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09:48 27 avril 2019

Prévention des inondations : Québec ne doit pas revoir à la baisse sa loi sur les milieux humides

Prévention des inondations : Québec ne doit pas revoir à la baisse sa loi sur les milieux humides
La rivière Saint-Charles en ce matin du 27 avril 2019. (Photo Métro Média - Alain Couillard)

Face aux inondations majeures qui frappent à répétition, Nature Québec demande au ministre de l’Environnement et au Gouvernement du Québec d’abandonner officiellement son projet de revoir à la baisse les exigences de la nouvelle Loi sur la conservation des milieux humides et hydriques. Cédant aux pressions du milieu municipal qui y voyait une entrave à son développement, la CAQ avait fait siennes les demandes en ce sens et promis de revoir à la baisse les critères de protection et de compensation pour la perte de ces milieux naturels de grande importance. Il s’agit pourtant d’une toute nouvelle loi qui est en vigueur depuis seulement mars 2018.

Nature Québec rappelle que les bienfaits de cette Loi en matière de prévention des inondations sont explicites dans un dépliant du ministère :

« Plusieurs régions du Québec sont déjà affectées par des inondations de plus ou moins grande récurrence dans les plaines inondables, qui sont en quelque sorte une  – infrastructure naturelle –  pour régulariser les débits des cours d’eau. Avec les changements climatiques, nous devons faire preuve de sagesse et minimiser les interventions qui perturbent les systèmes hydrologiques naturels. À cet égard, développer le réflexe de sauvegarder l’intégrité des cours d’eau, des lacs, des bandes riveraines naturelles, des plaines inondables et des milieux humides doit s’imposer à nous comme une nécessité, afin d’assurer à long terme la sécurité des personnes et des biens, en plus de protéger l’intégrité des écosystèmes. »

Le 12 février dernier, le ministre Benoit Charrette confirmait pourtant l’intention de son gouvernement de réduire les impacts de la Loi sur les milieux humides en milieu rural. Le ministre voulait mieux distinguer les « milieux très densifiés, très urbanisés » des « milieux ruraux ». Il disait vouloir tenir compte davantage de l’écart entre la valeur des terrains en ville et en région plus éloignée.

Christian Simard, directeur de Nature Québec, rappelle  « qu’une révision à la baisse des montants de compensation pour la perte des milieux humides (que ce soit en milieu urbain ou rural) va avoir un effet incitatif favorisant leur destruction, l’étalement urbain et la destruction de milieux humides et hydriques, incluant les zones inondables. Ces milieux sont essentiels pour épurer les eaux et servir d’éponge et de zone tampon lors d’inondations. »

Tout en déplorant les inondations extrêmes qui touchent actuellement le Québec,

Nature Québec se rassure de voir un nouveau discours émerger. On semble de plus en plus accepter le fait de ne plus construire dans des zones inondables, de restaurer celles qui ont été artificialisées et de favoriser la relocalisation des communautés à risque.

L’organisme en appelle toutefois à la cohérence. « Revoir à la baisse les exigences de la Loi enverrait un message très négatif et totalement contradictoire avec les propos tenus récemment en faveur de la prévention. On demande au milieu municipal de cesser de faire pression sur le gouvernement pour un assouplissement de la Loi sur les milieux humides et au gouvernement de résister à tout lobby d’arrière-garde », termine M. Simard.

 

Source : Nature Québec

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