fort pour décrire l’odeur pestilentielle qui se dégage.    

«Les ouvriers ne sont pas obligés de porter un masque, mais beaucoup le font. Cependant, lunettes pour les yeux et gants sont obligatoires en tout temps. On s’habitue quand même assez rapidement à l’odeur. Malgré toutes les précautions qui sont prises, un nouvel employé est toujours victime d’une gastro-entérite dans les premières semaines de travail chez nous. Cela fait toujours rire les employés d’expérience, j’imagine que c’est une façon pour le corps humain de s’adapter à cet environnement unique», certifie le directeur de la division valorisation énergétique de la Ville de Québec, Daniel Munger.

L’arrivée de la boue à l’usine se fait par tuyaux. Elle est constituée de 95% d’eau et la première étape consiste à passer la matière à travers des rouleaux qui agissent comme filtre. Cette étape permet à la boue de se solidifier. «La boue devient solide à 25%, c’est un peu comme du ketchup à cette étape. Par la suite, elle est envoyée dans des séchoirs qui solidifient la boue à environ 95%. Une fois cette étape faite, la matière solide est envoyée à l’incinérateur pour terminer le cycle.»

Nouveau projet

Dès l’année 2022, la station des boues cessera ses activités pour faire place au projet global de Centre de biométhanisation de l’agglomération de Québec (CBAQ). Le projet est constitué de deux entités. «Le Centre de biométhanisation de la matière organique (CBMO) sera situé dans le port de Québec alors que le Centre de récupération de la matière organique (CRMO) sera construit à côté de l’incinérateur dans une bâtisse de 55 000 pieds carrés.»

La boue est essorée afin de devenir solide. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

Objectif 2030

Afin de respecter le dernier objectif environnemental, l’incinérateur doit devenir carboneutre pour l’an 2030. Un objectif ambitieux, mais qui peut être atteint selon M. Munger. «La clé est de réduire le volume de déchets et avec l’arrivée du CBAQ, cela devrait donner un grand coup de main. Les déchets organiques représentent un pourcentage important de la totalité des déchets d’un ménage. Je ne peux pas promettre que l’objectif sera atteint, mais je pense que c’est possible. Je sais une chose, c’est que l’enfouissement des déchets n’est pas la solution à ce problème comme certaines personnes le suggèrent. Nous produisons 280 000 tonnes de déchets par année, c’est la grosseur de deux fois le Centre Vidéotron, ce n’est pas plausible. D’ailleurs, les sites d’enfouissement sont des bombes à retardement. En plus de l’odeur qui est un problème, les déchets vont refaire surface à un moment donné et c’est déjà un problème dans certains sites.»

Pour en savoir plus sur la biométhanisation: https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/matieres-residuelles/valorisation_matieres_organiques/  

 

Un séchoir pour la boue. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

 

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