Économie
12:00 5 avril 2015

Végétaux fragiles mis à mal par le froid hivernal intense

VERDURE. Précédée de pluie durant les Fêtes, la période de gel intense durant plusieurs jours, en janvier et février, fait craindre pour la survie de certains arbustes et plantes. Plusieurs végétaux fragiles ou mal protégés pourraient ne pas se réveiller, ce printemps, et laisser des parcelles dénudées ou sans fleurs dans nos plates-bandes autour de la résidence.

À la Société internationale d’arboriculture du Québec (SIAQ), on se fait rassurant pour ce qui est des arbustes et arbres indigènes et rustiques. Ceux-ci ne devraient subir aucun dommage, malgré le froid intense de l’hiver qui se termine, puisqu’il n’y a eu ni dégel, ni verglas, ni variation importante et brusque de température.

«En ce qui a trait aux cultivars et végétaux introduits, qui ne croissent pas naturellement en sol québécois, il pourrait y avoir des conséquences diverses selon leur rusticité et leur capacité d’adaptation au froid. Ainsi, les bourgeons (floraux et à feuilles) peuvent être morts suite au gel prolongé, des tiges peuvent également être mortes en raison du froid. Dans les cas extrêmes, toute la partie aérienne des végétaux les plus sensibles pourrait être morte», explique Natalie Vézina, coordonnatrice à la SIAQ.

Résultat : ce printemps, on pourrait voir apparaître des drageons ou des gourmands partant de la base du tronc, tandis que la partie aérienne ne montrera aucune croissance. Le gel profond du sol pourrait également avoir des conséquences, puisque le système racinaire de certains végétaux peut avoir été atteint. De l’avis des experts de la SIAQ, le métabolisme des plantes s’en trouve perturbé et leur croissance est compromise.

Neige isolante

Heureusement, la neige agit comme un isolant naturel. Pourvu qu’elle s’accumule naturellement, car si elle est pelletée ou, pire, soufflée, le compactage fait que le gel la traverse. «Ainsi, précise Céline Blais, horticultrice chez Floralies Jouvence de Sainte-Foy, les végétaux qui ont bénéficié d’un bon couvert blanc subiront peu de dommages. Par contre, là où on peut craindre les méfaits du gel, c’est dans les endroits à découvert, près des fondations ou balayés par le vent. Certains végétaux fragiles risquent de ne pas reprendre au printemps.»

Dans le cas spécifique des arbres, on verra l’étendue des dommages, s’il y en a, lors du bourgeonnement. Avec le temps, généralement cela finit par se replacer. «Néanmoins, les essences à la limite de leur zone de rusticité sont susceptibles de souffrir davantage du froid intense et du gel profond du sol. Le magnolia risque d’être affecté de manière significative, ainsi que les hibiscus et le févier Sunburst», note Mme Vézina.

Printemps tardif

Le constat que l’hiver 2015 a été exceptionnellement froid est partagé par l’ensemble des professionnels consultés. On reste confiant que les dégâts seront limités, mais il semble inévitable qu’il y en ait. «Plus d’une trentaine de jours avec des températures oscillant autour de -20 Celsius, ça ne peut que laisser des traces, observe Marie Lison, conseillère horticole au Centre Jardin Paradis de Lebourgneuf. Il faut s’attendre à ce que les végétaux et arbres plantés l’été passé en arrachent. Surtout, s’ils ont été laissés sans protection. Certes, on doit anticiper un printemps moins fleuri.»

Au Centre horticole Bourbeau de Charlesbourg, on estime que dans les circonstances extrêmes connues l’hiver dernier, mieux vaut que la chaleur revienne graduellement. Ce sont les grandes variations de température dans les transitions saisonnières qui sont les plus dommageables. À cet égard, avec les froids tardifs qui persistent et le dégel ralenti du sol, on peut prévoir que le débourrement printanier des divers végétaux sera retardé minimalement d’une semaine par rapport à un printemps normal. Et, ce n’est pas une mauvaise chose pour le réveil de la verdure.

Éléments amplificateurs

-Entre janvier et mars, on a dénombré 37 jours sous les -20°C

-La ligne de gel souterraine a franchi les 2 mètres par endroit

-Les plantes fragiles, récentes et mal protégées sont à risque

François Cattapan


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