Actualités
15:12 17 novembre 2012

Wendake: là où les frontières s’ouvrent

Une effervescence s’est emparée depuis bien longtemps de Wendake. La communauté huronne-wendat, enclavée à même la Ville de Québec, a une situation géographique bien différente des autres communautés autochtones du Québec.

Le territoire compte 1,7 km2, deux établissements d’enseignement, plus de 120 entreprises, un centre de santé géré par le Conseil de bande, un Service de police et un office de tourisme. Wendake est l’une des communautés les plus actives au Québec au niveau du développement économique.

Le tourisme a pris un deuxième essor au cours des dix dernières années avec l’arrivée de nombreux projets mis de l’avant par la Nation huronne-wendat. L’Office de tourisme de Wendake a été créé en 2006.

L’une des priorités touristiques a été la construction d’un Hôtel-Musée. «Le plan de développement touristique de Wendake a été mis sur pied afin que la nation puisse prendre en main une grande partie de sa destinée économique et prendre en main son économie par ses propres moyens plutôt que de dépendre des gouvernements», rappelle Gabriel Savard, ancien directeur général de la Nation huronne-wendat et ancien vice-président exécutif de l’industrie touristique de Wendake. Par ailleurs, le projet ambitieux, comprenant près de 20 M$ d’investissements sur trois projets, visait également à redonner une fierté aux résidents. «On a redonné à Wendake ses lettres de noblesse en matière d’expérience de séjour touristique», constate Gabriel Savard, maintenant directeur de l’Office du tourisme de Québec.

Cette vision, sous la gouverne du grand chef de l’époque Max Gros-Louis, a mené la réserve indienne à fonder notamment un musée, un hôtel et un amphithéâtre multifonctionnel extérieur. Ces projets ont créé une centaine d’emplois, dont la moitié étaient destinés aux membres de la communauté. Ce nouveau service touristique a pu profiter aux commerces avoisinants de la Haute-Saint-Charles. «C’était un beau projet d’arrondissement finalement», note M. Savard.

À l’intérieur comme à l’extérieur du territoire de Wendake, plusieurs actions démontrent l’ouverture de la communauté. Max Gros-Louis a joué un rôle majeur au cours de près de trente ans de gouverne. L’ex-grand chef s’est fait connaître à travers le monde et du même coup, il a fait connaître Wendake. «Son symbole, c’est Max Gros-Louis. Il a été un grand diplomate permettant de rapprocher l’ensemble des Premières Nations du Québec avec les différents gouvernements provincial et fédéral. Il a toujours été reconnu comme un conciliateur, un médiateur et je dirais un homme de paix», répond M. Savard au sujet de l’ouverture de la communauté huronne-wendat.

En novembre 2008, Konrad Sioui a repris les rênes du conseil de bande. Il a poursuivi l’œuvre. Une maison longue est d’ailleurs en construction afin de rehausser et compléter l’offre touristique. «Le développement touristique de Wendake est très important dans le positionnement de la destination touristique de la région de Québec, précise Gabriel Savard. On est probablement la seule capitale au monde qui a une communauté des Premières Nations dans son territoire.» Wendake constitue ainsi un élément distinctif pour la région. À cela s’ajoute la culture. De nombreux artistes ont fait connaître les traditions wendat ici et ailleurs. Plusieurs spectacles font référence à la culture huronne-wendat. Robert Lepage, un voisin de Wendake, a toujours démontré un intérêt pour la culture amérindienne. Il a notamment fait rayonner la communauté lors de spectacles de canotgraphie présentés à l’été 2009 ainsi en 2011 lorsque Ex Machina a présenté La tempête à l’amphithéâtre extérieur de Wendake.

L’éducation, la santé et les loisirs

La Nation a fait un pas de plus vers la concrétisation de son projet Tortue en 2012 avec la confirmation d’octroi de 3 M$ de la part de Santé Canada en vue de la réalisation de la phase I. Le Conseil de la nation huronne-wendat (CNHW) souhaite rassembler ses différents organismes de santé et haussera les services offerts aux Hurons-wendat, mais également aux personnes habitant dans le secteur nord de la Capitale-Nationale. Le projet multigénérationnel nommé Yändia’wich totalise 24 M$. «Le Centre de santé avec le projet Tortue va permettre de desservir, non seulement la communauté huronne, mais aussi la clientèle de la région. C’est une belle démonstration d’ouverture et de cohabitation», ajoute le huron Gabriel Savard.

En éducation, le Centre de développement de la formation et de la main-d’œuvre propose, depuis 1995, un enseignement de niveau secondaire aux jeunes autochtones de la province. Il s’agit d’un lieu d’accueil pour l’ensemble des Premières-Nations du Québec. «Wendake, de ce point de vue là, a été très avant-gardiste par le modèle d’enseignement et de centre de développement de la main-d’œuvre pour l’ensemble des Premières-Nations», ajoute M. Savard

Par ailleurs, le projet de centre multiservice comprenant deux glaces dans les cartons du conseil de la nation pourrait être un autre exemple d’ouverture. L’éventuel complexe sportif, situé à la rencontre de Wendake, Saint-Émile et Loretteville, pourrait bien être visité régulièrement par des résidents de la Ville de Québec.

 

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

Isabelle Chabot


Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles en vedette