Économie
10:07 10 février 2021 | mise à jour le: 8 février 2021 à 10:55 temps de lecture: 3 minutes

Une économie transformée par la pandémie

Une économie transformée par la pandémie
Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. /Capture d’écran

EMPLOIS. La pandémie a modifié profondément le portrait économique de la région de Québec. Fermetures temporaires ou définitives d’entreprises, le marché s’est métamorphosé avec l’arrivée impromptue du télétravail.

Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), ne voit pas que du négatif dans cette pandémie. «On a fait un bond technologique en avant de cinq à 10 ans. On parle de télétravail depuis combien d’années, 10 ou 15 ans? Au début de 2020, c’était encore une nouveauté, maintenant c’est devenu un choix.»

«La problématique économique actuelle se compare à un élastique, on peut l’étirer, mais elle a une limite et on l’étire depuis le mois de mars 2020.»
-Steeve Lavoie

Il ajoute qu’aucun employeur ne peut affirmer que cette forme de travail ne fonctionne pas. «Les employés ne veulent pas rester à temps plein en télétravail, ils souhaitent que cela demeure une option.» Steeve Lavoie précise d’ailleurs que cette option permet d’embaucher une main-d’œuvre plus éloignée qui vient combler la partie manquante.

D’autre part, il souligne que les derniers mois de 2020 ont été difficiles pour plusieurs secteurs d’activités, notamment la restauration, la culture, le tourisme et l’hôtellerie. Il rappelle que les allègements d’impôts et de taxes, que donnent les gouvernements, ont une fin tout comme ceux offerts par les institutions financières. «Les faillites ont diminué de 40% à 45% en 2020. Il n’y a pas eu de miracle, elles sont reportées dans le temps. Beaucoup d’éléments nous font craindre des fermetures de façons drastiques, importantes et permanentes en 2021.»

Économie fragmentée

À l’image de Montréal, un bon nombre d’édifices publics et privés sont inoccupés à Québec. «Le gouvernement pourra jouer un rôle important en ramenant les gens dans les bureaux pour relancer l’économie locale. Il n’y a pas que l’aspect monétaire qui est touché, mais aussi celui de la santé mentale chez les entrepreneurs et les employés.»

Malgré tout, la pandémie permet à des entreprises de s’en sortir plus fortes. «On parle beaucoup de résilience, mais on oublie l’adaptation à la nouvelle réalité du marché. Les gouvernements injectent beaucoup d’argent dans la formation, la technologie et le numérique. On travaille avec Québec International qui accompagne les entreprises qui optent, entre autres, pour la vente en ligne. Je pense qu’on peut y arriver, car l’argent est là. J’en suis convaincu.»

Vision pour 2021

La CCIQ ne dispose pas de chiffre précis quant à sa vision pour 2021. Steeve Lavoie parle plutôt du niveau d’optimisme des gens. «Il est actuellement à 60% soit au même que celui des années 2013, 2014 et 2015, en pleine période d’austérité.» Par contre, ce qui est plus problématique, c’est l’écart entre ceux pour qui l’économie va bien versus ceux où cela va mal.

Un sondage réalisé récemment pour la CCIQ auprès de 450 répondants démontre que l’écart type est de 32. Cela signifie que certaines entreprises vont très bien en affichant un taux d’optimisme de 92% alors que d’autres vont très mal.

Il rappelle que tout entrepreneur qui vit certaines difficultés ne doit pas rester seul et demander de l’aide.

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