Société
18:22 22 octobre 2015

La beauté intérieure des fruits et légumes

ALIMENTATION. Ils sont difformes ou bigarrés, mais ils cachent une beauté intérieure qui leur confère toute leur saveur. Emboîtant le pas à l’initiative d’Intermarché en France, voilà que des chaînes d’alimentation locales font de la place aux fruits et légumes imparfaits. Signe que le geste ne va pas de soi dans un marché dominé par les belles apparences, il s’accompagne d’une campagne qui navigue entre sensibilisation et promotion.

«On s’attarde souvent sur l’apparence des fruits et légumes plutôt que sur leur goût. Pourtant, une fois qu’on a pelé ou coupé une pomme de terre, il est impossible de dire si elle était tachée ou déformée», observait Glenn Acton, vice-président Promotions pour les bannières Maxi et Maxi & Cie (Loblaw) au Québec, en mars dernier. Par voie de communiqué, il annonçait alors l’arrivée de la gamme «Naturellement imparfaits» pour les pommes de terre du Québec, auxquelles se sont par la suite ajoutées les pommes.

Pour Loblaw, c’est une façon d’offrir à sa clientèle des produits sains mais moins chers – jusqu’à 30% de rabais par rapport aux prix habituels –, tout en donnant un coup de pouce aux producteurs qui trouvent ainsi un nouveau marché pour les fruits et légumes trop petits ou de formes irrégulières.

Quelques mois après la mise en place de cette nouvelle gamme visant à contrer le gaspillage alimentaire, la directrice principale affaires corporatives et communications, Johanne Héroux, parle d’un succès «au-delà des attentes» auprès des clients. Si bien, ajoute-t-elle, que le programme s’étendra à d’autres variétés de fruits et légumes.

De «naturellement imparfaits» à drôles

Du côté des supermarchés IGA, la saison des récoltes a servi de cadre à leur première campagne «Les drôles de fruits et légumes». Concombres, carottes, tomates, betteraves, poivrons et pommes esthétiquement différents, détaillés eux aussi à 30% de rabais par rapport à leurs compatriotes parfaits, ont ainsi eu droit à leur semaine de gloire dans les circulaires et les étals de la province.

Cela, pour répondre à la demande des consommateurs soucieux de faire des choix responsables en achetant des produits maraîchers moins beaux, locaux, mais tout aussi frais, explique Laurie Fossat, conseillère aux communications pour Sobeys. Encore que la bannière y a consenti à la condition de s’approprier un phénomène qui interpelle l’ensemble des marchés d’alimentation.

«Il y a une tendance, mais on voulait faire ça à notre façon, avec notre vision et nos valeurs», précise la relationniste. Les «drôles de fruits et légumes», offerts dans des formats de vente qui se prêtaient à la confection de smoothies, jus, compotes, soupes, sauces ou marinades, ont ainsi permis d’alimenter un message incitant à cuisiner davantage.

La clientèle a-t-elle été au rendez-vous? «Est-ce que ça fonctionne, est-ce que les gens les ont repérés, est-ce qu’ils les achètent davantage, est-ce que c’est quelque chose qu’ils apprécient, est-ce qu’ils reviennent pour s’en procurer…»: autant de questions qui font présentement l’objet d’une évaluation. En fonction des résultats, «on verra si on renouvelle l’expérience», de conclure Laurie Fossat.

Un mouvement aux racines françaises

La campagne française d’Intermarché axée sur les «fruits et légumes moches» a été lancée au printemps 2014, en pleine «année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire». Avec des slogans comme «La pomme de terre moche, élue Miss purée 2013», l’initiative a connu un vif succès auprès des consommateurs.

Ni Metro ni le Jardin mobile n’ont donné suite à notre demande d’information. Quant à la nouvelle fruiterie Pomme Salade, elle a préféré ne pas se prononcer sur le sujet.

À lire aussi : Lutter contre le gaspillage alimentaire

Québec Hebdo

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