Économie
20:02 30 juillet 2007 | mise à jour le: 30 juillet 2007 à 20:02 temps de lecture: 5 minutes

De pâturages à quartier

Le visage de Limoilou a bien changé au fil du temps. De campagne aux pâturages verdoyants à partie intégrante de la ville de Québec, le quartier qu’on connaît aujourd’hui a su évoluer et s’adapter de décennie en décennie. Le charme du secteur ne s’est d’ailleurs jamais éteint, même si certaines époques se sont avérées plus difficiles que d’autres.

«Avant la fondation de Limoilou en 1893, on parlait plutôt de La Canardière. Dans ce secteur, on retrouvait des fermes qui appartenaient la plupart du temps à des gens de Québec. Il s’agissait généralement de terres agricoles réservées à l’élevage et non pas à la culture de céréales, comme il était coutume de faire. Tout simplement parce que c’était près de Québec et qu’il fallait l’approvisionner», d’illustrer Jacques St-Pierre, historien.

Le Limoilou d’aujourd’hui est, à l’époque, une véritable campagne, avec ses champs à perte de vue et les rares maisons dispersées un peu partout sur son territoire. La situation subsiste jusqu’en 1850-1875. «Ensuite, il y a eu l’époque de la construction navale sur le bord de la rivière Saint-Charles, de relater M. St-Pierre. C’est l’époque qui correspond à la période d’âge d’or de la construction navale à Québec, alors qu’on construisait des chantiers un peu partout où il y avait des grèves qui le permettaient.»

Le visage du secteur revêt alors une tout autre allure. La région devient de plus en plus industrialisée. Les fermes côtoient dorénavant les chantiers de construction navale. La population de l’endroit augmente considérablement. Dans la foulée des événements, des mesures sont prises afin d’accommoder les nouveaux arrivants. «À partir de ce moment-là, on a défriché des bouts de terrain ainsi que des bouts de terre et l’endroit a pris un peu plus l’allure d’une ville», raconte l’historien. L’expansion ne fait cependant pas long feu, l’industrie de la construction navale connaissant un déclin considérable vers les années 1875. La région vit alors une période plus que difficile. Les gens sont contraints à déménager, faute d’emploi.

Limoilou, municipalité

Ce n’est que quelques décennies plus tard, soit en 1893, que la municipalité de Limoilou voit le jour. Fruit de l’agglomération de quatre villages de travailleurs, Hedleyville, New Waterford, Smithville et Stadacona, le secteur devient une entité entièrement autonome. C’est à tout le moins l’époque d’une ère nouvelle. «C’est une ville au même titre que Sainte-Foy l’a été à une certaine époque. C’est à partir de ce moment-là que le nom Limoilou est adopté», indique M. St-Pierre.

En raison de nombreux facteurs et problèmes auxquels elle fait face, la ville de Limoilou devient une composante de la ville de Québec en 1909. L’autonomie du secteur n’aura été que de courte durée.

Un renouveau

«À partir de 1909, Limoilou a connu un renouveau. Des compagnies se sont approprié des terrains, les anciennes terres agricoles, et ils y ont entrepris des développements résidentiels. Les maisons construites à l’époque correspondent à celles d’aujourd’hui, avec une façade donnant sur la rue et sur la ruelle.»

Le quartier rappelle les allures de New York, avec ses nombreuses rues et ruelles formant des quadrilatères et chiffrées en dépit d’être nommées. En peu de temps, la population du secteur connaît un essor plus qu’important. «Les promoteurs de ces développements font de la publicité et incitent les gens de Québec qui sont entassés dans Saint-Jean-Baptiste à déménager à Limoilou pour profiter de l’air pur et des grands espaces», souligne M. St-Pierre.

L’arrivée du moulin à papier Anglo Canadian Pulp and Paper Company n’y est pas pour peu. L’impact de cette industrie est considérable. Aujourd’hui connue sous le nom de Papiers Stadacona, l’entreprise s’est arrimée dans la région vers les années 1927-1928.
«L’entreprise créait énormément d’emploi et ce fut extrêmement bénéfique pour l’économie locale», de rappeler l’historien.

Dans les années 60 apparaît un tout nouveau phénomène; celui des jeunes familles. Devant l’importante demande en terrains et l’arrivée de nouveaux habitants, un problème se pointe à l’horizon : les terrains se font de plus en plus rares. «Les jeunes familles se sont donc dirigées vers d’autres secteurs de la ville, explique M. St-Pierre. Les enfants des gens qui habitaient déjà dans le quartier se sont également dirigés vers les banlieues. Il y a eu un mouvement vers les banlieues et Limoilou en a terriblement souffert.» L’arrivée du Cégep Limoilou dans les années 60 donnera cependant un second souffle à la région.

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