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19:47 25 octobre 2011 | mise à jour le: 25 octobre 2011 à 19:47 temps de lecture: 4 minutes

Vanier: une population ayant de grands défis sociaux à relever

Le Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de la Ville-Capitale a publié cet automne le portrait de défavorisation de son territoire à l’aide des données de Recensement 2006. Vanier et Duberger-Les Saules sont deux quartiers plus particulièrement touchés dans l’arrondissement des Rivières. L’Actuel vous propose de découvrir les résultats à travers les commentaires des gens oeuvrant dans le milieu.

«Vanier demeure un quartier où les trois quarts de la population sont en situation de défavorisation matérielle et sociale. Globalement, il n’y a pas eu d’amélioration [entre 2001 et 2006]», note la coordonnatrice professionnelle en organismes communautaires du CSSS Vielle-Capitale, Colette Lavoie. Plusieurs facteurs entrent en compte comme le vieillissement de la population, le nombre de personnes vivant seules et l’importante communauté immigrante.

Près du quart de la population, soit 21,9 %, habite seul contre 16,2 % pour l’ensemble de l’arrondissement des Rivières. De plus, 15% des résidents sont âgés de 75 ans et plus dans le quartier visé. Le secteur est également marqué par l’arrivée de nombreuses familles immigrantes, dont des réfugiés. «Le phénomène est plus important depuis 2006», observe Mme Lavoie.

L’expansion qu’a prise la communauté immigrante et le vieillissement de la population sont deux indicateurs qui devront être surveillés de prêt au cours des prochaines années, selon la conclusion du document. La coordonnatrice professionnelle en organismes communautaires du CSSS Vielle-Capitale souligne également l’importance de prévoir suffisamment de ressources pour les personnes âgées à faible revenu. Quant à l’aspect multiethnique dans Vanier, des projets sont en cours notamment un projet d’intervenant pivot afin de faire le pont entre les nouveaux venus et la société d’accueil.

La proportion du salaire investie pour payer le logement, l’effort au loyer, peut être un facteur contribuant à l’appauvrissement. Au sud de la voie ferrée, 38,5 % des locataires accordent plus du tiers de leur revenu au logement et 41,4 % dans le secteur De la Rive, plus à l’est, près de 7% de plus que l’ensemble de l’arrondissement. «C’est un indicateur parlant. Au-delà des statistiques, c’est tout le quotidien, c’est la qualité de vie. Ça crée un stress parce que les gens sont en mode survie pour subvenir aux besoins. Juste survivre, ça devient un emploi à temps plein», fait valoir Mme Lavoie. À ce sujet, la construction prochaine d’habitations multifamiliales dans le cadre du programme AccèsLogis Québec, géré par le Domaine du Parc Savard, pourrait atténuer les difficultés en matière de logements à Vanier.

Des grands défis et des pistes de solution

La Ruche Vanier note effectivement une augmentation de la pauvreté. La directrice Nicole Demers réside dans le secteur depuis 35 ans et œuvre au sein de l’organisme depuis 25 ans. «Je trouve qu’il y a plus de demandes d’aide alimentaire. Je crois qu’il y avait des gens qui se débrouillaient, mais avec la hausse des coûts des loyers et de l’alimentation, ils ne peuvent plus absorber les augmentations», note Mme Demers. La clientèle de La Ruche Vanier est constituée principalement de familles et de personnes seules, notamment des hommes de 20 à 30 ans dans une situation précaire. L’organisme offre des services réguliers à 550 personnes annuellement. Quant aux logements sociaux, le projet du Domaine du Parc Savard est attendu avec joie. «Ça fait longtemps que nous avons eu des logements sociaux. On est le parent pauvre», témoigne-t-elle. Cette dernière fait observer du même coup que la pauvreté était peut-être plus observable auparavant, mais qu’elle est toujours aussi présente. «Visuellement, les maisons étaient plus vieillottes, les secteurs plus pauvres étaient facilement identifiables. Le quartier est plus beau avec la revitalisation. Les gens ont l’impression qu’il n’y a plus de pauvres», ajoute-t-elle. «Je crois que les ressources sont suffisantes. […] Je pense qu’il faut commencer par de petites choses, précise Mme Demers. Il faut inventer des façons d’aller rejoindre les personnes isolées. Je crois beaucoup au bouche-à-oreille.» Les prochaines années pourraient être plus dynamiques avec la construction de l’amphithéâtre à proximité. Ces projets laissent entrevoir un avenir positif pour le développement de la communauté.

La semaine prochaine, L’Actuel vous proposera un article concernant les statistiques sur la défavorisation dans le secteur Duberger-Les Saules.

 

D’autres statistiques

La proportion des personnes sans diplôme secondaire est de 34,1 %, le double du taux du territoire du CSSS Vielle-Capitale.

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