Société
13:57 22 janvier 2016 | mise à jour le: 22 janvier 2016 à 13:57 temps de lecture: 4 minutes

Une deuxième paire d’oreilles pour les personnes avec une déficience de l’audition

NOUVEAU SERVICE. Vous avez rendez-vous à l’hôpital pour connaître les résultats de vos tests. Sur place, le spécialiste parle vite sans vous regarder. Quoi? Que dit-il? Est-ce que c’est grave? Vous revenez à la maison avec l’angoisse de ne pas savoir, faute d’avoir bien entendu. Une situation qui guette toute personne avec un problème auditif, et à laquelle cherche donc à répondre le nouveau service d’accompagnement et de soutien de l’Association des personnes avec une déficience de l’audition (APDA).

Que ce soit avec un médecin, un avocat, un conseiller financier ou dans le cadre d’une signature de contrat, il y a de ces occasions où une bonne communication s’impose pour s’éviter confusion, anxiété ou mauvaises surprises. Aussi, quand l’ouïe fait défaut, il est rassurant de pouvoir compter sur la présence d’un accompagnateur qui verra à ce que tout se passe pour le mieux.

Voilà ce que propose l’APDA aux gens qui vivent avec une déficience auditive, c’est-à-dire ceux qui ont un «reste auditif», selon les mots de la coordonnatrice Caroline Paquin, et compensent en lisant sur les lèvres. Parce qu’ils communiquent oralement et non par signes, leur handicap ne se fait généralement pas voir – et tous ne sont pas nécessairement à l’aise d’en informer leurs interlocuteurs et de les prévenir de bien articuler ou de répéter au besoin.

Encadrement

C’est là, notamment, que pourra intervenir l’accompagnateur bénévole, dont la présence agira comme brise-glace. Mais surtout, il veillera à ce que l’information transmise soit bien comprise par la personne qui entend mal. Non seulement prendra-t-il des notes pour que celle-ci puisse par la suite s’y référer au besoin, mais il est susceptible aussi de sensibiliser l’interlocuteur à cette réalité et, ce faisant, de lui donner des stratégies de communication pour faciliter les échanges.

L’accompagnateur reçoit d’ailleurs lui-même une formation préalable, à la fois en matière de stratégies de communication, de relation d’aide et d’éthique. Délivrée par l’APDA, cette formation assure que le bénévole est outillé et digne de confiance, éléments essentiels pour celui dont les services pourront être requis dans des situations d’ordinaire privées, voire délicates. À ce titre, Caroline Paquin garantit la confidentialité du programme.

Vers une plus grande autonomie

Pour la coordonnatrice, nul doute que le service répond à un besoin. La personne qui vit avec une déficience auditive est sujette à un certain repli sur soi qui peut mener à l’isolement social. À ce stade, aucun proche à qui demander un coup de pouce. Caroline Paquin estime en outre que la demande se fera d’autant plus pressante suivant la courbe de la population vieillissante, cible potentielle de problèmes auditifs.

S’il s’agit ainsi d’offrir de l’accompagnement et du soutien, l’initiative sert par là même un autre objectif: «Ce qu’on vise, c’est que la personne malentendante en arrive à être à l’aise, à devenir épanouie, à assumer son état. On souhaite qu’elle soit capable de prendre en charge sa communication», formule la coordonnatrice en rappelant que l’APDA se donne pour mission de développer l’autonomie de la personne.

Différents cas de déficience de l’audition

– Surdité légère ou sévère

– Acouphènes (bourdonnements, sifflements)

– Presbyacousie (perte progressive de l’audition liée à l’âge)

– Hyperacousie (hyperfragilité de l’ouïe)

– Maladie de Ménière (symptômes de vertiges, acouphènes et surdité)

Le service d’accompagnement et de soutien s’offre aussi bien aux membres de l’APDA qu’au grand public. Ceux qui veulent agir comme bénévoles sont invités à communiquer avec l’organisme. Pour plus d’info: info@apda.ca ou 418 623-5080.

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