Société
16:18 14 février 2016 | mise à jour le: 14 février 2016 à 16:18 temps de lecture: 4 minutes

Le compostage communautaire, victime de son succès

ENVIRONNEMENT. L’usine de biométhanisation annoncée par la Ville de Québec a de quoi réjouir les adeptes du compostage. Mais, alors que son délai de livraison a été repoussé de trois ans, passant de 2019 à 2022, n’y aurait-il pas lieu d’envisager des solutions alternatives, voire complémentaires, dans l’intervalle? C’est la question que pose une résidente de Charlesbourg qui, se faisant la porte-parole de ses pairs, appelle de ses vœux un site de compostage communautaire dans son arrondissement.

De tels sites – au nombre de 10 (voir la carte ici) – existent déjà dans les quartiers centraux. Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste gère celui du parc Richelieu, alors que Craque-Bitume supervise ceux de Saint-Roch, Saint-Sauveur, Limoilou et Montcalm. Les participants s’engagent à quelques opérations d’entretien par année en échange d’un accès quotidien aux bacs pour y déposer leurs déchets organiques.

Populaires, ces sites font pour la plupart l’objet d’une liste d’attente pour les intéressés. Andrée Caron a pris son mal en patience avant d’avoir sa place au point de chute du parc Cartier-Brébeuf. Mais voilà: «C’est un peu un non-sens. Je composte parce que, pour moi, la protection de la nature est importante, mais je me retrouve à prendre ma voiture et à polluer pour me rendre de Charlesbourg au parc», observe la citoyenne.

Intérêt partagé

Souhaitant donc voir le projet s’exporter dans son secteur, Andrée Caron a d’abord mesuré l’intérêt de son entourage à y participer. Après tout, a-t-elle remarqué, «il y a de plus en plus de gens qui restent en condominiums à Charlesbourg. Ils ne peuvent faire de compostage sur des terrains communs ou sur leur galerie.»

Résultat: 53 signatures recueillies dans le temps de le dire, quelque 5 de plus que ce qu’un bac de compostage peut accommoder. «Si la demande est grande, nous pourrions même ajouter une seconde boîte de compostage, ce qui porterait l’espace accessible à 96 personnes», calcule Mme Caron. Elle suggère par ailleurs le parc industriel des Carrières, sur le boulevard Jean-Talon, comme point de chute central.

Financement

Requête et signatures ont ainsi été déposées à l’Arrondissement de Charlesbourg afin de bénéficier, à l’instar des autres sites, du Programme d’aide au compostage communautaire qui prévoit annuellement 1000$ pour la gestion du site et 1000$ par tonne de déchets compostés.

«Les gens qui ont signé la pétition ont le droit d’avoir accès à cette subvention», confirme le président de l’arrondissement, Vincent Dufresne. Cette aide financière ne couvre toutefois pas tous les frais liés au lancement du projet, qui nécessite l’achat de matériel et la mise en place de la structure d’accueil des membres. Si la Ville a contribué à éponger ces dépenses pour les plus anciens sites de compostage inaugurés en 2003, elle s’en abstient maintenant qu’elle concentre ses ressources dans l’usine de biométhanisation à venir.

Aussi, lorsque Montcalm a exprimé le souhait d’avoir son propre site de compostage communautaire en 2014, les sous sont venus du conseil de quartier, mentionne Marie-Josée Renaud, agente de liaison chez Craque-Bitume. Dans tous les cas, Andrée Caron en est à réfléchir aux moyens de financement qui pourraient combler le manque à gagner pour démarrer le projet à Charlesbourg.

Le saviez-vous?

– En compostant, on peut diminuer jusqu’à 40% le volume de ses déchets et ainsi réduire son empreinte écologique

– Si chaque personne composte 0,7kg de matières organiques par semaine, on estime que 121 333 mètres cubes de gaz à effet de serre sont évités chaque année

Info compilée par Craque-Bitume

Pour suivre le dossier ou s’y impliquer, on peut se joindre au groupe Compostage communautaire Charlesbourg créé par Andrée Caron sur Facebook.

Québec Hebdo

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