Société
11:30 13 novembre 2014 | mise à jour le: 13 novembre 2014 à 11:30 temps de lecture: 3 minutes

Les gardiens de Québec parmi les plus réprimandés

SANCTIONS. Dormir au travail, manque de professionnalisme, abus de confiance, altercation avec des collègues…: ce sont là quelques-uns des motifs qui ont valu des mesures disciplinaires à des agents correctionnels du Centre de détention de Québec en 2013. Parmi les 19 établissements provinciaux, celui-ci remporte la palme du nombre de sanctions imposées.

Selon les chiffres obtenus auprès du ministère de la Justice, 34 cas disciplinaires ont été répertoriés parmi les 393 agents correctionnels du Centre de détention de Québec, soit 10 de moins qu’en 2012. Par tête, cela équivaut à un ratio de 8,7%, le deuxième plus élevé après Amos (16,5%).

«Le nombre [de cas] varie d’une année à l’autre. […] Le stress, la surpopulation carcérale et le nombre d’heures travaillées par les agents augmentent les risques de manquements», explique le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, à TC Media.

Des sanctions à la hauteur des fautes

L’an dernier, à l’établissement carcéral de Québec, les incartades les plus fréquentes relevaient de divers cas de négligence sur le plan de la santé et de la sécurité (surveillance). Les fautifs ont écopé au mieux d’une réprimande, au pire d’une suspension de plus de cinq jours. «La sanction doit être à la hauteur de la faute commise. Chaque cas est étudié pour connaître la nature de l’affaire et quelques fois, il y a des facteurs atténuants si ce n’est pas un geste répétitif», souligne le président du syndicat.

Certains écarts ne pardonnent pas, toutefois. La même année, le ministère de la Justice note deux congédiements au Centre de détention de Québec, l’un pour incapacité, l’autre pour incarcération. Là encore, il surpasse les autres établissements provinciaux alors que seul celui de Montréal compte un congédiement pour des raisons disciplinaires. Mais, contrairement à 2011 et 2012, on ne rapporte à Québec aucune altercation physique ni intoxication.

Encadrement

Des mesures ont été mises en place avec les années pour encadrer ces écarts disciplinaires. Le casier judiciaire de chaque postulant est vérifié pour éviter qu’une personne avec de mauvaises intentions entre dans les prisons. On s’assure aussi que les agents correctionnels reçoivent une formation de travail adéquate.

«La formation à l’école de police est plus complète depuis 2010, dira d’ailleurs Mathieu Lavoie. Nous avons aussi fait de nombreuses représentations au gouvernement pour améliorer la sécurité des agents, mais aussi diminuer les altercations physiques avec les détenus. Un agent est maintenant équipé de poivre de Cayenne, ce qui diminue l’usage de la force et les risques de fautes du gardien.»

Par ailleurs, le syndicat est à l’origine d’une politique nouvellement implantée pour harmoniser les sanctions d’un centre de détention à l’autre au Québec. «Les mesures disciplinaires n’étaient pas les mêmes partout. Nous voulions encadrer les directions d’établissement pour uniformiser le tout», conclut-il.

(Avec la collaboration de Julie Lambert)

Top 3 des fautes en 2013

7 cas de négligence (santé/sécurité)

6 cas de manquements aux directives

5 cas d’absence sans permission

34 cas au total

Top 3 des fautes en 2012

9 cas de manquements aux directives

6 cas d’absence sans permission

6 cas de négligence (sécurité/port d’arme)

44 cas au total

Top 3 des fautes en 2011

6 cas d’absence sans permission

2 cas d’assiduité au travail

2 cas de menaces

21 cas au total

Membre du Groupe Québec Hebdo

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