Société
14:45 28 juillet 2014 | mise à jour le: 28 juillet 2014 à 14:45 temps de lecture: 4 minutes

Une forêt nourricière au cœur de la ville

Créer des potagers forestiers dans Québec, voici le projet du comité-citoyen «Au coin de ma rue, Une forêt qui nourrit», fondé en décembre dernier. Dès cet automne, différents arbres, qui permettent de se nourrir, seront plantés dans des jardins collectifs de la Ville, mais aussi au Bois-de-Coulonge. Rencontre avec deux membres du comité citoyen, Pierre Charpentier, pomiculteur et apiculteur; et Caroline Dufour-L’Arrivée, agronome biologiste.

Québec Express : Comment est né ce comité-citoyen?

Pierre Charpentier : J’ai été impliqué dans la promotion d’un film en lien avec les forêts nourricières, «Le verger permaculturel : au-delà du bio» de Stefan Sobkowiak. En proposant la présentation de ce film à Québec le 24 septembre prochain, on a pensé faire suivre une plantation.

Q.E : Justement, qu’allez-vous planter?

Caroline Dufour-L’Arrivée : Une forêt nourricière est un jardin permanent composé de végétaux comestibles. Nous allons planter des arbres fruitiers et des arbres fixateurs d’azote comme le févier d’Amérique, l’arbousier, le robinier, l’olivier d’automne; et des arbres à noix comme le noyer, le noisetier, le chêne. Les plantations débuteront en octobre au Bois-de-Coulonge notamment et à Lotbinière.

Q.E : Vous souhaitez également planter dans les jardins collectifs. Pourquoi cette collaboration ?

C.D-L : Nous voulons soutenir les projets de jardin collectif où les citoyens plantent et se nourrissent. Nous travaillons à ce que ces aménagements s’établissement en milieu urbain. Cela permettrait par exemple la réduction des îlots de chaleur, la diminution des gaz à effet de serre. Cela embellirait le paysage. Parfois, il y a un contexte de désert alimentaire comme dans Vanier ou en Basse-Ville de Québec. Nous aimerions implanter une forêt nourricière le long de la rivière Saint-Charles. Sur le boulevard Marie-de-L’Incarnation, il va y avoir un jardin communautaire, nous souhaiterions également être présents.

Q.E : Achetez-vous tous les plants?

P.C : Au début, oui. En permaculture, on vise le côté durable des choses. On utilise des boutures, le marcottage, le buttage pour la propagation des arbres et arbrisseaux. Il y a un coût initial et par la suite, ce coût est réduit. L’écosystème est autosuffisant.

Q.E : Quels sont vos objectifs?

P.C : Il s’agit de verdir et d’utiliser l’espace pour aménager le maximum de biodiversité comestible. Nous sommes là pour soutenir les conseils de quartier et amener un mieux-être et une meilleure qualité de vie aux citoyens.

C.D-L : Pour réaliser notre projet, nous avons besoin d’avoir accès à des terrains sur du long terme. Un arbre peut mettre 15 ans avant de produire un fruit. Il faut travailler en amont avec les décideurs, avec la Ville de Québec, pour les convaincre des bienfaits de cette forêt pour qu’ils nous lèguent des terrains. Nous travaillons également avec les particuliers pour les encourager à verdir chaque petit espace. Actuellement, nous travaillons beaucoup avec le quartier Saint-Jean-Baptiste. On espère qu’un mouvement citoyen va se créer pour implanter ce verdissement dans d’autres secteurs de la Ville de Québec.

P.C : Un plan d’aménagement de la biodiversité sur les terres publiques est en cours dans l’arrondissement de la Cité-Limoilou. Il sera proposé cet automne aux différents conseils de quartier pour une plantation possible en 2015. Comme nous sommes tributaires de l’espace dont nous disposons, une forêt nourricière peut être seulement composée d’un arbre avec des plantes complémentaires.

C.D-L : Dès que l’on crée un écosystème, on parle de forêt nourricière. On peut aussi parler de potager nourricier. Ce projet permettra de se nourrir de végétaux diversifiés et sains, cultivés localement.

 

Composition d’une forêt nourricière

-La canopée, la partie la plus haute avec des arbres

-Les arbustes avec des noisetiers, des cassiers

-Des plantes herbacées comme la bardane, des fraisiers, de la menthe

-Des plantes cultivées pour leurs racines comme le topinambour

-La culture de champignons

-Des ruches pour le miel

Pour en suivre plus, rendez-vous au www.potagerforestierqc.org. La projection du film «Le verger permaculturel : au-delà du bio» de Stefan Sobkowiak, qui sera suivie d’une discussion, aura lieu le 24 septembre de 19h à 22h au pavillon Desjardins de l’Université Laval.

Le Québec Express, membre du groupe Québec Hebdo

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