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12:00 15 janvier 2019

Des sacs de lait tissés en matelas

Des sacs de lait tissés en matelas
Photo: (Photo Métro Média – Alain Couillard)Sandra Lauzière et Clément Gaudreau tenant un matelas tissé à partir de sacs de lait. (Photo Métro Média - Alain Couillard)

ENVIRONNEMENT. Récupérer des sacs de lait de quatre litres pour en faire des matelas solides, imperméables et isolants, c’est ce que réalisent depuis la mi-décembre Sandra Lauzière et Clément Gaudreau de Saint-Émile. Toute la production est remise gratuitement à des organismes qui soutiennent et viennent en aide à des itinérants.

Propriétaire d’un service de garde en milieu familial, Sandra Lauzière discutait avec un groupe d’amies en décembre, dans un restaurant, lorsque lui est venue cette idée. «Je me suis demandé comment je pouvais utiliser des sacs de lait vides.» En effectuant des recherches sur internet, elle a découvert que des élèves de 3e et 4e année, de l’école Sacré-Cœur de Gatineau, avaient fabriqué des matelas de sol, en 2016, pour les envoyer au Burkina Faso. «C’est là que je me suis dit, pourquoi ne pas en amasser ici et en faire des matelas pour les itinérants? J’ai publié ça sur Facebook le 18 décembre et là, ç’a explosé.»

L’appel lancé sur le réseau social a obtenu écho puisque les offres de sacs arrivaient de partout. «En très peu de temps, j’ai dix Starbucks de la région de Québec qui se sont proposés à me fournir des sacs, un café Second Cup du centre-ville, plusieurs CPE auxquels s’ajoutent deux points de chute publics, l’un situé chez Bébé d’famille, localisé au 6100, boulevard de l’Ormière, et Esprit de famille du 1125, boulevard Lebourgneuf.» Le 6 janvier, le couple est revenu d’une tournée de ses points de chute avec 1054 sacs de lait.

En équipe avec son conjoint, l’instigatrice indique que le travail de conception et de réalisation de ces matelas écologiques a demandé quelques ajustements, notamment pour la réalisation d’un modèle permettant de tisser les matelas. «Il a fallu déterminer la largeur et la hauteur afin d’évaluer ce dont nous avions besoin», souligne Clément Gaudreau.

Au total, une grande forme, représentant 89 cm de large par 158 cm de haut, et deux autres de 89 cm sur 79 cm ont été réalisés. Les deux plus petites permettent à des bénévoles de tisser des formes similaires, chez elles, qui sont ensuite unies pour former un nouveau matelas.

Chaque matelas pèse environ 1,8 kg.

Travail fait main

La première étape dure deux heures environ. «Il faut découper 170 sacs, les aplatir, les découper en quatre lanières sans oublier d’ouvrir le fond de chacun d’eux. Ensuite, on les attache les unes aux autres pour faire une guirlande de six morceaux avant d’aller au métier à tisser. Chacune d’elles est par la suite attachée à une autre.» Mme Lauzière indique qu’il faut environ 180 minutes pour tisser un grand matelas qui ne pèse que 1,8 kilo (4 livres).

Quelques matelas tissés ont été acheminés à Lauberivière, un refuge multiservice qui offre de l’hébergement et une soupe populaire pour hommes et femmes sans-abri. «Lorsqu’on est allé faire un tour, le samedi 5 janvier, il ne restait plus de nos matelas et il y avait des demandes pour en obtenir d’autres. Ce qu’il nous manque pour le moment c’est un local pour regrouper les bénévoles qui veulent nous aider», insiste Mme Lauzière. Une travailleuse de rue a également démontré de l’intérêt pour ce projet et souhaite en obtenir quelques-uns.

Clément Gaudreau fait remarquer que si le matelas est mouillé, il suffit de le secouer pour l’assécher comparativement à une boîte de carton qui devient inutilisable. Pour sa part, Sandra Lauzière que cette initiative est à la fois écologique. «Cela nous permet d’aider notre prochain, car on n’a pas tous la chance de vivre dans une maison.» Le couple pense être en mesure d’en produire huit par semaine. «Je ne veux pas les vendre [les matelas] tant et aussi longtemps que nos sans-abri vont coucher par terre même si ça nous coûte quelques frais pour le transport, l’usage des lames pour couper les sacs et la fabrication des métiers à tisser en bois», insiste-t-elle.

Cet élan écologique pourrait prendre de l’ampleur puisque les Maisons Dauphine et Revivre, L’Armée du Salut et le projet L.U.N.E. ont été contactés. Une rencontre avec un groupe d’élèves de la 4e à la 6e année, de l’école l’Étincelle de L’Ancienne-Lorette, était prévue le lundi 14 janvier afin de présenter le projet.

«Mon projet, c’était de ramasser quelques sacs entre amis et si je fais quelques matelas d’ici l’été ça sera le fun.»

-Sandra Lauzière

Commentaires 1

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  • J Gourde

    Tres belle realisation, genereuse , pratique et ecologique. Suggestion: ne serait il pas judicieux de permettre aux itinérants de fabriquer eux mêmes leur matelas , sur cetains sites, ex l auberiviere? Une facon d en fabriquer davantage que ds un seul point , leur faire realiser qqchose de leurs mains me semble une methode d empowerement et creer est en soit souvent thérapeutique… comme on l a souvent dit il est souvent mieux de montrer a quelqu un a pêcher que de lui apporter seulement le poisson… ca rend les gens plus autonomes..