Société
22:05 26 mars 2016 | mise à jour le: 26 mars 2016 à 22:05 temps de lecture: 4 minutes

Le Projet Lory éradique les mauvaises habitudes en bas âge

ÉDUCATION. C’est en bas âge que doit se faire la lutte contre le décrochage, l’intimidation, la violence, l’hypersexualisation et même la radicalisation. Plutôt que de réagir pour désamorcer des bombes sociales, mieux vaut faire en sorte que ces éventuels mauvais comportements ne se soient jamais enracinés. Voilà l’objectif que se donne l’audacieux et prometteur concept éducatif nommé Projet Lory.

Imaginé et mis en point au fil des ans et après de nombreuses recherches par Marc Grenier, l’idée repose sur le principe de l’éducation cérébrale positive chez les jeunes. Des études scientifiques suggèrent que les interventions en ce sens doivent se faire dès l’âge de 3 ans. Après l’intégration dans le milieu scolaire primaire, déjà les enfants sont influencés par les préjugés et stéréotypes véhiculés par leurs amis.

Selon l’auteur du Projet Lory, combinant site Internet, livres d’histoires et outils d’apprentissage, plusieurs problèmes sociaux pourraient être enrayés tôt. Des projets pilotes ont été menés avec succès dans des garderies à la grandeur du Québec. Une analyse commandée à l’Université de Sherbrooke confirme les bienfaits et le potentiel de la méthode, qui recueille des adeptes jusqu’en Europe, en Afrique et en Asie.

«Avec la prolifération des médias sociaux et des chaînes télé d’information continue, au début du primaire, un enfant a vu à l’écran plus de 100 000 actes d’agressions, 8000 meurtres et 250 heures de publicités sur la malbouffe. L’exposition à la violence a augmenté de 400% ces 10 dernières années. C’est ce qu’on appelle de la programmation négative. Plutôt que de réagir à l’adolescence et au début de la vie adulte, mieux vaut conditionner nos jeunes à ne pas prendre de mauvaises habitudes», suggère M. Grenier.

Héros inspirants

Les atouts de l’éducation cérébrale en bas âge demeurent sous-estimés et sous-utilisés. Un constat qui a interpellé Marc Grenier. Celui qui se décrit comme un transmetteur de connaissances estime idéal la création de héros qui deviennent des modèles inspirants pour les jeunes. C’est ce qui a mené à la naissance de Lory, qui se trouve au coeur de tous les enseignements du projet qui porte son nom.

Le projet Lory promeut une approche concertée de la santé, autant mentale que physique. Il s’adresse aux enfants de 0 à 7 ans et à leurs parents, de même qu’aux enseignants et intervenants de la petite enfance. Avec le personnage de Lory comme figure centrale, la stratégie consiste à utiliser comme matériel pédagogique des films d’animation sur DVD, des livres d’histoires et des outils de renforcement, afin d’appuyer les messages positifs de ces nouvelles idoles qui deviennent des exemples à imiter.

«Au cours de mes 10 dernières années de travail dans le domaine de la prévention, il m’est apparu évident que pour la majorité des gens, il est extrêmement laborieux de se défaire de leurs mauvaises habitudes. Les enfants en bas âge ne demandent qu’à apprendre et à partir du bon pied. Mon instinct de père et de grand-père m’a encouragé à maximiser les efforts afin d’offrir un projet efficace et rassembleur aux parents et aux intervenants en petite enfance», explique le résident de Sainte-Foy.

Étincelle attendue

Son travail depuis plus de 10 ans ne s’est pas fait en solitaire. Il a bénéficié de l’appui et de l’apport de plus de 200 collaborateurs. Or, même s’il est éprouvé dans le cadre de projets pilotes, son concept suscite peu d’intérêt auprès des décideurs du milieu éducatif. Aussi, l’idée demeure mal perçue et difficile à conceptualiser par les politiciens plus portés à réagir qu’à agir, surtout pour des électeurs lointains âgés d’à peine 3 à 7 ans. Le triste constat de Marc Grenier : «c’est pourtant si simple d’amorcer le bien au lieu de désamorcer le mal».

Pour plus d’information : www.projetlory.com

Thèmes centraux du Projet Lory :

1) Bonnes relations entre pairs (contrer la violence et l’intimidation)

2) Égalité des sexes (équité des chances et des emplois)

3) Persévérance, engagement, estime de soi, stress (prévenir le décrochage scolaire)

4) Saines habitudes de vie (combattre l’obésité et la sédentarité)

5) Protection de l’environnement (incluant lutte au tabagisme)

Québec Hebdo

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