L'Autre Voix
07:49 5 avril 2022 | mise à jour le: 5 avril 2022 à 09:53 Temps de lecture: 5 minutes

Immigrer sur la Côte-de-Beaupré

Photo: Photo gracieusetéEn 2013, lors de lors venue en famille, ils se sont dit qu’ils aimeraient habiter ici, mais l’hiver les a freinés dans leur élan.
Photo: Métro Média Julie Rose VézinaL’an dernier, il y a eu 50 projets d’attentat en France dont 36 ont été déjoués et 14 qui ont eu lieu. S’éloigner de tout ça a aussi pesé dans la balance pour le couple Hougard.
Photo: Métro Média Julie Rose VézinaIci la conduite est beaucoup moins agressive qu’en France, on est plus patient et ça klaxonne beaucoup moins, selon le couple.
Photo: Métro Média Julie Rose Vézina
Photo: Métro Média Julie Rose Vézina
Photo: Photo gracieuseté

La famille Hougard a quitté la France pour venir s’installer à Saint-Joachim, juste avant la pandémie. Un choix qu’elle ne regrette pas.

Delphine et Pascal Hougard viennent de Nantes, en France, une ville située au sud de la Bretagne. «Ça faisait une dizaine d’années qu’on venait souvent aux États-Unis en vacances l’été et on était venus au Québec en 2013», raconte Pascal.

Delphine, elle, était venue pour la première fois à l’âge de 14 ans lors d’un échange scolaire où elle avait passé un mois dans une famille en Abitibi-Témiscamingue. «Je suis toujours restée en contact avec les trois sœurs chez qui j’habitais. Deux d’entre elles habitent maintenant à Lévis, donc on se voit assez souvent», explique-t-elle.

Le couple, ensemble depuis 15 ans, aimait la culture nord-américaine et son style de vie. En 2019, ils étaient selon leurs mots à un tournant. «On s’est alors dit que si on avait envie de changer de vie, c’était maintenant, pas dans 10 ans.»

Pascal possédait à l’époque trois restaurants, alors que Delphine travaillait dans des compagnies d’assurances. «On cherchait une vie plus paisible, dans la nature et on souhaitait pouvoir passer plus de temps ensemble», exprime Delphine.

Ils ont donc mis en vente les restos et, ensuite, ils ont regardé leurs options. «On a choisi le Québec parce qu’il est plus proche de notre culture, de notre langue et qu’on y avait déjà des amis. En cherchant sur internet, on est tombés sur les chalets du cap, sept chalets, sur une quinzaine d’hectares à Saint-Joachim, dont le proprio cherchait une éventuelle succession.»

«Notre choix de vie ne correspond pas à tout le monde. Nous on en avait envie. On s’était dit: si ça ne va pas, on rentrera en France, mais au moins on aura essayé. Finalement, on a trouvé notre équilibre et on n’a pas du tout l’intention de rentrer.»

Pascal Hougard

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En France, le Québec fait beaucoup rêver, selon eux. «Les médias en parlent beaucoup. Il y a souvent des reportages sur la qualité de vie au Québec et les Français qui y vivent. On y parle de l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. En France, chaque minute de travail doit être hyper productive. On a plus de vacances, mais on n’en profite pas tant que ça», expose Pascal.

Le couple considère que, depuis leur arrivée, la tranquillité de leur milieu de vie alliée à la proximité de la ville de Québec correspond exactement à ce qu’ils recherchaient. «On a vite rencontré les parents des élèves de l’école de notre fils et on s’est rapidement intégrés avec les gens du village, ç’a été très facile. Les Français de Saint-Joachim, c’est nous!», exprime le couple qui est arrivé seulement 10 jours avant la fermeture des frontières, en mars 2020.

Leur fils Zacharie a vite pris le rythme et l’accent en se faisant des amis. Il est maintenant inscrit au hockey études à l’école secondaire du Mont-Sainte-Anne. «Ici, il aime l’école. En France les journées d’enseignement sont plus longues, il y a beaucoup de théorie, très peu de sport, c’est très rigide. Tout est plus personnalisé dans le système scolaire québécois», constate la maman.

Immigrer ça veut aussi dire tout recommencer, ouvrir des comptes en banque, trouver de l’information, etc. «Ce n’est pas évident, mais on a eu beaucoup d’aide en faisant nos démarches. Les gens ont été hyper patients avec nous. On était en pleine pandémie, on a dû faire tout plus lentement, revoir nos priorités. On a eu beaucoup de chance malgré tout.»

Si l’hiver les a rebutés au départ, ils ont appris à l’aimer et à en profiter. «On a le Massif, le Mont-Sainte-Anne, des patinoires extérieures. Et revenir à la maison, regarder la neige, c’est chaleureux, agréable et apaisant», note Delphine. «Il n’y avait aucune neige à Nantes. Quand on est arrivés, il y avait 1,50 mètre de neige!», explique Pascal en riant.

Le couple avoue qu’il n’avait pas vraiment évalué le potentiel de faire de l’argent avec les chalets avant de se lancer dans l’aventure. «On a plus regardé le côté style de vie que l’on recherchait et finalement on s’aperçoit qu’on est super bien situés et que l’on a une très bonne clientèle.»

Les Chalets sur le Cap sont loués à la nuit à l’année.

www.leschaletsurlecap.com

«Il y a beaucoup plus d’opportunités ici pour devenir entrepreneur. Aussi, le rapport avec l’échec est bien différent. Ici ça passe comme une expérience, alors qu’en France tu es marqué au fer rouge toute ta vie si ça ne marche pas.»

Delphine Hougard

 

 

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