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09:59 11 décembre 2019

Visite à l’incinérateur de Québec: un potentiel d’énergie à utiliser

Visite à l’incinérateur de Québec: un potentiel d’énergie à utiliser
Photo: (Photo Métro Média - Jean Carrier)

ENVIRONNEMENT. L’incinérateur à déchets de la Ville de Québec a une réputation peu enviable en matière d’environnement et joue souvent une figure de mal-aimé auprès de la population. Pour le directeur de la division valorisation énergétique de la Ville de Québec, Daniel Munger, la réputation de pollueur de l’incinérateur dépend essentiellement de la population elle-même.

«À la base, ce qui sort de nos cheminées dépend de ce qui nous est apporté comme déchets. Si les gens faisaient attention à ce qu’ils placent dans les poubelles, je garantis qu’il y aurait moins de pollution et qu’il serait plus facile de respecter les normes environnementales. Nous sommes une véritable cour à scrap, on trouve de tout ici», mentionne celui qui est en place depuis 2015, année où la Ville de Québec a repris la gestion de l’incinérateur.

Batteries, produits électroniques, tubes fluorescents, les déchets contiennent beaucoup de matériaux qui ne devraient pas s’y trouver. «Il n’y a pas de tri pour les poubelles. Tant qu’il n’y aura pas d’amendes distribués aux citoyens qui placent n’importe quoi dans les déchets domestiques, comme c’est le cas dans certains pays d’Europe comme l’Allemagne, la situation va demeurer difficile. J’ai déjà trouvé une tondeuse, je ne compte plus le nombre de bonbonnes au propane qu’on retrouve et un bain est resté pris dans notre système et a stoppé la production. Oui, j’ai bien mentionné un bain», s’exclame l’homme de 59 ans, qui ajoute que plus rien ne le surprend.

Comment fonctionne l’incinérateur à déchets

Les camions de vidanges passent par un poste de pesée et de détection radiologique avant d’aller déposer leur cargaison dans la fosse à déchets. Un immense grappin (un opérateur à la salle des contrôles fait fonctionner le grappin en tout temps) vient prendre les déchets pour les amener dans la trémie d’alimentation. Amenés par un pont roulant, les déchets sont amenés sur les grilles d’incinération. Il y a quatre fours différents pour brûler les déchets à plus de 1000 degrés Celsius.

Une source d’énergie inexploitée

L’action d’incinérer les déchets crée de la vapeur. Cette vapeur est une source d’énergie importante qui est utilisée. Cependant, environ 40% de cette énergie est gaspillée. «Nous utilisons 20% de l’énergie créée par la vapeur dans l’usine et nous en vendons 40% à nos voisins de l’usine de Stadacona de pâtes et papiers White Burch et également à l’usine de Glassine. Le reste n’est malheureusement pas utilisé. Il y a tellement de potentiel qu’on pourrait faire avec cela. On pourrait facilement fournir de l’énergie à 10 000 maisons. Quand nous avons des confrères européens qui viennent visiter nos installations, ils mentionnent qu’ils seraient en prison en Europe pour gaspiller autant d’énergie.»

Depuis la visite à l’incinérateur, un important projet de partenariat entre celui-ci et l’hôpital de l’Enfant-Jésus (CHU) a été annoncé. Une conduite souterraine de 2,2 km sera construite entre les deux installations ce qui permettra à l’hôpital de profiter des surplus de vapeur de l’incinérateur. L’énergie de la vapeur permettra de répondre aux besoins de l’hôpital en chauffage et en climatisation.

Fort heureusement, la grande majorité du gaspillage provient de la vapeur. Ce qui n’est pas brûlé par les fours qu’on appelle les cendres de grille ou la matière imbrûlée est récupérée. Les cendres de grille sont généralement du métal, du sable et de la vitre. Une compagnie vient chercher cette matière pour en récupérer les métaux.

Pour récupérer les cendres de grille, l’usine utilise de l’eau pour refroidir la matière. Ce procédé crée des cendres volantes, qui est une matière dangereuse. Cette matière dangereuse est également récupérée alors que la compagnie Stablex, spécialisée dans les résidus résidentiels, traite cette matière pour la transformer en ciment.

Pollution et chiffres

La majeure partie de ce qui est brûlé doit ressortir quelque part et c’est par la cheminée de l’usine que la fumée s’échappe. Même après être passé par l’électrofiltre et le dépoussiéreur à manches, il arrive que la fumée de l’incinérateur ne réponde pas aux normes environnementales. Ce fut le cas en 2018 alors que le taux de monoxyde de carbone était deux fois plus élevé que la norme prescrite. La réponse de la Ville est l’installation de brûleurs au gaz qui sont supposés régler ce problème. «Une fois que tous les brûleurs seront installés sur les quatre fours, le problème sera réglé, mais je mentionne encore que si les gens respectaient ce qu’il faut mettre dans les déchets, il n’y aurait pas de problème avec ce qu’on rejette», termine celui qui mentionne qu’il y a une surveillance continue des émissions atmosphériques.

L’incinérateur traite environ 280 000 tonnes de déchets par année. Dans les plus grosses journées, c’est près de 1000 tonnes de déchets par jour qui peuvent être traitées. Il y a plus de déchets l’été alors que le mois de mai est le plus occupé avec 25 000 tonnes. L’hiver est une période plus tranquille alors que le mois de

 

 

 

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