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14:53 28 avril 2014 | mise à jour le: 28 avril 2014 à 14:53 temps de lecture: 3 minutes

Barbier: à un cheveu de disparaître

PROFESSION- À 16 ans, Michel Douville accueillait les bûcherons sortis du bois dans le salon de son père à Saint-Alban. Après tout un hiver passé loin de la civilisation, les hommes venaient faire couper leur barbe et leurs cheveux pour ensuite descendre auprès de leur famille. C’est à cette époque que le futur barbier a suivi un cours par correspondance avant d’aller travailler à Québec.

«Un petit gars qui part du village, c’était la grosse vie pour moi», se souvient aujourd’hui le barbier. Avec son père, ils ont vite fait d’ouvrir leur propre commerce près de Duplessis et chemin Sainte-Foy à la suite de la construction du centre d’achat. «Durant des années, il y avait juste des coiffeurs. Il n’y avait pas de femmes», raconte-t-il. Le comité paritaire régissant les activités de la profession a été aboli en 1983 par décret gouvernemental. Le métier est devenu officiellement mixte.

Après 25 ans dans Sainte-Foy, le professionnel des coupes capillaires a déménagé en 1988 son entreprise dans Duberger. Il y a travaillé pendant une vingtaine d’années.

L’envie de repos s’est fait sentir, mais la retraite a été brève. Il a repris ses ciseaux, son rasoir et sa lame droite peu de temps après et les a toujours en main à 68 ans. Il oeuvre au Studio de coiffure Lignes pures sur Père-Lelièvre.

Le métier

«Nous sommes un peu psychologues», constate-t-il. Autant le barbier que le client raconte, se confie et conseille. Un lien se crée. «C’est plaisant, fait-il valoir. On aide des jeunes à faire des choix. Je savais des choses que même leurs parents ne savaient pas.»

L’ambiance a beaucoup changé. De la bouteille de 40 onces de gin des bûcherons à la caisse de bières de certains clients, la séance de coupes de cheveux représentait une occasion parfaite de lever le coude. «Cette habitude a cessé avec le temps, principalement à la suite de la sensibilisation aux dangers de l’alcool au volant», se rappelle le barbier, ajoutant que c’est une très bonne chose dans le fond.

La profession se perd peu à peu, constate Michel Douville. «Ça disparaît. Il n’y a pas de relève masculine. Elle se dirige plus vers la coiffure pour dames. Les vrais barbiers, il n’y en aura plus. Le savon dans le cou, on ne fait plus ça», mentionne-t-il. Il utilise de temps en temps sa lame droite et son blaireau, mais ses principaux outils sont le rasoir et les ciseaux.

C’est la faute aux Beatles

La période la plus difficile pour la profession a été sans contredit l’ère des Beatles avec la mode aux cheveux longs. Au salon de M. Douville, trois barbiers ont perdu leur emploi sur cinq. «La raison est simple. Les hommes ont décidé de se laisser pousser les cheveux. Ça a pris un an avant de les revoir. Pour continuer à gagner ma vie, j’ai été obligé de conduire un taxi», raconte-t-il.

Puis, la mode afro, les cheveux frisés formant une masse ronde et volumineuse, a sauvé la profession. «Ce qui nous a aidés c’est le cours pour apprendre à faire les permanentes. Ça a été une belle porte de sortie. Ça nous a sauvés et ça a duré près de huit ans», se réjouit le coiffeur pour hommes. Aujourd’hui, la mode aujourd’hui est à la coupe courte, selon le spécialiste capillaire.

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