Quebec Hebdo
12:30 9 mars 2019

L’amour en 2019 : Pour le meilleur ou pour le pire?

L’amour en 2019 : Pour le meilleur ou pour le pire?
Selon les deux experts, il ne faut pas confondre amour et passion. Le couple, bien que souvent formé à partir de passion, perdurera dans le temps si la décision de l’amour se développe lorsque la passion s’estompe finalement, après quelques années tout au plus. (Photo – Deposit Photos)

HISTOIRE. L’amour avec un grand A, celui qui fait rêver et que beaucoup aspirent à vivre au moins une fois dans leur vie, a été célébré par beaucoup d’amoureux le 14 février dernier. En attendant la prochaine Saint-Valentin ou en dégustant tout le chocolat reçu cette année, voici un bref historique pour vous replonger dans ce sentiment tant convoité qui a évolué au gré de la société québécoise au cours des dernières décennies. En espérant que vous ne ferez pas partie des statistiques!

Selon Yvon Dallaire, auteur et psychologue spécialisé en couple,  l’amour comme raison du couple est un phénomène assez récent dans l’histoire de l’humanité. Au moment où la religion dictait les normes à suivre, on se mariait non par amour, mais plutôt pour survivre et pour subvenir à ses besoins vitaux. Toutefois, l’amour a pris le dessus au sein des relations et les manifestations d’affection se sont démocratisées.

«Avant, on se mariait pour la vie, alors que depuis la Révolution tranquille, le mouvement hippie, l’arrivée de la pilule contraceptive et l’émancipation des femmes, la société est devenue beaucoup plus permissive», explique le psychologue qui a été témoin, dans l’exercice de sa profession, de ces mutations progressives.

Reproduire ce que l’on a vu, ce que l’on a lu

De son côté, Michel Dorais, professeur en sociologie à l’Université Laval, pointe la littérature et le cinéma comme des causes de la recherche de l’amour au sein du couple. Pour lui, dans plusieurs strates de la société, à l’exception des classes bourgeoises, les hommes et les femmes ne cherchaient pas à s’aimer. «L’important, pour la vaste majorité, c’était de trouver une mère qui soit capable de donner des enfants et un père travaillant qui ne tomberait pas malade. Autrement dit, on pensait à la survie et quand on est en mode survie on n’a pas le temps de penser à l’amour», raconte-t-il.

Or, quand les romans d’amour sont devenus populaires et que les gens avaient les moyens de s’en acheter, ils ont pris connaissance de l’érotisme et ont rapidement voulu le reproduire. L’arrivée du cinéma, dans les années 1920, a aussi contribué à accentuer ce désir d’aimer et d’être aimé.

(Photo – Deposit Photo)

Une infinité de prétendants et d’expériences

De la répression à l’émancipation, l’amour a connu bien d’autres bouleversements depuis le milieu des années 1960. La révolution sexuelle de l’après-guerre a en effet entraîné une libéralisation des mœurs sexuelles, clouant pour de bon le puritanisme dans son cercueil. Puis, quelque temps plus tard, les sociétés ont été appelées à légiférer sur cette sexualité de plus en plus omniprésente.

Comme un balancier, le tournant des années 2000 a été marqué par l’hypersexualisation, ainsi que par l’avènement d’Internet et des sites de rencontre. Si on trouvait autrefois l’amour dans les rues avoisinantes, il peut désormais se trouver aux quatre coins du monde, avec l’explosion géographique de cercles sociaux quasiment infinis. L’heure est donc à l’expérimentation plutôt qu’à la stabilité conjugale.

«Les jeunes sont plus difficiles maintenant et ce n’est pas pour rien qu’il y a plus de célibataires qu’il n’y en n’a jamais eu. Plus de la moitié de l’humanité nous attend, alors pourquoi rester avec une même personne qui a des défauts?», se questionne le sociologue Michel Dorais.

D’ailleurs, il y a quelques décennies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait l’année médiane des divorces à 7 ans et demi, tandis qu’en 2019, plus de 50% des couples auraient retiré leurs alliances avant que leur mariage ne fête ses 4 ans et demi. «Les jeunes se mettent beaucoup plus rapidement en couple, mais divorcent à la première crise et passent au prochain numéro», précise M. Dallaire.

Néanmoins, ce dernier, qui travaille auprès de couples, ne peut s’empêcher de penser que l’amour n’est pas mort. «Le couple connaît une crise d’adolescence. Le couple traditionnel va continuer d’exister, même si le modèle change un peu, avec des femmes qui s’impliquent davantage professionnellement». Bonne nouvelle, Céline Dion peut donc continuer de chanter que l’amour existe encore!

Sitôt mariés, sitôt divorcés

Dans les années 1960, on estime que 5% des couples québécois mariés arrivaient au divorce. Graduellement, le Québec est devenu la province avec le taux de divorces le plus élevé au pays, tout en étant celle, dans le monde entier, où l’on compte le moins de mariages. On se marierait aujourd’hui après l’arrivée d’un enfant, aux alentours de 32 ans, au lieu de le faire comme jadis, à 20 ans.

 

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