Société
15:04 13 octobre 2014 | mise à jour le: 13 octobre 2014 à 15:04 temps de lecture: 3 minutes

Enseigner autrement selon Guillaume Picard

WENDAKE. Maxime, nom fictif, vient de faire son entrée au secondaire. À 17h, il ouvre ses livres d’école ainsi que son ordinateur. C’est l’heure de sa session Math-Skype avec son enseignant privé. Il lance l’appel avec Skype, un logiciel de communication vidéo à distance. Guillaume Picard répond, l’image s’affiche. Son professeur est prêt à l’aider et voir la matière qui sera présentée en classe au cours des prochaines semaines.

Guillaume Picard fait autrement. Enseignant de profession, il a mis sur pied en 2010 J’aime mon prof, une entreprise proposant un soutien après l’école. Il ne s’agit pas de tutorat traditionnel. Le professionnel, originaire de Wendake et résident du quartier Montcalm, a une vision bien personnelle de l’éducation et de ce qu’elle devrait être. À partir de constats faits pendant ses études au baccalauréat ainsi qu’en classe, il a élaboré une méthode d’enseignement tout comme une approche différente auprès des élèves.

L’aide personnalisée peut prendre diverses formes que ce soit des cours d’été pour apprendre la matière à l’avance, à domicile le soir après l’école ou à distance à l’aide du logiciel Skype. Ses jeunes clients habitent un peu partout en province et il les rencontre à une ou deux reprises à la maison avant d’opter pour la vidéoconférence.

«Je veux voir le milieu de vie, voir s’il y a de la distraction lorsqu’il travaille et de la pression des parents», explique M. Picard. Du coaching auprès des parents est aussi fait pour faciliter l’aide aux devoirs.

L’un de ses objectifs: prendre de l’avance sur la matière vue en classe. Sa stratégie réside également dans son approche avec l’enfant. Il veut que l’élève se sente engagé, seul dans son éducation pour augmenter la responsabilisation.

Après un certain temps dans les livres, il faut bouger. Il n’est pas rare que le jeune quitte sa chaise pour jouer. Certains de ses clients vivent avec des troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), d’autres non. Guillaume Picard soutient que le TDAH est une conséquence au fait que l’on fait asseoir les enfants sur une chaise cinq heures par jour.

Un livre en route

Dès le début de ses études en enseignement, il a été surpris des outils et des démarches proposés aux futurs enseignants. M. Picard a commencé à définir sa propre vision pour ensuite coucher sur papier son projet. Il a construit un site Internet et a lancé son service d’aide aux élèves en difficultés selon sa méthode. Les commentaires étant positifs, il a continué et développé davantage son approche.

L’enseignant prépare un livre lié à l’éducation et à celle de ses ancêtres hurons-wendat. «La scolarisation a changé les mœurs. […] Je ne comprends pas pourquoi on évalue les élèves aussi souvent», fait-il remarquer.

Dans l’œuvre, il compte expliquer pourquoi le système en place n’est pas fonctionnel pour tous les enfants. «Je veux que ce soit un livre inspirant, souhaite-t-il. Mon expérience et mes idées peuvent amener les gens du milieu de l’éducation à réfléchir autrement. L’éducation est en train de se démocratiser. Avec Internet, les enfants peuvent en savoir plus.»

Pour plus d’infos: jaimemonprof.com

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

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