Société
13:46 21 juillet 2014 | mise à jour le: 21 juillet 2014 à 13:46 temps de lecture: 3 minutes

Profession : luthier

LUTHIER. Mario Bouchard est avant tout un passionné. Un passionné de musique, de groupes anglais dont le légendaire The Beatles. Autodidacte, il répare guitares et basses et fabrique des guitares électriques ergonomiques dans son atelier, situé dans l’arrondissement Les Rivières. L’atelier Lutherie M.B. est l’œuvre d’un artisan qui met son savoir au service de l’art.

Adolescent, Mario Bouchard rêvait d’être guitariste. Il écoutait son oncle jouer des airs des Pink Floyd et autres groupes de rock anglais. Au lieu de gratter les cordes, il s’est un jour amusé à démonter son instrument de musique, pour l’étudier. «Je voulais me faire faire une guitare et finalement, c’est moi qui me la suis faite. C’est devenu une passion», explique le luthier.

Autodidacte, il a fait ses propres recherches et observations sur les qualités et les défauts des instruments. Et il s’est tout particulièrement penché sur la guitare électrique. Sous la marque «Les guitares Triskel» pour le côté ancien et mystérieux de ce signe celte, le luthier «crée des instruments versatiles qui permettent de jouer autant du blues, du rock que des ballades. L’idée est d’améliorer l’acoustique et le confort du musicien», décrit-il.

Mais tout cela a un prix. Selon ce professionnel, certains magasins vendent des instruments de mauvaise qualité à un très bas prix. «Mes guitares, elles se vendent à partir de 2500 $. Cela représente au moins 300 h de travail», dit-il.

«Un métier difficile»

Depuis près de 23 ans, l’atelier Lutherie M.B accueille aussi bien des musiciens amateurs que professionnels.

Et le professionnel prévient : «Il s’agit d’un métier difficile. Pour vivre, je dois avoir un revenu d’appoint. À moins d’être luthier pour des personnes très connues, c’est quasi impossible d’en vivre. Je ne fais pas ce métier pour l’argent, mais parce que je l’aime. C’est un beau métier. Pour les jeunes qui veulent se lancer dans la lutherie, je les encourage à jouer à la loterie ou à avoir un autre bon travail pour se backer.»

Mais qu’à cela ne tienne, le luthier confectionne par passion. «Mes guitares sont basées sur un standard normal, un 25,5 pouces comme une Fender. Je fais des instruments qui sont plus confortables, plus équilibrés, plus ergonomiques et plus modernes dans le design. C’est un joli mélange de classicisme, de modernisme et de confort. Lorsqu’un musicien pratique, il peut jouer pendant 3, 4 ou 5 heures de suite. Il faut que ça soit confortable», explique-t-il.

Tourné vers l’avenir

Mario Bouchard a des idées plein la tête. Il travaille déjà sur ses prochains modèles. Ils seront en «juste intonation. Le son sera toujours juste car c’est très agaçant de devoir s’accorder sans cesse. Mes manches seront fabriqués par un sous-traitant et vu la qualité, ils seront excessivement dispendieux. Cette juste intonation, c’est l’avenir des guitares, cela fait 20 ans que j’y pense et là je me lance», dit-il.

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

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