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08:46 1 septembre 2021 | mise à jour le: 1 septembre 2021 à 08:46 Temps de lecture: 4 minutes

Val-Bélair sous les feux de la discorde

Val-Bélair sous les feux de la discorde
Photo: /Photo UnsplashLes feux d’artifice alimentent les débats dans le quotidien des Bélairois. Pour autant, leur usage réglementé est autorisé par la municipalité.

FEUX D’ARTIFICE. Historiquement, les feux d’artifice auraient été inventés en Chine autour du 10e siècle. Il s’agissait de roquettes enflammées destinées à semer la terreur chez les ennemis. Onze siècles plus tard, c’est dans les quartiers résidentiels que leur utilisation sème le trouble.

Le sujet des feux d’artifice enflamme la toile et les débats entre les Bélairois. Les signalements à ce sujet sont nombreux, beaucoup de résidents se plaignant de leur usage régulier et tardif. À Val-Bélair, certains vétérans des Forces armées canadiennes, parfois en choc post-traumatique, n’en peuvent plus de la pyrotechnie qui ravive en eux de douloureux souvenirs et les met en état d’hypervigilance.

Trouble du voisinage

Bruit, heure tardive, manque de savoir-vivre, de nombreux résidents se plaignent des fusées comme de nuisance dans leur vie quotidienne. «C’est une question de respect. C’est assez ordinaire quand ton barbecue est plein de poussière de feux d’artifice et de bouts de carton sur ton patio», se plaint une jeune femme. Si certains évoquent le «chialage de boomers», d’autres rétorquent que «ce ne sont pas seulement les boomers qui n’aiment pas ça. Les propriétaires de chiens ou les nouveaux parents non plus. Par exemple, on se dit: enfin mon bébé s’est endormi et boum, ça recommence», exprime une autre. Autre argument évoqué, le danger de l’utilisation des feux par des amateurs de pyrotechnie et le risque d’incendie. «Même si des pièces pyrotechniques sont en vente au dépanneur du coin, leur utilisation demeure un danger. Ce ne sont pas des jouets: elles doivent être manipulées, transportées et utilisées de façon sécuritaire par un adulte», peut-on lire sur le site de la Ville de Québec.

Pourtant, de nombreux témoignages dénoncent des pratiques dangereuses. «Le 1er juillet nous avons eu peur avec des voisins qui n’ont aucune idée de comment faire des feux d’artifice, signale une résidente inquiète. Ils les ont installés dans la pente du gazon qui était sec, vers une rue ou des voitures passaient en bas». Elle ajoute également regretter l’annulation des feux de Québec cette année car, de nombreuses personnes auraient saisi l’opportunité de s’improviser «artificiers».

Au risque de départ de feu s’ajoutent les débris qui atterrissent dans les cours, les piscines et occasionnent des désagréments pour les résidents. «J’adore les feux d’artifice, je suis la première à sortir les regarder! Mais c’est dangereux pour vrai, insiste une autre. Près de chez moi, des feux d’artifice ont brisé le Gazebo d’un voisin et ça aurait pu prendre feu!»

Ce que disent les réglementations

La Ville de Québec a mis à disposition un texte explicatif qui résume le Règlement sur les incendies et rappelle ce qui est autorisé ou non concernant l’usage de feux d’artifices par les particuliers. Les foyers sont autorisés à utiliser «certaines pièces pyrotechniques» sur un terrain privé. Certaines règles de sécurité sont à respecter pour limiter les risques d’incendie. Ainsi, l’utilisateur doit être majeur, en pleine possession de ses moyens et être sur un terrain dégagé de 30m x 30m.

Concernant le bruit, les Règlements sur l’environnement, la salubrité, la sécurité et les nuisances du Ministère des Affaires municipales et de l’habitation ont défini la notion de nuisance. Pour que des bruits deviennent des nuisances, il faut qu’ils soient «des phénomènes sérieux et non éphémères». Ce qui veut dire que tout bruit n’est pas une nuisance, «c’est l’abus du bruit, sa fréquence ou sa répétition à des heures indues qui en fait une nuisance parce qu’il est de nature à troubler le caractère paisible du voisinage», peut-on lire en détail.

Mais, au Québec, il n’existe pas de règlement ou de directive établissant des règles contraignantes en matière de bruit.

Avec la collaboration de Perrine Gruson

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C’est la distance minimale en mètres requise entre les spectateurs et le site de lancement des feux.

 

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