Société
14:09 9 décembre 2013 | mise à jour le: 9 décembre 2013 à 14:09 temps de lecture: 5 minutes

Père Noël mi-philosophe, mi-psychologue

Philosophe, psychologue et parfois médiateur. Le père Noël porte plusieurs chapeaux, en plus de sa fameuse tuque rouge et blanche annonciatrice de cadeaux. Aux Galeries de la Capitale, le roi du royaume de Noël rencontre des centaines de réalités différentes chaque jour. Chacun des enfants ou même des adultes a un passé, un présent et des souhaits pour le futur. Est-ce la magie qui les amène à ces confidences auprès du personnage dodu à l’uniforme rouge?

«Ça dépasse la réalité, c’est comme si le personnage existe quand ils se confient», soutient Michel Aubut de L’Ancienne-Lorette avec la passion dans la voix. L’histoire a débuté lors d’un rôle dans une pièce de théâtre. De fil en aiguille, le personnage s’est matérialisé au grand bonheur des plus jeunes. Il enfile le costume depuis maintenant une quarantaine d’années et au niveau commercial depuis 15 ans.

L’EXPÉRIENCE – Le professionnel œuvre principalement aux Galeries de la Capitale et il complète ses journées chargées avec des visites dans des garderies et des centres pour personnes âgées. Trois univers complètement différents. Avec les aînés, il symbolise le passé et les souvenirs d’enfance. En présence de groupes dans les Centres de petite enfance (CPE), il fait voyager les bouts de chou à travers des aventures rocambolesques souvent liées à l’amitié et au courage. Souvent, il prend le soin d’inclure une morale en conclusion. Aux Galeries, les visiteurs sont de tous les âges. Parfois, une file d’attente d’une centaine de personnes entoure le château. Le temps est compté, histoire de donner la chance à tout le monde.

LA FORME PHYSIQUE – «Il faut être en bonne santé physique parce que c’est de longue période», précise M. Aubut. Les premières minutes après s’être vêtu des habits rouges, le corps pique et la chaleur l’envahit. Puis, l’homme sous le personnage emmitouflé dans l’uniforme s’acclimate. Malgré la fatigue après de longues heures immobiles, la concentration doit être maintenue. Les yeux rivés sur l’enfant, le roi des cadeaux conserve son idée en tête, soit d’exercer cette fascination irrésistible.

AU FAIT DES NOUVEAUTÉS – «Je lui demande si le cadeau qu’il demande est à la grosseur des services rendus», explique-t-il. La mode est aux iPod et iPad, des souhaits dispendieux que certains ne verront peut-être pas réalisés. À d’autres moments, père Noël fait en sorte que les parents entendent les vœux des petits, histoire que le jeu tant attendu soit sous le sapin au jour J. Point important, il ne promet jamais pour éviter les déceptions. D’ailleurs, il n’est pas rare que M. Aubut feuillette les catalogues afin d’être à jour sur les nouveaux jouets de l’année, les tendances et les noms des superhéros.

PSYCHOLOGUE – Éducateur à l’école et au sein de centres d’accueil dans une ancienne vie, M. Aubut tend l’oreille autant aux jeunes qu’aux moins jeunes. À l’image d’un confident, il écoute leurs difficultés. Parfois, les gens sont à court de moyens. Ils appellent à l’aide et le père Noël répond en conseillant du mieux qu’il le peut. «Certains reviennent me redonner des nouvelles, raconte-t-il. C’est un peu ça qui fait que tu aimes le métier.»

PHILOSOPHE – Entrer dans l’imaginaire des gens n’est pas toujours évident. La crédibilité est importante et pour ce faire, le père Noël doit avoir la réponse rapide lorsqu’il est interrogé sur l’absence de ses rênes. Quand la présence de nombreux pères Noël est amenée dans la conversation avec un tout-petit, le débonnaire personnage fait valoir sans hésiter que la terre abrite beaucoup d’enfants. Il lui faut bien un peu d’aide. «À un moment donné, il faut laisser les enfants dans le rêve», croit-il.

VOIX ET POSTURE– Mère Noël n’est pas une jeunesse, son partenaire de vie non plus. C’est pour cette raison que lorsque Michel Aubut enfile l’uniforme, sa voix devient plus caverneuse et son dos s’arrondit. «Tu es censé être réservé et âgé», soutient-il.

Une fois les décorations de Noël décrochées, Michel Aubut reprendra la route de son imprimerie jusqu’à la prochaine saison de magie et d’écoute. «Tu n’es pas là pour l’argent, c’est pour l’enfant que tu y es», conclut-il.

Pour lire les autres articles de la série Profession: père Noël, visitez http://www.lactuel.com

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

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