Économie
18:51 7 octobre 2011 | mise à jour le: 7 octobre 2011 à 18:51 temps de lecture: 4 minutes

L’entreprise Auclair et Martineau prête à affronter les saisons froides

Le copropriétaire et directeur général de l’entreprise Auclair et Martineau, Jonathan Leclercq, en a plein les bras. Dans ce cas-ci, il s’agit d’une très bonne nouvelle. Les affaires continuent à se développer et la production effectuée à Saint-Émile dans l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles est vendue autant au Québec qu’à l’international. Lorsqu’il a rencontré L’Actuel, il venait tout juste de raccompagner des clients japonais venus découvrir les mocassins et les pantoufles fabriquées sur la rue de la Faune.

L’entreprise spécialisée dans le domaine de la chaussure a beaucoup évolué depuis sa fondation 1956. Des pantoufles-mocassins jusqu’aux bottes, le produit a été adapté et la production s’est ajustée à la demande. Aujourd’hui, Auclair et Martineau fait partie des rares entreprises de la région à encore fabriquer le produit à 100%.

La production et la situation auraient pu être bien différentes. Lors de l’arrivée des effets du marché chinois au Québec, il y a plusieurs années, l’entreprise a pris une décision importante. La demande de la pantoufle sur le marché avait diminué, la fabrication au Canada également. «De nombreuses entreprises ont décidé de fabriquer en Chine. Nous, ce n’est pas la décision que l’on a prise», explique Jonathan Leclercq, copropriétaire avec son père, Xavier Leclercq. Trois raisons résument la décision. D’abord, la direction voyait difficilement comment rentabiliser les activités de l’entreprise de cette façon, l’aspect fabriqué au Canada demeurait attirant et un volet important, la fabrication, aurait été perdu. «Ma passion était la fabrication. J’allais perdre ce volet. Il y avait aussi un principe moral et éthique dans le transfert de la production», commente l’homme d’affaires ayant intégré l’entreprise au début des années 2000.

Auclair et Martineau a misé sur ses forces, soit le service à la clientèle et la rapidité de la production, afin de se démarquer du lot. L’usine ayant pignon sur rue de la Faune produit les articles au fur et à mesure amenant ainsi une flexibilité du même coup. L’offre au niveau des matériaux, des couleurs et des pointures est très diversifiée. «Évidemment, les clients paient leur produit plus cher qu’en Chine, mais là-bas, ils ne sont pas capables [d’offrir autant de flexibilité]. Après quelques années difficiles, la demande a commencé à augmenter parce qu’on a trouvé les bons clients qui voyaient de la valeur», note Jonathan Leclercq. Toujours attentif à la qualité du produit et au développement de nouveaux matériaux, l’équipe de gestionnaires a pris soin de faire évoluer l’entreprise par le prix, par le service et par la marque. En plus de Martino, Trace et Amimoc, la marque de commerce Maël est née en 2011. «Cette dernière nous permettra de prospérer pour les 20 prochaines années. On pense à l’Europe et à la jeune femme moderne», avance-t-il. Les nouveaux modèles de bottes Maël ont été présentés en février dernier et entrent dans les boutiques cet automne. Le produit est un mélange de technologie et de design, l’aboutissement de 50 ans d’apprentissage, souligne M. Leclercq. «On est allé chercher de nouveaux matériaux à travers le monde. Les clientèles ciblées n’ont pas résisté aux prix», dévoile le copropriétaire visiblement satisfait au sujet de ces nouveaux produits haut de gamme.

L’usine Auclair et Martineau fabrique entre 150 000 à 200 000 paires de chaussures annuellement, incluant les bottes, les mocassins et les souliers. La moitié de ces produits sont écoulés au Canada et l’autre partie vers les États-Unis, l’Europe et le Japon. L’entreprise embauche une centaine d’employés. De ce nombre, près d’une vingtaine ont de 30 à 40 années d’ancienneté. Le prochain défi sera la capacité de production. Pour produire suffisamment, le recrutement de main-d’œuvre sera nécessaire, ce qui semble être une tâche ardue. Jonathan Leclercq considère qu’il est difficile de recruter de jeunes employés pour le travail en usine. Pour l’instant, la formation s’effectue presque uniquement à l’interne. Il existe cependant un programme de confection de vêtements et d’articles de cuir au Centre de formation professionnelle de Neufchâtel. La poursuite de la recherche et du développement de matériaux ainsi que des styles demeurent également parmi les priorités.

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *