Économie
15:27 12 août 2014 | mise à jour le: 12 août 2014 à 15:27 temps de lecture: 3 minutes

Des créations pour le dernier repos

CRÉATIONS ENTREPRENEURIALES – Au fond de la rue Chef-François-Gros-Louis à Wendake se trouve un petit atelier bleu. C’est dans ce sanctuaire coloré que Line Gros-Louis crée de ses mains des pièces uniques destinées à un au revoir qui se vit qu’une seule fois. L’artiste céramiste fait des urnes funéraires.

À l’époque où Mme Gros-Louis habitait la Californie, elle a suivi des cours de poterie. Puis, il y a six ans, elle a saisi sa chance en voyant une annonce. Elle a acheté une tour et un four. Tranquillement, elle a retrouvé ses connaissances et réappris les techniques.

Comment votre aventure entrepreneuriale a-t-elle débuté?

«En juillet, il y a deux ans, mon gendre, Réjean, est décédé à 43 ans. Ma fille m’a demandé de confectionner son urne. Ça m’a pris un an. Je suis allée à l’École des métiers d’art de Québec et j’ai suivi un cours en glaçure», raconte-t-elle. Après plusieurs tests, elle a fait fabriquer des moules spéciaux. Elle s’est également rendue à Nashville pour suivre des ateliers avec des potiers.

Quelle est votre approche, votre signature en tant qu’artiste?

«J’en ai fait avec des dessins amérindiens parce que personne n’en fait qui nous ressemble. Ma signature est Parce que chaque personne est unique. Je ne peux pas faire deux urnes pareilles.»

Quelles sont vos sources d’inspiration dans le milieu?

«Je fais beaucoup de recherche sur Internet et dans les livres. Je voulais avoir un motif wendat. Il faut qu’il soit simple à confectionner, représentatif autant pour un homme qu’une femme et certains modèles sont contemporains.»

Est-ce que c’est difficile de se partir en affaires dans le domaine de la création?

«Ce n’est pas facile parce qu’il y a beaucoup de concurrence dans le milieu des urnes notamment celles faites en Chine à bas prix. Je ne suis pas certaine que les gens voient la différence. On ne peut pas concurrencer avec des entreprises qui paient leurs employés 1$ de l’heure. Par contre, les Québécois de la région achètent beaucoup de produits conçus localement.»

Est-ce que c’est difficile de concilier le côté entrepreneur et le côté artiste/création, qui ne font pas appel aux mêmes qualités?

«Quand je suis en train tourner, je ne travaille pas. Je perds la notion du temps. Au bout de deux jours, tu dois te charger de la comptabilité et développer les marchés. Il faut s’amuser à chaque étape et avoir du plaisir», raconte l’artiste dans la cinquantaine.

Qu’avez-vous appris sur vous en devenant entrepreneure/créatrice?

«C’est très philosophique. Quand tu travailles avec la terre, c’est elle qui dit quoi faire et quand. Tu ne peux pas faire plus vite. Ça cultive la patience. ATA signifie la terre, substance de la mère terre.»

Quel est l’un de vos rêves les plus fous?

«J’aimerais développer le marché de l’Ontario. Idéalement, ce serait d’avoir un représentant là-bas. J’aimerais vendre mondialement comme en Europe. Ils sont fous de ce type de produits.»

Pour accéder à la page: urneata.com/

Le projet de Line Gros-Louis en bref

ATA

ATA signifie dans la culture wendat: la terre de la terre.

Entreprise fondée en 2012

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter son site: urneata.com L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *