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13:19 20 septembre 2019

Les travaux extérieurs de la Maison Pasquier responsables de son absence de protection

Les travaux extérieurs de la Maison Pasquier responsables de son absence de protection
Photo: (Photo Métro Média - Perrine Gruson)Le certificat d'autorisation de démolition a été délivré en toute légalité à la Maison Pasquier.

RÉACTION. Métro Média a récemment découvert et mis à jour que la Ville de Québec a délivré en août dernier un permis de démolition pour la Maison Pasquier, demeure tricentenaire du boulevard Saint-Jacques. La Ville de Québec justifie sa décision principalement en raison des transformations qu’a subies la maison au cours des ans.

«Dans sa Vision du patrimoine, la Ville s’est engagée à protéger les bâtiments présentant une valeur patrimoniale supérieure ou exceptionnelle en les intégrant à la juridiction de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ), rappelle David O’Brien, porte-parole à la Ville de Québec. Or, la valeur patrimoniale de la Maison Pasquier, qui était étudiée et faisait partie de la banque des 14 000 immeubles répertoriés, n’était pas au classement supérieur ou exceptionnel, principalement à cause de son état d’authenticité et des différents travaux réalisés dans le passé».

Parmi les critères utilisés pour l’évaluation patrimoniale, on trouve l’authenticité, l’ancienneté, la situation géographique, les éléments architecturaux et un lien avec un personnage célèbre ou historique.

«Cette maison a perdu tous ses éléments extérieurs d’origine au fil des ans : revêtement de toiture et de murs, portes et fenêtres, son ornementation et ses éléments en saillie. Compte tenu de la règlementation en vigueur et que la Maison Pasquier ne jouissait d’aucune protection patrimoniale, la Ville ne pouvait refuser la demande de démolition déposée par le propriétaire, celle-ci étant conforme», a justifié M. O’Brien par courriel à Métro Média.

D’autres maisons du secteur font partie de la CUCQ, en raison de leur état de conservation qui préservent leur authenticité. David O’Brien mentionne ainsi la Maison Allard sur le boulevard Saint-Jacques, ou encore la Maison du Meunier, sur la place Michel-Valcourt.

Interpelée entre autres par la Société d’histoire de la Haute-Saint-Charles, la ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy a fait valoir que la préservation du patrimoine local et régional est du ressort des municipalités et qu’elle n’interviendra pas dans ce dossier.

Des transformations extérieures qui mettent en évidence la reconnaissance trop tardive de la valeur patrimoniale

À la lumière des informations dont nous disposons, la recension du patrimoine bâti de la Ville a été fait après les importantes modifications apportées au 9354, boulevard Saint-Jacques. Trois permis pour travaux sont recensés sur le site du patrimoine urbain entre 1998 et 2007 mais aucun ne concerne le revêtement extérieur.

«Le permis de démolition a été délivré légalement. Comment éviter que cela se reproduise?», se questionne Renée Genest, directrice générale chez Action Patrimoine. Cette faille dans la loi pour des édifices qui passeront entre les mailles du filet inquiète la directrice. Celle-ci est d’accord qu’il faut se baser effectivement sur des critères bien précis pour évaluer la valeur patrimoniale, mais se demande si une réflexion plus large ne devrait pas être entamée, y compris par les municipalités qui ont, selon elle, un rôle à jouer.

Rappelons que les propriétaires de demeures sous juridiction de la CUCQ doivent respecter des critères bien précis et restrictifs lors de travaux intérieurs ou extérieurs qui touchent à un bien patrimonial.

Le propriétaire de la maison des Pasquier inscrit au rôle foncier de la Ville de Québec, est décédé depuis peu. Il n’a pas été possible de rejoindre la personne qui a fait la demande de permis de démolition et ainsi d’en savoir plus sur le projet envisagé sur le terrain.

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