Économie
13:00 19 mai 2021 | mise à jour le: 18 mai 2021 à 14:00 temps de lecture: 4 minutes

Du mobilier urbain québécois séduit le marché international

Du mobilier urbain québécois séduit le marché international
Photo: Gracieuseté - Poitras IndustriesLes stations de recharge des trottinettes électriques installées dans la Ville de Paris.

DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL. Poitras Industries, une entreprise emblématique de Québec créée en 1930, s’est spécialisée depuis les années 90 dans le mobilier urbain. Ses réalisations sont présentes principalement en Amérique du Nord mais aussi en Europe. En croissance constante, l’entreprise a obtenu le marché des stations de recharge pour trottinettes électriques de la Ville de Paris et concourt actuellement pour la future refonte du métro de la capitale française.

Située dans le quartier de St-Sauveur, la société a été rachetée en 2015 par Guillaume Chabot, l’actuel dirigeant. Le marché du mobilier urbain représente actuellement 90% de leurs ventes contre 10 % pour le marché des enseignes. «Il y a deux raisons à cet engouement, nous avons consacré plus d’énergies à ce secteur car le marché de l’enseigne n’était pas croissant à cette époque, explique-t-il. Le directeur précise, «nous avons donc dirigé nos efforts pour le mobilier de transit. Depuis quelques années, les gouvernements canadiens et américains se sont dotés de beaucoup de programmes qui financent les infrastructures liées au transit, donc ça a fait naître de nouveaux marchés».

Le mobilier urbain regroupe tous les objets installés dans l’espace public et qui répondent aux besoins des usagers comme les poubelles, les abribus, les bancs et autres boîtiers électriques. «C’est vraiment depuis 2008 que le mobilier urbain a commencé à prendre de l’ampleur. Notre marché local, c’est les enseignes. Le mobilier urbain c’est le Canada, les États-Unis comme à New York» précise quant à elle Daphnée Champagne, la responsable des ventes de l’entreprise.

L’équipe de Poitras Industries réalise des enseignes sur-mesure en se basant sur des prototypes soumis par ses clients. «La seule chose que l’on ne peut pas nous demander c’est de dupliquer un produit», dit en riant le propriétaire. Ce sur-mesure représente 95% des demandes. «En revanche, nous ne partons pas d’une page blanche, il faut une image, ou un dessin. De notre côté, nous le rendons manufacturable», précise-t-il.

Les premières étapes de réalisations sont faites à l’interne comme la découpe ou le pliage. Les dernières finalisations sont du ressort de l’entreprise. Toutes les structures sont réalisées dans la province de Québec, puis sont acheminées par voie maritime en Amérique du Nord et en Europe via des conteneurs. De la Gare Centrale de New York en passant par le Bryant Park de la même ville ou le Centre Pompidou, les structures urbaines québécoises de l’entreprise ont pris place dans de nombreux lieux prestigieux sur différents continents.

Des stations de trottinettes à Paris

En 2019 l’entreprise décroche un contrat avec la Ville de Paris pour la construction de stations de recharge de batteries pour des trottinettes électriques en libre-service. C’est l’entreprise américaine Charge qui remporte le contrat et choisit Poitras Industries pour réaliser la manufacture.  Par ailleurs, l’entreprise avait déjà fait des projets de ce type avec la compagnie Bixi -une entreprise de vélos électriques- qui a été rachetée par PBSC, «nous avons fait 23 villes avec eux partout dans le monde» se félicite le directeur.

Au total, 250 stations ont été fabriquées pour la capitale française, 35 font d’ores et déjà parties du paysage. Cette initiative de la ville de Paris avait également pour but de lutter contre le phénomène, courant dans la capitale, d’abandons des engins électriques. Poitras Industries compte bien continuer sa conquête du marché européen. D’ailleurs son équipe de vente vient de soumissionner pour un projet de grande envergure toujours pour la Ville de Paris. «Nous démarchons en ce moment le marché européen pour un gros projet concernant le métro de Paris et sa refonte pour les Jeux olympiques de 2024. Il va y avoir un gros besoin de mobilier urbain et nous faisons des démarches en ce sens» explique Daphnée Champagne. «Nous sommes dans les entreprises en lice, précise Guillaume Chabot. On parle de 68 stations, il y a de gros projets en ce moment en Europe» conclut-il.

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