Société
17:48 16 juin 2016 | mise à jour le: 16 juin 2016 à 17:48 temps de lecture: 4 minutes

Centre Durocher: un sursis d’un an demandé

ARCHITECTURE. Afin de travailler sur des options de transformation du Centre Durocher en Maison de la culture, le comité de citoyens de Saint-Sauveur et l’architecte Jacques Plante demandent un sursis d’un an avant la démolition de la bâtisse.

«Le souhait que je fais à ce moment est de réussir à gagner du temps. […] Une année de sursis au centre pour voir si par hasard ce ne serait pas possible d’en faire quelque chose d’étonnant», a lancé M. Plante, qui est notamment derrière la transformation du Palais Montcalm et qui fait partie du consortium pour le Théâtre Le Diamant de Robert Lepage.

Selon lui, le bâtiment possède un beau potentiel de transformation, dû notamment à son bon état apparent et sa simplicité architecturale. Il observe que le site est également un lieu de convergence pour la population locale situé à l’angle de la rue Saint-Vallier, qui, estime-t-il, a repris de la vigueur dernièrement. Le lieu ne se prête donc pas à la construction d’un bâtiment de haute densité, d’autant plus qu’un stationnement de surface situé de l’autre côté de la rue se prêterait mieux à un tel projet, croit-il.

Action-Habitation prévoit construire un immeuble de cinq étages d’environ 70 logements sociaux. Le promoteur espérait que les premiers locataires puissent intégrer leur logement en juillet 2017.

M. Plante propose que ses étudiants à la maîtrise travaillent au cours de la prochaine année scolaire sur une reconversion des lieux. Le résultat des travaux, qui pourraient être dévoilés en mai 2017, permettrait d’alimenter la réflexion et peut-être faire naître un nouveau projet, souligne-t-il en précisant qu’il a décidé de s’impliquer pour la cause de son propre chef.

«Plusieurs recherches ont démontré que les enfants et les ados de milieux défavorisés qui, pendant qu’ils sont aux études, peuvent s’investir («deeply engaged») dans des activités artistiques et culturelles comme celles qu’une Maison de la culture peut offrir, en tirent de grands avantages du point de vue de leur réussite scolaire», a pour sa part mentionné Antoine Baby, sociologue et professeur émérite de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université Laval.

Projet

Une étudiante de M. Plante, Virginie Bernier, s’est penchée sur la transformation possible du Centre Durocher pour son projet de fin de maîtrise. Elle a inclus une grande salle polyvalente sur deux niveaux, une bibliothèque ouverte sur le parc et la rue Raoul-Jobin, des salles multifonctionnelles, un foyer au rez-de-chaussée et à l’étage pour accueillir des expositions, une garderie ainsi que des étals et terrasses mobiles dans le parc Durocher.

C’est ce genre de propositions que d’autres étudiants pourraient soumettre, mais impossible de chiffrer de telles transformations. «Faisons des projets, voyons s’il est transformable et nous verrons après», rétorque M. Plante. Le comité de citoyens a déjà fait valoir qu’un tel projet pourrait être réalisé pour en deçà de 13M$.

Alors que l’administration Labeaume reprochait au comité de citoyens de ne pas avoir de porteur pour ce projet, Éric Martin, du comité de citoyens de Saint-Sauveur, indique que la création d’un organisme sans but lucratif serait le prochain pas à faire. Sauf que cela nécessiterait une rencontre avec la Ville pour discuter du projet, ce qui n’a pas eu lieu, reproche-t-il.

Ce comité multiplie les démarches afin de sauver le Centre Durocher depuis l’annonce de sa démolition en juin 2013. En plus de se présenter régulièrement au conseil municipal, les membres avaient notamment demandé un moratoire.

Québec Hebdo

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