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18:39 24 avril 2014 | mise à jour le: 24 avril 2014 à 18:39 temps de lecture: 4 minutes

Retrouver la vue grâce aux dons de tissus

SANTÉ ¬Pierrette Lemay a signé l’endos de sa carte d’assurance maladie dans les années 70 afin de consentir aux dons de ses organes et tissus en cas de décès. À cette époque, elle n’aurait jamais pensé que ce serait elle qui un jour, bénéficierait de ce type de dons.

Infirmière de formation, la résidente de Lebourgenuf a côtoyé à une certaine époque des greffés. L’un d’eux, un patient en attente d’un greffon cardiaque décédé avant l’obtention de l’organe, s’est révélé être une rencontre particulièrement touchante et marquante. Cette épreuve a poussé Mme Lemay à apposer sa signature au cas où le destin prendrait des avenues inattendues. En autorisant le prélèvement de ses organes et de ses tissus, elle souhaitait aider son prochain. C’est finalement un donneur qui a changé sa vie en 2009. «Une greffe change une vie, ça donne la vie», confie Pierrette Lemay.

Mme Lemay a travaillé notamment aux soins intensifs et dans une unité coronarienne. En 1998, des glaucomes, une maladie oculaire perturbant le fonctionnement du nerf optique, se sont attaqués à ses deux yeux. La résidente de l’arrondissement des Rivières a subi une première opération en 2002 à son œil droit, puis le gauche l’année suivante. Cependant, des complications sont survenues lors de la seconde intervention. «La chirurgie mineure est devenue une chirurgie majeure», se souvient la greffée. À son réveil, elle voyait très mal, sa vision était voilée en raison de la présence de tissus fibreux au pourtour de l’iris.

Les nombreux traitements de cortisone n’ont pas eu l’effet escompté à long terme et après deux ans, une kératite bulbeuse, une inflammation de la cornée, s’est déclarée. Des conjonctivites se sont enchaînées. «La lumière me faisait mal. Je vivais dans la pénombre. J’avais perdu les notions de distances. C’est surtout le soir que ça devenait un enfer», confie-t-elle.

Une attente de trois ans a été nécessaire afin de recevoir la greffe de cornée. Après cette longue période éprouvante, Pierrette Lemay a la chance de vivre pleinement. Sa greffe lui a donné le goût de s’impliquer afin de sensibiliser la population à l’importance du consentement des dons d’organes et de tissus.

Don d’organes et de tissus

En 2009, un délai de trois ans était nécessaire afin de recevoir une greffe de la cornée. Aujourd’hui, le temps d’attente à grandement diminué. Il y a 62% moins de personnes sur la liste d’une greffe de ce type de tissus oculaires depuis trois ans. D’importants changements ont été faits au niveau de l’approvisionnement des cornées au Québec. Héma-Québec assume le rôle de fournisseur de tissus humains. Grâce à une entente avec le Centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont et le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU), la société est responsable de la prise en charge du processus d’attribution des cornées aux chirurgiens.

Au Québec, plus d’un million et demi de personnes sont maintenant inscrites au Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). De plus en plus de gens sont conscientisés. Un autre élément important est d’informer sa famille de la décision. «C’est un enjeu assez capital. Il faut le dire à notre entourage», explique le chef de service à l’approvisionnement des tissus chez Héma-Québec, Gilles Beaupré. Ce dernier ajoute que ça favorise le processus et évite les surprises aux proches vivant le drame.

Le saviez-vous?

En 2013-2014, 4000 tissus humains ont été fournis aux hôpitaux contre 730 en 2007-2008.

Types de tissus greffés

Tissus oculaires

Valves cardiaques et conduits du cœur

Tissus osseux

Tendons

 

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

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