Société
16:25 14 avril 2015

30 ans d’accompagnement en fin de vie à la Maison Michel-Sarrazin

SANTÉ. Pionnière au Québec en matière de soins palliatifs offerts aux personnes en fin de vie, la Maison Michel-Sarrazin a non seulement servi de bougie d’allumage pour plusieurs autres projets du genre, mais elle a aussi été à l’origine d’une véritable révolution sociale dans l’approche de la mort en dehors des centres hospitaliers.

À une époque où la «modernité» des années 1970 voulait qu’on ne meure plus chez soi entouré des siens, la Maison Michel-Sarrazin propose un concept inédit qui allait à contrecourant. L’idée a germé dans la tête des docteurs Jean-Louis Bonenfant et Louis Dionne, en collaboration avec la conjointe de ce dernier, Claudette Gagnon-Dionne. Elle s’inspire d’une visite effectuée à l’Hospice St.Christopher de Londres, au Royaume-Uni berceau mondial des soins palliatifs contemporains.

Il aura fallu plus d’une décennie de démarches persuasives et de pourparlers avec les autorités gouvernementales, pour implanter ce centre palliatif précurseur dans la Capitale. Le choix du site parmi une soixantaine de propositions a aussi fait l’objet d’une intense réflexion. C’est finalement en 1985 qu’on a décidé de construire un bâtiment neuf sur une parcelle de terrain voisin du Domaine Cataraqui, sur le chemin Saint-Louis. Depuis 30 ans, la Maison Michel Sarrazin y accompagne gracieusement les personnes atteintes d’un cancer incurable et leur famille dans la dignité jusqu’à la fin.

«C’est à force de conviction que nous avons réuni collaborateurs et donateurs autour de notre projet basé sur la notion de mourir accompagné. Il s’agit d’une question de respect et de réconfort pour les gens atteints d’une maladie dégénérative en phase terminale. Quatre défis ont dû être relevés afin de faire évoluer les consciences en santé sur la nécessité de développer les soins palliatifs en parallèle des hôpitaux, sur les plans faisabilité, financement, apprentissage et organisation», se remémore Dr Louis Dionne.

Modèle et inspiration

C’est en avril 1985 que la Maison Michel-Sarrazin accueillait en ses murs sa patiente initiale. Le mois d’avril 2015 marque donc le 30e anniversaire de la première maison de soins palliatifs du monde francophone. Ce mini hôpital privé à but non lucratif de 15 chambres a servi de modèle à une trentaine de projets du genre au Québec, en plus de servir d’inspiration à travers la francophonie. Il a contribué au développement de l’enseignement spécifique en soins palliatifs et de la recherche en oncologie.

«Pour que la Maison poursuive sa mission de soulager et d’accompagner dignement dans la dernière étape de leur vie, des personnes atteintes de cancer recherchant une meilleure qualité de vie, sa Fondation a toujours besoin de dons. Afin de répondre aux besoins financiers exclusifs de l’institution, de son centre de jour, de ses soins à domicile et de son volet de formation continue, il faut amasser plus de 3,5M$ annuellement et 2015 ne fait pas exception», explique son directeur général Dr Michel L’Heureux.

Des activités commémoratives sont prévues pour souligner ses 30 ans d’existence et rappeler que 60% de son financement provient de la philanthropie. Car, même si la médecine progresse, la pertinence du concept demeure entière de nos jours puisque la moitié des patients qui luttent contre un cancer n’y survivent pas. On gagne du temps sur la maladie chronique, sans parvenir à l’éliminer. La Maison Michel-Sarrazin a donc besoin d’appuis perpétuels en vue de poursuivre sa mission humanitaire locale, au-delà des 9000 personnes qui ont bénéficié de ses soins et services depuis les débuts.

Activités commémoratives du 30e

-Déploiement de capsules historiques sur le site www.michel-sarrazin.ca

-Journée Michel-Sarrazin le jeudi 7 mai à Laurier Québec

-Soirée de leaders le 23 septembre chez Capitale Hélicoptère

François Cattapan


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