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16:00 13 décembre 2017 | mise à jour le: 13 décembre 2017 à 16:00 Temps de lecture: 3 minutes

Deux visions diamétralement opposées

SANTÉ. S’il n’en tenait qu’à Philippe Voyer, responsable du volet enseignement au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Université Laval, le futur Hôpital Sainte-Monique et le centre d’hébergement Faubourg pourraient devenir des références dans le développement d’un milieu de vie adapté aux besoins de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Une vue d’une partie du centre.

Photo gracieuseté – Philippe Voyer

Philippe Voyer assis dans l’une des cabanes installées dans le village.

Photo gracieuseté

Être atteint de cette maladie n’est plus une malédiction pour les personnes qui vivent dans un village aménagé spécialement pour elles. «Ma récente visite d’une fermette, dans un CHSLD à Amsterdam, m’a complètement renversé», avoue le chercheur. L’endroit, créé il y  20 ans, a été pensé et mis en place par Henk Smit et sa fille qui ont été durement touchés dans leur famille par la maladie d’Alzheimer.

Henk Smit en compagnie de Philippe Voyer lors d’une visite du centre.

Photo gracieuseté

Philippe Voyer soutient que la perspective d’une personne atteinte de la maladie est complètement inversée face à la nôtre. «Elle est davantage considérée ici comme un problème médical. Eux, c’est la qualité de vie qui importe, c’est-à-dire maintenir une vie normale le plus longtemps possible même dans un centre d’hébergement.»

Il a pu constater que l’objectif demeure la liberté des résidents, «il faut qu’ils socialisent et qu’ils soient occupés. Toutes les activités quotidiennes deviennent des sources de stimulations.» Il donne l’exemple de l’entretien de petites maisonnées, la préparation de repas, faire quelques réparations ou s’occuper d’une fermette sur place, «si bien que les personnes restent actives très longtemps malgré la maladie. Amsterdam a poussé ce concept au maximum et ils obtiennent les meilleurs résultats.»

Méthodes québécoises à revoir

Pour le chercheur québécois, ce village a toute la légitimité pour s’afficher comme un modèle très inspirant pour les personnes intéressées à l’amélioration les conditions de vie des personnes vivant avec cette maladie.

Il y a quelques jours, il a été invité à rencontrer le sous-ministre de Gaétan Barrette pour discuter des appels d’offres des nouveaux CHSLD. «D’être invité à cette table-là, c’est une première pour moi en 20 ans. Ça m’encourage pour les 15 prochaines années.»

Malgré son intérêt d’amener le plus d’idées possibles au Québec, Philippe Voyer croit que l’application de certaines méthodes sera difficile. «Il manquera le cadre légal pour telle ou telle chose. Nous, on vit beaucoup dans un mode où il faut protéger la personne alors qu’eux, là-bas, ils ne font pas de dépistage de chute, etc. L’important c’est qu’il faut qu’elle s’alimente avec des aliments qui ont une signification pour elle. L’important, c’est qu’elles aient de la mobilité alors que nous on limite les déplacements le plus possible.»

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