Culture
12:35 8 octobre 2019

Une passion transformée en entreprise

Une passion transformée en entreprise
L’entreprise d'Alain Williamson a connu une progression importante en 2006 et 2007. (Photo Métro Média – Alain Couillard)

LITTÉRATURE. Féru de lecture dès son enfance où il aimait créer des histoires, Alain Williamson est à la tête des Éditions Le Dauphin Blanc, du quartier Neufchâtel Est-Lebourgneuf, qu’il a lancées chez lui en 1991. Il raconte qu’à l’adolescence, il préférait s’acheter des livres que des vêtements.

Né à Saint-Sauveur dans la basse-ville de Québec, il se souvient d’avoir acheté beaucoup de livres pendant sa jeunesse malgré le fait qu’il vivait dans un milieu très pauvre. «Ma mère a arrêté d’aller à l’école en 4e année et mon père en 5e. C’étaient des ouvriers. J’étais très bon à l’école. J’ai terminé le Cégep en 1979, car c’était impensable d’aller à l’Université. La consigne de mes parents était de me trouver un job rapidement. Entre 20 et 30 ans, j’ai fait 10 000 métiers.»

Alain Williamson a publié récemment son livre Et la Paix naîtra dans son Cœur. (Photo Métro Média – Alain Couillard)

En 1989, Alain Williamson avoue que son 30e anniversaire a été particulièrement éprouvant. «Mon père est décédé, j’ai vécu une séparation et j’ai perdu mon emploi qui était bien rémunéré et là, je me suis retrouvé devant rien. J’étais pourtant assuré d’avoir un emploi en administration au gouvernement ce qui était le rêve ultime de mes parents, mais il fallait que je travaille tout de suite.»

Il se tourne alors vers la librairie Laliberté à Québec qui est tenue par Lucius Laliberté. Il raconte que le propriétaire possède une petite maison d’édition ciblant davantage les livres d’histoire. «Il m’a dit au téléphone qu’il n’avait rien pour moi tout en ajoutant qu’il avait le pif pour les gens. Il m’a alors annoncé que je serais bon en édition tout en m’invitant à le rencontrer. J’ai recommencé à travailler comme ça.»

Début comme éditeur

C’est en répondant à une offre d’emploi qu’il en vient à diriger la maison d’édition de l’Institut Séculier Pie X du district Louis-XIV. «C’était une petite maison d’édition, mais j’étais responsable de tout. C’est là que j’ai tout appris. Un jour, Marie-Chantal [Martineau], ma conjointe avec qui je suis depuis 30 ans, me dit, « tu aimes tellement le livre et tu as tellement de connaissance, pourquoi ne pars-tu pas ta propre maison d’édition? »» Il décide alors de réserver une pièce, chez lui, pour lancer son projet en 1991.

Des cours de numérologie qu’il donne lui permettent de publier son 1er puis son 2e livre. «Ce 2e livre, intitulé Parole de lumière de Marie Bolduc, est encore dans notre catalogue.» De fil en aiguille, sa maison d’édition se développe. «J’ai travaillé 10 ans comme libraire et représentant dans le monde du livre. J’ai vu toutes les facettes et surtout les difficultés. Cela m’a permis d’avoir une vision plus globale de cette industrie.» Le jumelage travail-famille devenant difficile à concilier, il décide de se concentrer sur sa maison d’édition qui connaît une progression de son chiffre d’affaires. «En 2006 et 2007, on a eu plusieurs Best sellers dont La bible des anges. On est rendu à 105 000 copies de vendues ce qui est extraordinaire.»

Alain Williamson indique que le livre électronique n’est pas un problème puisqu’il représente moins de 4% du marché. «Par contre, c’est rendu plus facile de copier. Il y a des sites qui, en deux minutes, vont défaire toutes les protections.» Il déplore aussi la diminution du temps de lecture par l’utilisation des réseaux sociaux.

Le président de la maison d’édition se donne comme prochain défi d’écrire au moins un livre par an. Il souhaite également en produire un avec sa compagne en 2020 ou 2021. «Je souhaite aussi aller en Europe pour donner des ateliers afin de répondre à une demande.»

Commentaires 1

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  • Didier GÉRÔME

    Bravo mon éditeur 😉