Société
16:36 16 octobre 2013 | mise à jour le: 16 octobre 2013 à 16:36 temps de lecture: 4 minutes

Être homme-orchestre d’une école

Les portes de casiers se referment. La cloche annonçant le retour en classe vient de retentir. À travers le brouhaha, des rires se font entendre. Les élèves saluent l’adulte qu’ils rencontrent dans le corridor. François Demers le conçoit. Il n’est pas un adulte comme les autres  aux yeux des adolescents. Il est le directeur de l’école secondaire Roger-Comtois comptant 1600 jeunes et 175 membres du personnel.

M. Demers se décrit comme l’homme-orchestre. «Il faut avoir des mains, des yeux et des oreilles partout», explique-t-il. La journée débute tôt. L’arrivée des élèves et du personnel est l’occasion idéale pour «marcher son école» pour prendre le pouls, comme le dit le principal intéressé. Ensuite, des séries de rendez-vous s’enchaînent.

À travers les réunions, une main tambourine à sa porte, le centre névralgique. Il faut éteindre «des feux» et régler les urgences. «Une journée de travail, c’est des réponses à des questions complètement opposées dans une fraction de seconde», commente François Demers.

Questionné à savoir si les jeunes sont tannants, M. Demers répond par la négative. «Seulement 5% le sont», calcule l’ancien professeur d’Univers social de 1987 à 1999. Néanmoins, il souligne avec diplomatie que le 5% d’irréductibles prend parfois 80% de son temps.

Un rôle ayant changé

Une forme de respect est témoignée de la part des adolescents lors du passage du directeur. La perception de sa fonction varie selon le contact passé avec l’élève. «Les élèves difficiles ou avec qui on a eu des accrochages, on est de gros méchants, mais pour la majorité, on est là pour aider», fait valoir M. Demers.

Les tâches des directions d’écoles ont évolué à travers les années. Lorsque François Demers est interrogé sur l’image qu’il avait des directeurs à son adolescence, il replonge dans ses souvenirs vécus à l’école publique à Neufchâtel. «C’était beaucoup plus des directeurs administratifs. Ils géraient les cas de comportement», constate-t-il. Avec la présence de nos jours d’adjoint à la direction, cette responsabilité leur a été confiée.

«Il y a toujours un côté préfet de discipline. C’est sûr parce que les cas qui viennent à nous, ce sont les grosses situations qui n’ont pu être réglées à d’autres niveaux», convient celui qui veille au grain depuis 14 ans. À travers les démarches visant le bâtiment, le personnel, la promotion de l’établissement scolaire et les actions liées à la discipline ou aux cas de comportement problématique, le développement du projet éducatif constitue un élément central afin de guider les actions, soit les activités éducatives. «Les directions sont devenues des leaders pédagogiques», résume M. Demers.

Au départ de la clientèle en fin de journée, il en profite pour avancer certains dossiers alors que le calme s’installe jusqu’au lendemain.

Semaine des directions d’établissement

La Semaine des directions d’établissement scolaire a lieu du 21 au 25 octobre dans le but de démystifier le rôle des directeurs d’établissements scolaires. Pourquoi? «Parce qu’il y a une méconnaissance du rôle et des responsabilités des directions d’école», répond François Demers. Fait à noter, le directeur ou la directrice a été professeur au minimum cinq ans avant d’accéder à un poste de direction. De plus, une formation de base en gestion scolaire est requise. «Ça devient une profession et un choix de carrière», conclut-il.

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

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