Société
20:50 21 avril 2015

20e anniversaire du départ des Nordiques : engouement perpétuel pour les produits souvenirs

NOSTALGIE. Même 20 ans après le départ déchirant de son équipe de hockey professionnel, partie remporter la Coupe Stanley à Denver au Colorado, la région de la Capitale n’a pas fait son deuil des Nordiques de Québec. La preuve en est la popularité impérissable des divers souvenirs et objets du quotidien à l’effigie de la défunte formation de la Ligue nationale de hockey.

Certes, la nostalgie du départ et le rêve d’un retour contribuent à exacerber l’intérêt autour des Nordiques de Québec. Benoît Doyon, propriétaire de la boutique L’Imaginaire à Laurier Québec, constate l’évolution de cet engouement au fil des ans. «Après un pic rattaché au départ de l’équipe, il y a eu une phase de déception. Puis, observe-t-il, on a senti un regain de popularité du hockey en général, après la grève du milieu des années 2000. Suivi d’une vague d’espoir à la faveur du retour des Jets de Winnipeg en provenance d’Atlanta. Les gens y croient plus que jamais.»

Flairant l’occasion d’attirer les clients, les commerces spécialisés en articles de sports de Québec proposent tous des produits aux couleurs Nordiques. Il s’agit d’un incontournable très recherché par les amateurs. Certaines boutiques en tirent une partie importante de leur chiffre d’affaires. «Ça peut représenter 15% de nos ventes. À certaines périodes très effervescentes, comme la Marche bleue visant à démontrer l’intérêt de la région pour le hockey professionnel et la récente incertitude entourant l’avenir des Coyotes de Pheonix, les articles promotionnels de l’ancienne bande des Tardif, Stastny et Sakic constituaient jusqu’à 50% de tout ce qui sortait du magasin», témoigne Marcel Léo, propriétaire de Pulsion Sport aux Galeries de la Capitale.

Pas une journée ne passe sans enregistrer une vente. Il faut dire que les fervents du logo devenu propriété de la LNH ont de quoi satisfaire leurs moindres exigences. En plus des nombreuses casquettes, gilets et tuques à l’effigie des Nordiques, on retrouve aussi des articles roses pour femmes et des vêtements pour futurs partisans nouveau-nés. Il est même possible de meubler une chambre ou un sous-sol avec des accessoires décoratifs tels gobelets, serviettes, tapis, drapeaux, coussins, luminaires, literie, etc.

«C’est sûr que les fournisseurs profitent de la nostalgie pour combler principalement les gens de 35 ans et plus, qui ont connu et appuyé l’équipe alors qu’elle faisait vibrer le Colisée de Québec. Néanmoins, l’industrie s’adapte et varie son offre. Juste en casquettes, nous avons plus vingtaine de modèles. Celles à palette droite sont actuellement très appréciées des jeunes qui affichent le style Yo des rappeurs», note Guillaume Vallejo, gérant de la boutique Lids spécialisée en casquettes aux Galeries de la Capitale.

Partisanerie élargie

Les commerçants consultés constatent que l’intérêt pour les souvenirs des Nordiques s’avère répandue sur plusieurs générations. «On voit des jeunes qui veulent faire une surprise à leurs parents, Parfois, on fait plaisir à des nostalgiques d’ici qui ont quitté la région», remarque M. Léo de Pulsion Sport. Les touristes sont également nombreux à se rappeler de cette ancienne équipe de la LNH. Ainsi, autant les résidents locaux que les étrangers de passage n’hésitent pas à déplier quelques dollars ou sortir la carte de crédit pour s’approprier un produit arborant le grand «N» rouge de l’équipe qui a fermé les livres au printemps 1995.

«Dans notre boutique du Vieux-Québec, on peut évaluer à 70% la proportion de la clientèle touristique. Tous ne connaissent pas le hockey, mais le logo des Nordiques suscite la sympathie des visiteurs provenant du Canada anglais, des États-Unis, de la France, de la Suisse et des pays scandinaves. Le sport est une affaire d’émotions et la présence d’un présentoir de nos produits Nordiques et Canadiens témoigne de leur grande popularité auprès de clients. Si ça ne rapportait pas autant, on ne leur consacrerait pas une place aussi névralgique», indique François Vallerand, gérant adjoint chez Logo Sport, précisant que cette ferveur permet d’offrir une diversité d’autres produits.

En considérant la courte épopée des Bulldogs de Québec, qui ont remporté le précieux trophée de la LNH au début du siècle dernier, la présence des Nordiques de Québec de 1972 à 1995 constitue le second chapitre d’une histoire qui pourrait bien en ouvrir un autre dans un avenir prochain. Jamais deux sans trois, dit l’adage. «L’espoir en ce sens n’a jamais été aussi vivant, surtout avec l’inauguration à l’automne du nouvel amphithéâtre multifonctionnel. Il est facile d’imaginer le sentiment de fierté et le désir de s’identifier à la nouvelle équipe professionnelle lorsqu’elle sera de retour», convient M. Doyon de L’Imaginaire, qui a prévu des stocks pour faire face la prochaine vague bleue.

*Lire aussi les précédents textes de la même série :

Rencontre avec le d.g. des Nordiques Maurice Filion

L’histoire d’une passion pour le hockey

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