Économie
20:35 8 décembre 2015

La direction met en cause la rentabilité de l’institution muséale

NÉGOCIATIONS. La direction du Musée de la Nation huronne-wendat justifie sa décision de réduire les heures d’ouverture de l’institution en hiver à une simple et douloureuse question de rentabilité.

Pour Jean Vincent, vice-grand chef et président d’Industrie touristique Wendake, il ne faut pas mêler deux dossiers. Il se dit conscient que les négociations pour l’élaboration d’une première convention collective s’avèrent plus complexes et longues que souhaité. Toutefois, la diminution de l’accès au musée en période de faible achalandage n’a rien à voir avec la syndicalisation des employés.

«Nous avons été transparents et avons ouvert nos livres pour expliquer la situation. Nous respectons le processus syndical, mais le musée pour lequel nous contribuons à plus du quart du budget annuel doit faire ses frais. Hélas, les équipements culturels sont difficiles à rentabiliser», observe M. Vincent, qui rappelle que le conseil de la Nation huronne-wendat a réinjecté 3M$ pour éponger les déficits du musée depuis 2008.

«En tant qu’élus, nous avons l’obligation d’administrer sainement les fonds publics de la communauté. Il faut faire des choix en fonction de nos moyens. En ce sens, je ne peux pas réduire les services au centre de santé ou à la résidence de retraite, ni même à l’école pour financer le musée. C’est donc pour respecter le budget d’exploitation de plus de 800 000$ par an que nous avons dû instaurer un horaire réduit en période creuse», justifie le vice-grand chef.

Ainsi, de novembre à mai, le musée de Wendake sera ouvert au public les dimanches, ainsi qu’en semaine pour les réservations de groupes de plus de 20 personnes. Durant cette période, les vocations d’hôtellerie et de restauration ne sont pas touchées.

Espoir d’entente

Selon M. Vincent, la signature d’une première convention collective est un processus démocratique qui demande du temps. «Bien des détails ont pu être réglés au fil des 15 séances de négociation et conciliation, au cours desquelles le syndicat a changé trois fois de négociateur. C’est donc plus long que prévu, mais nous gardons espoir d’aboutir à une entente en arbitrage pour assurer de bonnes relations de travail à long terme.»

Le vice-grand chef réitère souhaiter le meilleur pour ses concitoyens. «Nous sommes une petite communauté. Tout le monde se connaît et s’apprécie. Si nous avons investi 25M$ dans les infrastructures touristiques locales, dont l’hôtel-musée, c’est pour développer notre économie et faire travailler nos compatriotes.»

Lire aussi la version du syndicat qui craint pour l’avenir du musée…

Québec Hebdo

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